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 une ch'tite histoire

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Lilly
Elfe Assassin


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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Ven 27 Juil - 16:50

X- Un entretien au sommet


Sword se transforma. Il semblait beaucoup plus impressionnant pour nos héros et ils comprenaient maintenant l’obéissance sans faille de Katana. Face à lui, il ne faisait pas le poids. Le vieux Féling faisait au moins 1,25 m au garrot et possédait une puissante musculature. Il avait gardé son pelage gris bien qu’il ne paraissait plus aussi uniforme et long : les poils courts et denses sur son corps et mi-long sur les bajoues et les pattes. Sa queue finissait en panache. Ses doux et magnifiques yeux jaunes les fixaient intensément.
- Bon, reprenons où nous étions. Qu’est-ce qui vous amène ici ?

Mora et les autres restèrent muets, cela leur rappelait étrangement quelque chose.
- Eh bien ? Répondez ! Je suppose que cela doit être important pour que vous veniez jusqu’ici et apparemment en connaissance de cause car vous ne paraissez pas le moins du monde surpris ou perdus. De plus, vous avez passé la Porte, une chose qui ne s’est pas fait depuis des millénaires pour la simple raison que le réseau était scellé. Alors, qu’est-ce que deux Elfes, un Humain, un Nain, une créature à l’apparence humaine font ici ?

Nos héros se regardèrent, surpris que lui aussi ait découvert que Kerine n’était pas tout à fait humaine. Comment le savait-il ? Mais là n’était pas la question, ils se trouvaient devant un félin d’environ 1,25 m de haut sans compter sa tête et la gueule qui allait avec. Armé de griffes, qu’ils se doutaient, acérées et de deux gigantesques canines dont ils préféraient ne pas voir l’utilisation, autant dire qu’ils se sentaient en mauvaise posture. Puis il dit la chose qui les tétanisa tous : - Vous venez pour la prophétie, les neuf Mondes risquent d’être détruits, c’est ça ?
- C’est bien ça, se décida enfin à répondre Mora, on nous a déjà parlé d’une prophétie auparavant mais que dit-elle ?
- Vous n’êtes pas au courant ? Peu de temps avant la mort de Val el Kazar, Médy, l’oracle du temps, eut une vision du futur et de celle-ci en découla une prophétie terrible.
- « Arrivera, bien après notre temps qui sera révolu.
- La vengeance traîtresse, venant d’on ne sait où,
- Elle cherchera, tel le spectre de la mort, l’objet pouvant réaliser ses sombres desseins
- Et sèmera chagrin et haine où passera son ombre démoniaque.

- Arrivera, bien après notre temps qui sera révolu.
- Un groupe formé des races qui furent autrefois ennemis,
- Ils se dresseront seuls et abandonnés de tous, devant la menace,
- Ils traverseront bien des épreuves et se retrouveront maintes fois devant la Mort.
- Le combat éternel du Bien et du Mal s’engagera »
- Au moins, ça nous garanti des moments de franches rigolades ! , s’exclama Jordan.

Les autres lui lancèrent un regard sombre. Le jeune homme comprit et se tut, il ne voulait pas d’un autre «incident diplomatique ».
- Et vous pensez réellement que nous sommes «les libérateurs », dont parle la prophétie ? , demanda Mora.
- Qui voulez-vous que se soit d’autre ? Tout se coordonne selon la vision. L’Ambre de la Destinée en est le premier facteur ! Je l’ai tout de suite su, dès que je vous ai vu. Mais avant toute chose, veillez pardonner mon impolitesse. Je ne vous ai même pas permis de vous présenter.

Mora commença.
- Je suis Mora, ma sœur Nadja…

Jordan continua.
- Jordan…

Kerine prit la parole à son tour.
- Kerine…

Et Karlep finit.
- Karlep.
- Maintenant que je connais vos noms, puis-je vous demander encore une fois ce que vous faites ici ?

Mora hésitait encore à lui répondre là-dessus, comment pouvait-elle être totalement sûre de la fiabilité du vieux félin. Maintenant, elle pesait le pour et le contre.
- Mais, répondez enfin ! , s’exclama t’il avec une pointe de colère dans «la voix », ne vous êtes-vous pas encore aperçu que vous n’aviez rien à craindre de nous ! À quoi cela vous a-t-il servi de venir jusqu’ici si vous ne nous faites même pas confiance ? !
- Si nous vous avons offensé, sachez que nous en sommes désolés ! Soyez en sûr ! Je crois que mes compagnons et moi pouvons vous révéler ce qui nous amène ici !
- Je vous écoute ! , fit Sword, visiblement un peu plus et il perdait patience, de plus la compagnie ne savait pas de quoi étais capable un Féling en colère. ( NDA : Ils n’avaient pas envie de le savoir, d’ailleurs !)
- Pour en venir directement au but, nous sommes venus chercher le Cristal.
- Le Cristal ? Celui donné par Val el Kazar pour sceller le pacte d’unification des neuf Clans ?
- Oui.
- Mais, nous ne l’avons pas !
- Comment ? Qui alors ?
- Les Félings d’Air en sont les gardiens.
- Comment pouvons-nous le récupérer ? , intervint Kerine.
- Il va falloir que je rentre en contact avec eux Je pense que je vais devoir me rendre à leur Cité pour parlementer, car je doute qu’ils veuillent vous le céder comme ça !
- Et  !
- JORDAN, dirent Mora et Kerine d’une voix.
- Quoi ? , répondit-il

Les deux amies préféraient ne rien dire et finirent d’écouter ce que leur disait Sword.
- … essayer de les contacter, mais cela ne va pas être facile, les relations sont devenues un peu tendues depuis quelque temps. Bon, pendant que je m’occupe de ça, vous pouvez aller vous reposer, vous devez sûrement être fatigués. Katana se fera un plaisir de vous indiquer un endroit où dormir.
- Nous vous remercions, dit Mora et ils descendirent pour retrouver Katana.
- Cela c’est bien passé ?
- Oui, pourquoi ? , demanda Mora.
- Sword n’est pas toujours le plus sympathique des Félings, mais je crois que se sont les responsabilités qui veulent ça ! Cela reste un chef juste et très apprécié pour sa diplomatie. Il nous a bien des fois évité des incidents entre les deux camps, quoiqu’il ait des difficultés en ce moment.
- Vous n’avez pas besoin de prendre sa défense, il a été très bien avec nous.

Katana parut surpris.
- Et bien… alors tant mieux. Vous… vous devez être fatigués, vous pouvez loger non loin de la tour où je dors. Ma compagne sera ravie de vous rencontrez ! Venez !

La troupe le suivirent, le trouble du Féling avait maintenant totalement disparut et il était d’un enthousiasme déconcertant. Il les mena à une des tours. Un Féling assit à son pied, se leva à la vue. Et vint à leur rencontre.
- Je vous présente Dixie, ma compagne ! Dixie, voici les étrangers qui sont venus par la Porte !
- Katana m’a raconté votre rencontre, c’est fascinant ! Soyez les bienvenus ! C’est un honneur et un plaisir de vous faire partager nos modestes couches.
- Euh… ! Nous sommes enchantés, dit Mora gênée. Tous se sentaient comme des rustres face à la Féling et avaient du mal à trouver les mots justes.
- Mais, pardonnez mon audace, continua le félin femelle, pourriez-vous avant que vous alliez vous reposer, nous racontez votre périple jusqu’ici.
- Certainement, répondit spontanément Jordan.

Il jeta un regard interrogateur aux autres, mais cela ne semblaient pas les déranger, au contraire, ils étaient enchantés par la courtoisie de cette Féling et c’était avec plaisir qu’ils lui auraient raconter leur histoire. Lorsqu’ils racontèrent de nouveau leur aventure, les Félings écoutaient avec beaucoup d’attention, ils s’amusaient des méthodes de marchandage de Mora ou de «la délicatesse verbale » dont pouvait faire preuve Jordan. Le jeune homme fit son possible pour garder une attitude détachée lorsqu’ils en vinrent à raconter l’épisode des Alters. Leurs deux hôtes s’indignèrent de l’attitude de la prêtresse Ziya, de sa façon obus de voir les choses et de son égoïsme vis-à-vis des autres Mondes. Si nos héros n’avaient pas réussi à s’échapper, c’était les neuf Mondes qui risquaient d’être détruits. Puis quand ils eurent fini, ils firent un dernier tour de la Cité avant de rejoindre Katana pour la nuit.
- Ils sont charmants, fit Jordan.
- Oui, je me plais beaucoup ici, c’est tellement calme. De plus, je pense que ce sont des alliés de confiance, répondit Mora.
- C’est vrai que j’ai passé un très bon moment jusqu’à présent, renchérit Kerine.
- Quant à moi, j’adore ! , fit la petite Elfe en sautillant partout.
- Du calme, Nadja, il en a qui dorment ! , souria sa grande sœur. Il va, d’ailleurs, falloir que nous faisions de même.

Ils retournèrent à la tour où logeait Katana et s’adossèrent au pilier, juste à l’entrée de la pente.
- Bien, bonne nuit à tout le monde, dit Jordan.
- Je sens que je vais pouvoir bien dormir cette nuit, affirma Mora.
- Pourquoi, dis-tu ça ? , demanda le jeune homme.
- C’est pas aussi confortable qu’un lit, mais c’est beaucoup mieux qu’une cage.

Kerine pouffa de rire. Jordan se tourna dos à ses compagnons et grogna : - Il vaut mieux entendre ça que d’être sourd !

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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Ven 27 Juil - 16:50

La nuit était calme mise à part les ronflements de certains des félins et nos héros s’endormirent facilement, encore épuisés par les mésaventures chez les Alters. Le lendemain matin, tous les autres étaient déjà levés quand Jordan se réveilla. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas dormit comme ça, de plus il se sentait bien. Aucuns rêves morbides n’étaient venus le hanter et cela le mettait de plutôt de bonne humeur. Cette sensation lui paraissait étrange, cela faisait si longtemps qu’il n’avait plus ressenti un tel sentiment d’apaisement, avant la mort de ces parents pour être exact. Il prit sa gourde et se rinça le visage avec un peu d’eau, peut-être pour se réveiller ou peut-être pour chasser cette dernière pensée, puis il commença à chercher ses compagnons. Mora et Nadja parlaient de leur Monde natal et de leurs différences culturelles avec un couple de Félings. Quant à Karlep, il avait installé sur un morceau de bois planté dans le sol et dessus, le crâne d’un quelconque herbivore. Il faisait la démonstration de ses techniques de combat en donnant des coups de haches sur cette cible improvisée, devant un groupe de jeunes Félings, surexcités et émettant un bourdonnement d’admiration. Visiblement, tous semblaient profiter de ce Monde pour oublier un instant leur quête. Puis soudain, il se demanda où était Kerine, il fit le tour de la Cité, mais ne la vit pas. Apercevant Katana, il l’interpella. Le Féling accouru pour savoir ce qu’il voulait.
- Tu as besoin de quelque chose, Jordan ?
- Non, enfin si ! Ne saurais-tu pas où est passé Kerine, par hasard ? Elle a comme disparu.
- Elle s’est levée très tôt et elle m’a demandé si elle pouvait aller dehors pour marcher un peu. Je lui ai répondu que «ouii ». Donc, si tu ne la trouves pas là, c’est qu’elle est dans la forêt.
- Merci, Katana !
- Il n’y a pas de quoi, mon ami !

Jordan s’éloigna alors vers la sortie de la Cité. Katana leva la tête et regarda le plafond du dôme, puis essaya de rappeler le jeune homme mais trop tard, ses ondes psychiques ne portaient pas assez loin et l’autre était maintenant dans la forêt, en train de marcher dans les alentours mais il ne voyait toujours pas Kerine. Attiré comme par une force surnaturelle, il s’approcha du lac. Ses eaux noires étaient vraiment très belles, lisses, calmes tel un miroir. Il s’approcha et se pencha, puis grimaça, il avait vraiment une sale tête, son visage arborait plusieurs bleus et un coquard. Sa lèvre était coupée et commençait à lui faire mal. Il songea que les autres étaient dans le même état que lui, mais bizarrement cela ne lui remontait pas vraiment le moral. A penser aux autres, son humeur était un peu chagrine, ils n’étaient pas invulnérables, loin de là. Il s’assit au bord du lac et l’observait quand brusquement de petites bulles apparurent. Machinalement, il approcha la tête et le visage de Kerine sortit de l’eau et lui déposa avec ses lèvres froides et humides, un baiser qui eut pour lui l’effet d’un choc électrique. Il se leva du bord et dit Bad Oh… ! Kerine… je… je… je suis désolé de t’avoir dérangé, et il partit en courant.
- NON ! Jordan revient ! Revient… je suis vraiment confuse, elle se hissa, à moitié sur le bord et totalement nue, puis se mit à sangloter.

De son côté, Jordan arriva tel une tornade. Sur son passage, tout le monde, le regardait avec des yeux ronds. Mora le suivit pour savoir ce qui se passait. Il était assis sur la rambarde de la terrasse d’une des tours et semblait au bord des larmes.
- Jordan ? Quelque chose ne va pas ?
- Non, c’est bon, ne t’inquiètes pas.
- Tu es mon ami avant tout, alors expliques-moi !
- Laisses-moi ! Je n’ai besoin de l’aide personne !
- D’accord, si tu as besoin de moi, je serai en bas.
- Merci pour rien !

Jordan était vraiment odieux et cela peinait profondément l’Elfe. Pourquoi cela l’affectait-elle autant ? Ce n’était qu’un Humain après tout, même pas un des siens ? Pourtant son cœur se serrait et la brûlait comme si on lui avait tiré une flèche enflammée. Pourquoi souffrait-elle autant ? Bien qu’elle trouvait cela injuste, elle regrettait de ne pas avoir suivi les conseils de ses parents. Il fallait se rendre à l’évidence, elle avait pensé ce jour là qu’elle n’en aurait jamais la force et elle ne le pourrait jamais. C’était comme l’empêcher de respirer, ce n’était pas dans sa nature.

Flash Back

Pendant la semaine de l’entraînement de Jordan, dans la maison des parents de Mora. La jeune Elfe de 1028 ans était dans une discussion qui s’envenimait fortement.
- MORA, comment peux-tu être aussi têtue ? Je ne sais pas de qui tu tiens ce caractère borné, mais vas-tu m’écouter à la fin ?, fit un Elfe d’environ une cinquantaine d’années en apparence, des cheveux roux ayant perdu leur éclat et avec quelques mèches blanches.
- Non, ce que tu dis est vraiment trop injuste, tu ne le connais même pas !
- Et toi ? Cela ne fait que cinq jours !

Une elfe d’environ le même âge, pleine de douceur, les traits fins et les cheveux délicatement noués en natte, posa la main sur l’épaule du premier afin de le calme, et dit : - Ecoutes ton père pour une fois.
- Toi aussi Maman ? Je n’arrive pas à y croire ! Comment pouvez-vous dire des choses pareilles ?
- Nous te prévenons juste de faire attention à ne pas te lier d’amitié avec cet Humain. Tu ne dois jamais lui faire véritablement confiance et ne le laisses pas commander sinon vous n’y arriverez jamais. Ce sont des êtres à tendance fourbe. Il en est de même pour les autres races, seul ta mission compte. Il nous est déjà assez insupportable de savoir que tu es ramener cette amie que tu t’es «fait » sur le 2ème Monde, s’exclama l’homme.
- Ne t’attaques pas à Kerine ! Elle n’a rien à voir là-dedans.
- Elle est contre-nature !
- C’est pas de sa faute !
- Tu as vu le Monde des Humains de tes propres yeux, tu nous l’as décrit. Comment peux-tu encore leur faire confiance ?
- Ils sont différents.
- Ils sont pareils, ils n’ont pas changé. Ton ancêtre savait lorsqu’il referma la Porte que cela arriverait, c’est dans leur nature de se détruire. Si ça te fait plaisir, cette Kerine peut rester ici puisqu’elle n’a nulle part où aller. Après tout, c’est de ta faute si elle est là.
- Elle allait se faire tuer ! J’ai du mal à croire que je sois issue d’une famille ayant servie la cause des neuf Clans en étant conseillère de Val el Kazar.
- Ne sois pas bête, nous te demandons juste de réfléchir à tout cela, car un jour ce garçon ou quelqu’un d’autre te trahira et tu auras le cœur brisé, ma chérie, dit sa mère.
- Il faut que tu m’écoutes bien attentivement pour que si jamais cela venait à mal se passer, tu appliques les ordres à la lettre. Le Conseil a tranché sur le fait que nous ne savons pas véritablement qui est ce Kernan, il se peut tout à fait que ce soit l’Humain Jordan car il est le seul à pouvoir manipuler la baguette, donc j’espère que tu comprendras… Le moment venu si il perdait la tête ou si il était manipulé par quelqu’un ou quelque chose, ne lui laisse pas la baguette, tues-le. Il en va de la survie des neuf Mondes, nous ne savons pas si ce que tu as ramené nous sauvera ou sera le déclencheur de notre destruction.
- Tu veux dire que toi et le Conseil m’avez fait partir pour que je revienne avec la personne qui pourrait nous sauver. MAIS VOUS N’ÊTES PAS SÛRS ? Vous voudriez que j’exécute quelqu’un qui, si je n’étais pas intervenue sur vos ordres, n’aurait jamais connu notre existence ? ! Je vais te dire ma réponse et c’est à toi de bien m’écouter cette fois… JE-NE-SUIS-PAS-UN-ASSASSIN ! ! !
End Flash back

Maintenant, sans qu’elle s’en soit aperçue, elle était dans la forêt. Sortie de ses pensées, elle entendait pleurer et trouva Kerine recroquevillée sur elle-même, en larmes. Elle hésita un instant, puis s’assit à côté d’elle.
- Qui y a t’il ?
- J’ai… J’ai embrassé Jordan, dit-elle en hoquetant.
- Et c’est ça qui te mets dans cet état ?
- Il est parti en courant, fit-elle en sanglotant plus fort, sur l’épaule de son amie.

Elle savait qu’il ne fallait pas, mais elle trouvait la situation comique. Après quelques minutes à la consoler, Kerine avait retrouvé son calme et était adossée à son amie en respirant profondément.
- Tu sais, je l’aime.
- Bien sûr, que je le sais cela se voit comme le nez au milieu de la figure qu’il te plaît. Je suis sûre que lui aussi a des sentiments pour toi, à voir comment il a réagit.
- La fuite ?
- Non, je suis allée le voir lorsqu’il est arrivé dans la Cité et, tu peux me croire, il était troublé. Il n’aurait pas réagit avec moi comme il l’a fait si il ne t’aimait pas. Je te donne un conseil, persévère, réessayes de lui dire ce que tu ressens, mais plus tard. Laisses les choses se tasser et choisis le moment adéquat, lorsqu’il te semblera prêt. C’est un garçon formidable et toi aussi.
- Merci Mora.

Il n’y a pas de quoi De son côté, Jordan n’avait pas bougé et continuait à méditer.
- Pourquoi maintenant ? , se répétait-il intérieurement, il ne faut pas qu’elle s’attache à moi. Je finis toujours par détruire et perdre les personnes qui comptent pour moi. Je ne veux pas, pas une deuxième fois, pas au moment où j’allais oublier un peu. Il y a déjà eut mes parents, il ne faudrait pas que Kerine… Si cela arrivait… Non… Si elle venait à mourir par ma faute ou même un des autres… JE NE VEUX PAS ! , cria t’il.

Tout le monde leva la tête, surpris, vers où était penché Jordan, lui regardait maintenant aux alentours l’air hébété, sortit de ses pensées qui l’avaient emprisonné dans son éternel cercle de souffrances morbides qui le poursuivait. Tout était fini, il était retourné à la normale, il reprenait son attitude insouciante, son ton parfois râleur, ses pensées stupides et son franc parlé. Il redevenait le Jordan que tout le monde connaissait. En fin de matinée, Sword revint et informa nos héros de l’issu de l’entretien avec les Félings d’Air.
- Comme je me doutais, j’eus le droit à beaucoup de reproches ! Il m’a demandé pourquoi je ne lui avais pas fait part de votre venue plus tôt. Donc avant toute chose, il veut vous voir, après il décidera si oui ou non, il doit vous donner le Cristal. Car il faut pas oublier une chose, il en est le Gardien et donc sa mission est de le protéger. Il m’a dit que des Félings viendront vous chercher dans la clairière de bataille.
- La clairière de bataille ? , dit Mora.
- Oui, c’est ici que nous instruisons nos jeunes sur les techniques de chasse et de combat. Katana vous y conduira.
- Merci.

Ils passèrent le reste du temps qui leur restait dans la Cité avec leurs hôtes. Juste avant de partir, Mora demanda à Katana de les laisser seuls quelques minutes, car ils avaient des choses à se dire.
- Quoiqu’il se soit passé ce matin, nous devons mettre cela de côté pour l’instant pour que cela n’entrave pas le bon déroulement de notre mission. Nous en discuterons, mais plus tard ! Tout ce que j’espère c’est que nous sommes toujours amis.

Karlep et Nadja se regardèrent interrogatifs. Jordan et Kerine hochèrent la tête de façon positive.
- Bien, allons, fit l’Elfe.

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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Ven 27 Juil - 16:51

XI- Le Gardien


Puis ils retrouvèrent près de Katana pour partir à la Clairière de bataille. Ils avaient laissé leur problème de côté pour l’instant et faisaient comme si rien ne s’était passé. Ils arrivèrent à la clairière, 45 mins plus tard. Les Félings d’Air n’étaient pas encore arrivés.
- Ils exagèrent ! , fit Joran, c’est eux qui nous «convoquent » et ils se permettent le luxe d’être en retard.
- Jordan ! , soupira Mora, mais cela la faisait légèrement sourire comme le reste du groupe d’ailleurs.
- Mieux vaut que je les attende avec vous ! , conseilla Katana.

Dix minutes plus tard, des formes ailées apparurent dans le ciel et ils se posèrent peu de temps plus tard, sans un bruit. C’étaient des félins d’environ 1 m au garrot, ils ressemblaient en tout point aux Félings de Terre mise à part qu’ils avaient troqué leurs gigantesques canines pour une paires d’ailes blanches.
- Bonjour ! , fit l’un d’entre eux, je suis Rob. Katana, heureux de te revoir ! Comment va Dixie ?
- Elle va bien, je lui dirai que je t’ai vu Robby. Mes amis, il est temps de se séparer, si vous voulez repasser à Aqualona avant de poursuivre votre aventure, n’hésitez pas. Je serai toujours heureux de vous voir. Robby est de confiance, je vous laisse en de bonnes griffes, au revoir.

Et le Féling s’éloigna.
- Bien ! Nous allons partir également, mais avant puis-je savoir vos noms ?

Nos cinq héros se présentèrent les uns après les autres.
- Maintenant que je sais au moins comment vous vous appelez, je vais vous expliquer, chacun de vous va monter sur le dos de l’un de nous, Karlep, tu peux aller avec Ajüya, si tu veux. Elle rêvait de te rencontrer depuis que nous avons été informés de votre venue. Elle fait une étude sur la Guerre des neuf Clans et plus particulièrement des Nains. Nadja, dis-moi, aimes-tu la vitesse ?
- Oui ! , répondit la petite Elfe pleine d’envie.
- Vas avec Kim, je te promets que tu ne seras pas déçue et elle se fera un plaisir de te transporter.
- Kerine, Mora, voici Eli et Waya, je crois qu’ils conviendront tout à fait pour vous conduire à bon port. Quant à toi, Jordan, si cela ne te gênes pas, tu monteras sur mon dos.

Une fois installés, ils s’envolèrent et Jordan, prit de son insatiable curiosité, commença à poser des questions.
-
- Vous connaissez depuis longtemps Katana ?
- Je suis le frère de Dixie, alors c’est normal que je le connaisse !
- Son frère ?
- Oui, notre père était un Féling de Terre et notre mère, une Féling d’Air. La Nature a voulu que Dixie appartienne à la Terre et que moi à l’Air bien que nous ne soyons pas totalement d’une race ou de l’autre. Je peux prendre une forme offensive mais non-achevée et Dixie possède des ailes atrophiées. C’est la naissance d’Hybrides tel que nous qui a un peu envenimé les relations diplomatiques des deux Cités et nous ne sommes pas des cas isolés !
- Les temps changent !
- Mais, les mœurs n’évoluent pas ! C’est malheureux ! Longtemps les relations intimes entre les Félings des deux races étaient interdites et les enfants naissant de cette union étaient tués. Mais, il y a de cela environ 50 ans cela a été interdit et les Hybrides vécurent au grand jour. Je ne sais toujours pas pourquoi on s’acharne à avoir une telle haine contre nous, c’est une chance que j’ai réussi à obtenir ce poste, je suis le leader d’un groupe volant comptant six membres, les quatre que vous voyez là, ma compagne Junn qui n’a pas put venir et moi, bien sûr !
- C’est un bon poste ?
- On est considéré comme un héros, qui n’en rêverait pas ?
- Vraiment ? Comme un héros ?
- Oui.

Karlep, lui, était tellement heureux de parler de son Monde, qu’il laissait Ajüna l’assommer de questions plus précises les unes que les autres. Nadja s’amusait comme une folle à faire des «loopings », des piqués et d’autres figures plus dangereuses les une que les autres. Plus la Féling en faisait, plus la petite Elfe en redemandait en riant aux éclats. Mora était tétanisée de peur pour sa sœur et leur criait d’arrêter, mais les deux s’amusaient de trop. Rob cria : - Kim, vas-tu te calmer ? Tu es dans un groupe volant maintenant et si tu continues comme ça, je te suspends pendant une semaine !
- Affirmatif, leader ! , répondit-elle de façon moqueuse avant de reprendre la formation.
- Vous n’aviez pas à vous inquiéter, fit Waya, Kim a l’habitude, c’est une ancienne championne d’acrobatie aérienne. C’était le bon temps, ajouta t’elle avec regret.
- Je préférerais que vous évitiez de faire ça avec ma petite sœur, je dois la ramener en un seul morceau. Quoique… ça me ferait des vacances. Héhé ! ! Remarquez, vu les performances de votre amie, ça serait un plaisir que de voir votre nouveau champion.
- Il n’y en a pas de nouveau, les jeux acrobatiques se sont stoppés en même temps que la venue des Hybrides.
- Les Hybrides ?
- Vous demanderez à Robby, il est mieux placé que quiconque pour en parler.

Soudain, la voix du leader se fit entendre.
- Nous arrivons en vu de la Cité, préparez-vous ! Accrochez-vous bien ! , hurla Rob.

Les Félings se positionnèrent à la file indienne pour prendre un courant d’air qui les propulsa à grande vitesse sur la Cité. Arrivés au-dessus, ils passèrent au raz du sol pour atterrir un peu plus loin, devant une tour, d’ailleurs la Cité entière n’était faite que de tours transparentes et scintillantes tel des diamants à la lumière solaire.
- Nous voici à Aelrowl, la Cité des Nuages.

La compagnie était stupéfaite, un cri d’admiration s’échappa de la bouche de Jordan. Aqualona était déjà d’une grande beauté, mais Aelrowl dépassait les limites de l’imagination.
- Venez, ne perdons pas de temps, Gray vous attends, il n’aime pas les retardataires.
- Alors, tâchons de faire bonne impression ! , fit ironiquement Jordan.

Mora et Kerine soupirèrent, décidément il ne changerait jamais. Ils se dirigèrent vers une des tours lorsque Ajüya interpella Karlep.
- Seriez-vous d’accord de poursuivre notre conversation après votre entrevue ? ,fit-elle timidement.
- Bien sûr !
- Je vous remercie, à tout à l’heure, alors !

La Féling s’éloigna excitée.
- Je crois qu’elle t’aime bien !, s’exclama Nadja.
- NADJA ! , cria Mora, au lieu de raconter des âneries, tu ferais mieux de nous suivre.
- Ben, quoi ?
- Bon, quand vous aurez fini de vous disputer, on pourra peut-être y aller, intervint Karlep.

La troupe entra dans une des tours, menée par Rob. Arrivés dans une salle adjacente, ressemblant au hall de quelque chose, il leur dit d’une voix presque sereine : - Derrière cette porte se trouve le Gardien, puis il se faufila entre les deux gigantesques pans de la porte à demi ouverte. Gray, voici les étrangers arrivés par la Porte des Mondes.

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Lilly
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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Ven 27 Juil - 16:52

- Soyez les bienvenus ! Rob, tu peux nous laisser maintenant.
- Bien, Gardien, et il sortit.
- Vous êtes venus chercher le Cristal, n’est-ce pas ?
- Oui, lui répondit Mora.
- Je suppose que Sword vous a dit que j’en étais le Gardien et que je ne vous le donnerais pas comme ça.
- Oui, nous le savions, mais que pouvons nous faire ?
- Eh, bien ! Votre tâche sera simple, si vous voulez le Cristal, il vous faudra réussir l’épreuve que je vous donnerai.
- Quelle est-elle ?
- Cela ne devrait pas être d’une grande difficulté pour des aventuriers tels que vous, tuez-moi et vous aurez le Cristal !

Le groupe resta interloqué.
- Comment ?
- Tuez-moi et vous aurez le Cristal, répéta t-elle imperturbable, j’en suis le Gardien donc mon rôle est de le protéger jusqu’à ma mort.
- Mais, nous ne pouvons pas vous tuer !
- Pourquoi ? Vous avez dû déjà tuer maintes créatures, alors pourquoi pas moi ? Je vous laisse le temps de réfléchir, évidemment. Allez-y.
- Euh… d’accord, fit l’Elfe troublée.

Ils partirent se concerter dans un coin de la salle.
- Nous n’allons pas la tuer tout de même ! , fit Jordan.
- Mais si nous ne la tuons pas, c’est nous tous qui allons mourir, lui répondit Mora.
- Mora ! Ne me dit pas que tu veux la combattre !
- Non, évidemment. Je n’accepterai jamais que notre mission soit un bain de sang. Nous sommes là pour protéger ces créatures, et non pour les tuer !
- Donc, tout le monde est d’accord, nous n’acceptons pas de la combattre au détriment de notre mission et même si nous savons que cela pourrait être notre fin à tous ?

Tout le monde hocha de la tête en signe d’approbation, sauf Nadja.
- Nadja ? , dit Mora, tu refuses ?
- Cela impliquerait que nous mourions tous maintenant ?
- Oui, hésita t’elle à répondre, alors… que dis-tu ?
- Que l’on est une belle bande de fous et j’accepte.
- C’est bien ma petite sœur ça ! ! ! Alors, allons-y !, dit Mora.

Ils retournèrent voir le Gardien.
- Quelle est votre décision ? , demanda Gray.
- Nous refusons de vous combattre !

Ils se mirent à genoux et déposèrent leurs armes comme pour rendre allégeance.
- Puis-je vous demander pourquoi ?
- Nous avons toujours combattu pour nous défendre et dans le seul et ultime but de vous protéger vous et les autres Mondes. Donc nous refusons de combattre, vous n’êtes pas notre ennemie.
- Vos raisons sont nobles, mais vous n’avez pas le choix.
- Nous avons toujours le choix et là, nous avons prit notre décision.
- Vous ne changerez vraiment pas d’avis ? Si vous ne me tuez pas se sont tous les Mondes que vous condamnez ! Qu’est-ce qu’une vie contre des milliers d’autres dont les vôtres ?
- Nous n’avons que faire de nos vies, nous voulons les sauvez ça va de soit, mais pas au dépriment d’autres. Les tueries n’ont jamais rien amené de bon, même si le but final reste pacifique. Alors, je vous le dis encore une fois, non, nous ne changerons pas d’avis !

Le Gardien parut embarrassé et semblait réfléchir, puis elle dit : - Vous êtes vraiment de grands aventuriers, je vous félicite, vous avez réussi l’épreuve.

Le groupe tomba des nues, ils s’attendaient à tout sauf à ça.
- Comment ?
- Je vous donne le Cristal. Vous vous êtes révélés dignes de le posséder.

Le Gardien s’envola jusqu’à un lustre et y décrocha un cristal et le remit à nos compagnons en se couchant en signe de respect.
- Relevez-vous, fit Mora gênée.
- Savez-vous que vous l’aurez eut en me tuant. Dites-moi, étiez-vous réellement prêts à mourir ?
- Oui, répondit Mora, bien que pour ma part, j’espérais vous convaincre.

La Féling semblait sourire.
- Je vous prie de rester un peu ! Vous êtes mes invités !
- Plus tard peut-être, nous avons déjà assez abusé de votre temps et notre quête est loin d’être finie.
- Soit, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bonne chance alors. Rob vous ramènera à terre.
- Merci.
- C’est plutôt moi qui vous remercie. Bien étranges sauveurs que voici, pensa t’elle dans son fort intérieur, mais enfin… espérons qu’ils réussiront.

Eux, étaient sortis et Rob les attendait à-côté de la porte.
- Alors ? , demanda t’il inquiet.
- Nous avons le Cristal.
- Félicitations…et…le Gardien ?
- A l’intérieur, toujours apte à remplir ses fonctions de Gardien.
- Sauf, qu’il n’a plus rien à garder !
- Cela reste votre chef et c’est un travail à plein temps déjà !
- Muh… Vous avez sûrement raison. Nous sommes prêts à vous ramener à terre.
Rob les ramena à l’endroit où ils avaient atterrit et, à dos de Féling, ils s’envolèrent. Soudain, une question s’éleva dans les airs, c’était Jordan.
- Pourquoi désignez-vous toujours le gardien par des déterminants masculins, alors que c’est… une fille ? , demanda t’il.
- C’est une longue histoire ! , fit-il amusé.
- On a le temps, vous savez !
- Bon d’accord, soupira t’il, il faut tout d’abord que vous sachiez que la famille de Gray est chargée de protéger le Cristal depuis qu’il nous a été remit. Ce sont les mâles qui ont toujours occupés cette fonction.
- C’est quoi cette bande de misogynes ?
- Pourquoi est-elle Gardien alors, me direz-vous ?
- Euh…parce que ?
- Et bien, il y a de cela quelques années son frère est mort, le dernier mâle de la lignée. C’était également mon meilleur ami et le leader du groupe que je commande actuellement.
- Que s’est-il passé ?
- Je me souviendrais toujours de cette journée, nous étions en train de faire un vol d’essai comme d’habitude, nous nous sommes posés un moment pour nous reposer quand un Féling de terre, sortant de nulle part, nous attaqua. Il devait avoir contracté une maladie quelconque qui l’avait rendu fou, car visiblement il n’était pas dans son état normal. Il nous a foncé dessus et a essayé de nous tuer, mais tout le monde a réussit à s’envoler, tout le monde sauf lui, il s’est fait éventrer avant. C’était un accident ! Tout ça parce qu’il était le leader et que son devoir était de partir en dernier. Je sais qu’il y avait quelque chose d’anormal lorsque nous avons vu qu’il n’était pas là, mais j’étais réellement persuadé qu’il avait fuit ailleurs, caché quelque part, peut-être blessé, mais pas mort ! Qu’a t’il put bien penser quand il nous a vu partir sans même nous retourner ? Quand je l’ai découvert, c’était une véritable boucherie, le si peu de ce qu’il restait, je l’ai ramené à la Cité, je lui devais ça !

Rob s’arrêta un moment, puis reprit. Jordan était hypnotisé par le récit, ne sachant que dire.
- Quelque temps après, Gray s’est retrouvée devant une situation difficile, bien qu’elle avait perdu son frère, il fallait quelqu’un pour le remplacer et ainsi occuper le rôle de Gardien du Cristal. Malgré l’avis d’une large majorité, elle décida de lui succéder, ce qui ne fut pas chose facile car beaucoup y aspirait. A partir de là, elle changea du tout au tout et devint très dure.
- Pas étonnant avec une telle bande de chats machos.
- Elle exigea qu’on la traite comme un mâle et ne laissait rien passer, quiconque faisait une maladresse ou ne respectait pas cet ordre, était provoqué en combat singulier comme le veut les lois, dans ces moments là, elle devenait impitoyable. Pas une seule fois elle perdit et beaucoup regrettèrent de l’avoir défié, ils l’on même payé de leur vie.
- Ah oui… quand même ! !
- L’ensemble de la Cité finit par respecter sa volonté et maintenant, je dois dire que c’est plutôt calme. Voilà ! Vous savez tout !
- C’est une bien triste histoire.
- Vous avez tout à fait raison, mais c’est du passé maintenant.

De son côté, Karlep continuait à se faire assommer par les questions de Ajüna, pour son plus grand plaisir car il parlait de son Monde natal.

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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Ven 27 Juil - 16:53

XII- Les Hybrides


Peu de temps après, ils atterrirent au milieu de la Clairière de bataille et firent leurs adieux à Rob et les autres, qui retournèrent sans plus attendre à Aelrowl, la Cité des Nuages.
- Par où devons-nous aller, maintenant ? , demanda Jordan, une fois qu’ils furent partis.

Mora réfléchit un instant et lui indiqua une direction.
- Par-là… nous sommes arrivés par-là !
- Comment le sais-tu ?
- Je le sais c’est tout !, Lui répondit l’Elfe qui commençait à s’énerver.
- Bon d’accord, excuse-moi ! Allons par-là !

La troupe s’enfonça dans la forêt, ils marchaient le plus silencieusement possible, se souvenant de ce que Katana leur avait dit le jour de leur arrivée.

Flash Back

- Vous deviez rester groupé, fit-il, pour votre sécurité, même si vous paraissez de vaillants guerriers.
- Qu’avons-nous à craindre ? , demanda Kerine.
- Rien, temps que je suis là.

End Flash Back

Ce qui pouvait laisser supposer un danger, ce n’était pas qu’ils avaient peur mais moins ils se faisaient remarquer, mieux cela valait. Le mieux leur semblait de rejoindre directement la Porte sans embûches. (NDA : Normal ! !) Une ombre les observait depuis leur arrivée et les suivait, maintenant elle s’approchait furtivement par l’arrière, puis leur bondit dessus. C’était un Féling, son regard reflétait une lueur étrange, ses yeux étaient injectés de sang et il semblait avoir le souffle court. Il avait les poils hérissés, il fêla et de la bave s’échappa de chaque côté de sa gueule. Il bondit sur Nadja, qui sortit alors son épée et lui planta dans le museau. Cela le stoppa net, il secoua la tête, commença à chavirer pour enfin s’écrouler sur le sol, du sang s’écoulait par la plaie béante faite par la jeune Elfe. Elle le fixait, fit quelques pas en arrière. Elle semblait effrayée, puis se tourna vers les autres, couverte du sang qui avait giclé. D’un pas un peu hésitant, elle s’approchait des autres, en direction de sa sœur quand soudain le Féling se releva, il abattit sa patte sur le dos de la petite fille. Elle regarda un instant ses amis, le regard pétrifié, elle sembla articuler quelque chose mais aucun son ne sortit mis à part un gémissement. Le félin lui asséna un second coup et elle tomba au sol. Elle ne bougeait plus. Sur le moment, ses compagnons ne trouvèrent pas mieux que de crier son nom.
- Tu vas me le payer  ! , dit Jordan plein de rage, avant de sortir son épée qui se distendit et se planta dans le flanc de l’animal.

Tous sortirent leur armes, le coup ne l’avait pas stoppé pour autant et il fonçait sur les autres. Quand brusquement une boule de feu sortit du Néant au plus grand étonnement de tous, c’était Jordan qui venait de l’envoyer. Le Féling fut projeté au sol, grogna faiblement et ferma les paupières, il était mort. Le jeune homme resta immobile quelques instants, les yeux fixes, puis sursauta comme sortant d’un cauchemar. Les autres, eux, étaient auprès de la jeune Elfe. Il courra les rejoindre et vit Mora poser sa main sur le dos de sa sœur, puis récita une incantation, une lueur blanchâtre apparue au creux de sa paume. Les autres purent voir les plaies de Nadja se cicatriser, elle se réveilla aussitôt et prit Mora par le cou, elle se mit à sangloter.
- Je suis désolée…

Sa sœur l’enlaça de toutes ses forces et lui répondit avec douceur : - C’est pas grave, c’est fini maintenant !
- Tu avais finalement raison depuis le début, je n’aurais jamais dû venir. J’ai été stupide de croire que…

Mora lui caressait sa chevelure rousse en tentant de la calmer : - Je suis en fait très heureuse que tu sois là, c’est vrai, je te le jure, mais je suis aussi très inquiète pour toi et pour ce qui pourrait t’arriver. Je serai toujours là pour te protéger.
- Je sais, et elle se mit à sangloter de plus bel.

Kerine et Karlep se tournèrent vers Jordan et le dévisageaient en silence. Etait-ce toujours leur compagnon ou quelqu’un d’autre ? C’était à se demander. La scène, qu’ils venaient de voir, avait provoqué une sorte de crainte à l’encontre de leur ami. Le jeune homme lui-même ne savait pas ce qui s’était passé et était complètement déstabilisé. Etait-ce vraiment lui qui avait fait cela ? Il n’en avait pas vraiment l’impression. Il se sentait soudain si vide, il avait du mal à tenir sur ses jambes. Soudain, il sentit quelqu’un le secouer, une voix lointaine parvint à ses oreilles.
- JORDAN, JOR-DAN !

Il se tourna vers Kerine.
- Ça va ? , demanda t’elle, t’es tout pâle.
- Je ne sais pas trop bien. Je viens d’envoyer une boule de feu.
- Comment as-tu fait ça ?
- Comment veux tu que je le sache ? J’ai vu Nadja allongée, là, et soudain je n’étais plus maître de moi-même, c’est comme si un autre agissait à ma place.
- C’est assez inquiétant si tu dis que tu n’étais plus maître de toi-même car c’est un sort de l’école de magie de Destruction, intervint Karlep.
- Tu sais que ce que tu me dis là est loin de me remonter le moral ?
- Désolé, mais c’est vrai.
- De plus, tu peux me dire que cela appartient à l’école de magie de je sais plus quoi, de toute manière je n’y connais absolument rien.
- Tu n’as pas besoin de savoir, tu as ça dans le sang, comment crois-tu que les Portes ont été crées, Val el Kazar avait une bonne maîtrise de la magie, elle coulait dans ses veines. C’est inné chez toi.
- Je m’en serai bien passé. Pourquoi maintenant ?
- Comment veux-tu que je le sache ? Cela devrait être ton destin, voilà tout !
- Je me demande pourquoi je dois subir tout cela.
- Tu n’y peux rien, nous ne sommes que les pions d’un immense jeu appelé la Vie.
- Hein ?

Jordan fut étonné par cette phrase empreint de philosophie et pourtant sortant de la bouche d’un Nain. Ce n’était pas qu’il le considérait incapable de formuler de telles métaphores mais plus il l’observait plus, il avait du mal à croire qu’il appartenait à cette race avide de richesses, ivrogne et à l’humour si particulier (NDA : La hache en étant l’instrument principal). Puis il lui répondit enfin : - Et si je me retrouve de nouveau à ne plus être maître de moi-même… et si je blesse l’un de vous quatre… je m’en voudrais toute ma vie durant !
- C’est justement pour ça qu’il faut que tu apprennes à te maîtriser pour ne pas avoir peur de ce pouvoir et ainsi l’utiliser à bon escient.
- Tu as sûrement raison ! Tu es très sage Karlep !

Une fois remit de ses émotions, ils reprirent la route en ramenant avec eux le cadavre du Féling, il leur fallait faire une halte à Aqualona. Ce fut grâce aux Elfes, qu’ils retrouvèrent le chemin de la Cité, pour les autres tous les arbres se ressemblaient et si ils espéraient qu’ils leur parleraient, ils pouvaient attendre encore longtemps ! Ce que faisait Mora et sa sœur tenait presque de la magie. De plus, c’était la première fois qu’elles s’entendaient véritablement pour un même but depuis longtemps. Elles ne se disputaient pas et si on ne connaissait pas le caractère de Nadja en temps normal, on aurait presque put la trouver mignonne. Ils remirent le cadavre à Sword qui les remercia. Grâce à eux, il allait avoir une cérémonie mortuaire descente que peu de Félings pouvaient obtenir lorsqu’ils mourraient en forêt. Ils y furent même conviés à y assister, car contre tout attente personne ne leur en voulait pour ce qu’ils avaient fait, l’attitude des Félings envers eux n’avait pas changé. Ils n’éprouvaient pas une once d’animosité à leur encontre, ce qu’ils trouvaient pour le moins curieux. Ils avaient tout de même tué un de leurs semblables ! Donc, pour en revenir à la cérémonie, à la nuit tombée, toute la communauté s’était regroupée autour du cadavre, près du lac. La nuit était noire, seule la Lune procurait un éclairage sur cette toile sombre, incrustée d’étoiles. Ses rayons oscillaient doucement vers le bord, une brise s’était levée. Ils se reflétaient en une lumière blanche, à travers la voûte végétale constituée des arbres bordant le lac, sur les Eaux Miroirs. Sword se mit à pousser une sorte de hurlement sonore, les autres se joignirent à lui, ensuite. Ce bruit secouait nos héros au plus profond leur être, il résonnait dans les moindres recoins de leur corps et les rendant profondément tristes. Après quelques minutes passées à produire ce son, ils se turent, le silence qui maintenant régnait, semblait ne jamais avoir existé auparavant. Puis ils rentrèrent dans la Cité. Fatigués, ils s’endormirent au même endroit que la première fois. Au cours de la nuit, une discussion quelque peu animée entre Katana et Dixie se déroula.
- Je te jure qu’il le faut !
- Et si tu arrives trop tard ? À quoi tout cela t’aura servit, es-tu au moins sûr de revenir un jour ? Je ne veux pas te perdre, restes vivre avec moi.
- Tu sais bien qu’il le faut, c’est un signe, peut-être trouverai-je un moyen ? Il faut tenter le coup !
- Si tu le dis, je respecte ton choix.
- Tu vas me manquer !
- Pas autant que toi, elle frotta sa tête contre la bajoue de Katana.

Le lendemain, nos héros se préparent à partir aux premières lueurs de l’aube. Ils se dirigeaient vers la Porte quand ils ressentirent une présence.
- Pas encore ! , s’exclama Jordan.

Katana sortit de l’ombre.
- Que fais-tu là, Katana ? , demanda Mora étonnée.
- Je viens avec vous !
- Comment ? Avec nous ? Mais pourquoi ?
- Il le faut !
- Pourquoi ? Explique-nous !
- Je ne sais pas si vous voudrez si je vous dis tout.
- Nous t’écoutons.
- Mais le temps presse !
- Alors, raconte-nous en marchant.
- Le Féling que vous avez tué hier était un ami à moi, Etan, c’était un Hybride. Les Hybrides arrivés à un certain âge, souffrent d’un mal mystérieux qui les rendent comme fou. Ils s’attaquent à quiconque croise leur chemin. Dixie est une hybride et je ne veux pas que cela lui arrive et pourtant cela ne serait tarder. Je me suis dit que peut-être que dans les autres Mondes qu’il vous reste à explorer, je trouverais peut-être un moyen. C’est pour ça que je veux venir avec vous.
- Les Félings d’Air ne sont pas apparemment au courant de la situation, pourtant ne peuvent pas vous aider ?
- Comment voulez-vous ? Ils ne connaissaient rien de l’ampleur du problème.
- Cela veut dire que le frère de ta compagne ne le sait pas lui-même ?
- Oui, leur Gardien préfère étouffer la chose pour éviter une crise plus grave dans la Cité des Nuages. La chasse aux Hybrides pourrait reprendre, tout le monde ne le sait pas à Aqualona d’ailleurs. Si je trouve le moyen de sauver Dixie, par la suite on pourra peut-être en guérir d’autres.
- Non ! , dit résolument Mora, cela peut être dangereux ! Nous ne…
- Je sais, mais je veux courir le risque ! Je vous supplie de me laisser venir, je serai beaucoup plus en sécurité avec vous, qu’à explorer les Mondes seul.
- Tu marques un point ! Mais comment veux-tu explorer les Mondes seul, je suis pratiquement sûre que tu ne connais pas la formule d’ouverture.
- Tu marques un point à ton tour, mais je vais te dire alors que je ne suis plus un enfant et qu’au fond de toi tu sais que ma forme offensive est suffisante pour partir avec vous, je suis un chasseur chevronné. Mora, tu m’as vu à l’œuvre !
- Ce n’est pas la même chose que traquer du gibier.
- Ne me dis pas que tu refuserais de l’aide. Peut-être vous serai-je utile ? Qui sait ?
- C’est vrai, on n’est jamais trop devant le danger, intervint Jordan.
- Vous marquez encore un point tous les deux, mais…
- Il n’y a pas de «mais », je viens avec vous ou je vais seul ! Je trouverai de toute manière un moyen.

Mora soupira : - Alors, viens !
- Merci !
- Et c’est le gros chaton qui remporte par 2-1, pensa Jordan
- Toi, tu perds rien pour attendre ! , se dit l’Elfe dans son fort intérieur regardant le jeune homme.
- Ta cause est noble Katana ! , fit Karlep.

Le Féling ne répondit pas, mais si il avait été un Elfe, un Humain ou encore un Nain, on aurait put croire qu’il pleurait.

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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Ven 27 Juil - 16:54

XIII- La Forêt de l’Impossible


Ils arrivèrent à la Porte, quelque temps plus tard. Mora récita la traditionnelle formule d’ouverture et ils passèrent le Vortex. De l’autre côté, ils étaient arrivés à l’orée d’une forêt ressemblant en tout point à celle des Félings (NDA : Des arbres partout ). C’est du moins ce que pensant (un peu) l’ensemble du groupe quand ils virent passer furtivement une forme blanche. Cette vision ne dura même pas une seconde.
- Qu’est-ce que c’était ? , demanda Jordan, devançant par la même occasion tous les autres.
- Je n’en sais absolument rien, lui répondit l’Elfe.
- Mais, dis-moi Mora, comment se fait-il que tu ne saches pas où on se trouve ? Tu récites des formules et on se retrouve dans des Mondes différents mais les incantations que tu prononces doivent vouloir dire quelque chose. Par exemple la destination, ça nous aiderait au moins.
- Nous n’avons réussit à traduire qu’une partie des formules, jusqu’au Monde des Alters pour être exact mais vous savez comme moi ce qui s’est passé… je préfère ne pas faire de commentaires. Mais bon…. Pour répondre à ta question, je connais que l’intonation des incantations d’ouverture, pas la signification, fit-elle d’un air sombre.
- C’est un peu surprise-surprise ! Tu ne trouves pas ?
- Je n’ai pas besoin de tes sarcasmes !
- Désolé, soupira t’il, je ne voulais pas être désagréable, mais admets que sans compter le Monde des Orcs et des Néréïdes (d’où on s’est fait jeter, d’ailleurs ! ), il y a eut les Alters avec la prêtresse et mes bleus s’en souviennent encore ! Puis les Félings, Katana se tourna vers lui d’un air interrogateur, désolé ne te sens pas visé, tu nous as très bien reçu, mais entre le Gardien suicidaire et l’Hybride qui a crut bon de nous incorporer comme gibier dans sa partie de chasse… j’en passe et des meilleurs !
- C’est bon ? Tu as fini ? C’est vrai que ce n’est pas toujours facile mais on est en vie, c’est le principal, non ?
- Encore heureux !
- Bon, et si on allait voir dans cette forêt ? Quand pensez-vous ?
- Ça ne présage rien de bon, prévint Jordan.
- Soit un peu positif, tu veux ! Oiseau de mauvaise augure, va ! , ajouta t’elle en souriant.
- C’est ça, positivons ! Positivons !
Mora poussa un énorme et long soupir, cesser de le faire râler était peine perdue pour le moment.

- Nadja, tu restes avec Karlep et Katana.
- Mais, Mora…
- S’il te plaît, Nadja…, dit sa sœur en levant la main, pour lui faire signe de se taire.
- Bien, répondit la petite Elfe déçue.

Décidément, elle devenait de plus en plus docile. Mora, elle, s’éloigna avec ses deux amis en direction de la forêt, ils disparurent bientôt parmi les arbres, laissant les trois autres derrière eux.
- J’en ai plus qu’assez qu’elle me laisse à l’écart !
- Oui, mais tu as vu ce qui s’est passé la dernière fois, lui répondit gentiment le Nain.
- Merci, j’étais aux premières loges !
- Si Mora n’avait pas été là, tu serais morte à l’heure qu’il est ! Dis-toi que c’est pour ton bien !
- Oui, mais…
- Est-ce que je n’ai pas raison ? , demanda t’il en lui coupant la parole.
- Oui, mais…
- Est-ce que j’ai pas raison ? , répéta t’il avec plus insistance.
- OUI ! , cria t’elle contrariée, mais, moi aussi je veux partir à l’aventure ! Pourquoi cela devrait toujours être les mêmes qui s’amusent ?
- Qui s’amusent ? Tu trouves que d’explorer des Mondes au péril de sa vie, c’est de l’amusement ? Lorsque tu t’es fait attaquer par le Féling, tu as trouvé ça amusant, peut-être ? Pas nous ! Ton inconscient est une chose que j’apprécie chez toi, car cela te donne une certaine force, mais je pense sincèrement que Mora a eut raison de te laisser là, tu devrais en profiter pour réfléchir sur comment corriger ton attitude, si tu tiens tant à partir avec ta sœur.
- Oui, répondit-elle vaincue devant un tel discours.
- Tu n’as qu’à nous prendre pour ta garde rapprochée, petite princesse ! , plaisanta Katana.
- Deux gardes d’enfants improvisés, oui ! , fit-elle en ayant retrouvé tout sa vigueur verbale, Un Nain poilu et une chose qui a des pieux à la place des dents !
- C’est violent, fit Karlep en pouffant de rire, Katana jubilait.

Le spectacle d’une jeune Elfe contrariée était irrésistible. De leur côté, les trois autres s’enfonçaient de plus en plus profondément dans la forêt.
- Il fait tellement sombre ici ! , s’exclama Jordan.
- Tu ne vas pas me faire croire que tu as peur, demanda Mora amusée.
- Bien sûr que non ! C’est juste une constatation.
- Evidemment !

C’était une épaisse forêt humide, au sol recouvert de mousse et extrêmement boisée, où la majeure partie de la lumière était filtrée.
- Tu sais où on est ?
- Depuis, tout à l’heure nous marchons toujours vers le Nord, fit-elle en regardant sa boussole.
- Merci du renseignement, cela m’avance beaucoup ! Si, si, je te jure !

Mora soupira.
- Mais peut-être qu’en continuant, nous trouverons peut-être un moyen de sortir de la forêt et de savoir où nous nous sommes.
- Et elle est censée nous guider, pensa Jordan, c’est désespérant !

Ils continuèrent donc à marcher inlassablement, toujours vers le Nord, espérant trouver un endroit sur lequel débouchait la forêt. Mais malheureusement pour eux, ils ne voyaient que des arbres devant eux, derrière eux et sur les côtés. La fatigue les gagna finalement et ils s’arrêtèrent. Là, un spectacle incroyable se présenta à eux, ils ne le voyaient pas lorsqu’ils marchaient mais les arbres se déplaçaient sans arrêt.
- Et maintenant, comment allons-nous retrouver notre chemin, Mora ? , demanda Jordan.

L’Elfe ne répondit pas, mais elle était visiblement très contrariée, ne disant rien elle se contentait de soupirer, puis elle répondit enfin : - Au moins, je sais où nous nous trouvons !
- Hein ? Et où, je te prie ?
- Nous sommes dans la Forêt de l’Impossible.
- Qui se trouve… ?
- Dans le Monde des Licornes et des Dragons.
- Ah bon ! J’ai eu soudain peur que nous soyons perdus !
- Jordan, s’il te plaît…, lui supplia Kerine sans même prendre la peine de finir sa phrase.
- D’accord, j’arrête ! Mais admet Mora que nous sommes PERDUS !
- Oui, soupira une nouvelle fois l’Elfe.

Elle était visiblement très attristée de son échec car elle s’était donnée comme objectif de les guider à travers les neuf Mondes, ce qui d’autant plus difficile qu’elle n’en connaissait pas la moitié à part par les écrits qu’elle avait consultée.
- Excusez-moi…
- Non, fit Jordan maintenant calmé, ce n’est absolument pas de ta faute… j’ai vraiment été injuste avec toi.
- Jordan a raison, ce n’est absolument pas de ta faute, tu ne pouvais pas prévoir que… que… enfin, tu vois ce que j’essaye de te faire comprendre ? , intervint Kerine.
- Dis-moi, dit le jeune homme, que peux-tu nous dire sur cette Forêt de l’Impossible, ces Licornes et ces Dragons.
- Et bien, pour commencer, je pense que la forme blanche que nous avons eu la chance d’apercevoir, ne devait être rien d’autre qu’une Licorne blanche, la Forêt de l’Impossible étant leur domaine. C’est un endroit qui a été ensorcelée et où les arbres sont pensants. Au fil des années, ils se sont donnés pour mission de protéger les créatures qui vivent parmi eux. Peu de personnes sont revenues d’ici et le si peu étant devenu fou.
- Là, c’est bizarre, mais c’est loin de me rassurer.
- Je suis navrée, tu veux écouter la suite ?
- Dis toujours.
- Quant aux Dragons, ils habitent des terres dont j’ai peu de renseignements. Les Licornes ressemblent à des chevaux avec une corne frontale et les Dragons sont d’énormes lézards pouvant cracher le feu, mais la plupart sont pacifiques !
- Tu me rassures, j’ai crut un instant que nous étions en danger !

Mora soupira : - C’est toi qui voulais savoir. Je vais arrêter les explications pour l’instant, je crois que vous devriez vous reposer, il ne nous reste plus que ça à faire d’ailleurs.

De l’autre côté, Nadja faisait les cent pas.
- Mais, que font-ils ? Ils devraient déjà être revenus.
- Ils doivent sûrement être en chemin, lui répondit Karlep qui voulait être rassurant, et arrête donc de faire les cent pas, tu vas finir par nous creuser une tranchée d’au moins mille pieds de profondeur, de plus ça les fera pas revenir plus vite.
- Tu dois avoir raison.
- Je te conseille de t’asseoir et que l’on fasse un feu, UN : ça nous évitera de mourir de froid, et DEUX : en voyant la fumée, peut-être le verront-ils et trouveront leur chemin plus facilement.
- D’accord ! Je vais chercher de quoi l’allumer.

Jordan, Mora et Kerine, eux, tremblaient de froid, le sol humide mouillait leurs vêtements, les glaçant jusqu’au os et bien plus encore. Soudain, une forme blanche apparut, sortant des ténèbres environnantes. Une aura éthérée rendant la créature comparable à un spectre pour eux, était une Licorne. Elle les regarda sans bouger, Kerine se leva et tendit la main pour la toucher mais la créature hennit, se cabra, ce qui fit tomber Kerine à la renverse, puis s’enfuit au galop vers l’obscurité. En une fraction de seconde, son aura de pureté n’était plus qu’un souvenir.
- Que s’est il passé ? Pourquoi est-elle partie ?
- Tu l’as effrayé, les licornes ne font pas confiance aux autres êtres vivants, durant des années quand les Neuf Mondes ne faisaient qu’un, elles furent chassées par milliers pour le plaisir. C’est assez marquant comme tu peux t’en douter.
- Je ne le savais pas, mais alors, pourquoi est-elle venue nous voir ?
- C’est plus fort qu’elles, elles sont de nature curieuse ! Mais, si tu veux mon avis, on a peut de chances de la revoir.

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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Ven 27 Juil - 16:55

- Que faisons nous maintenant ? , demanda Jordan.
- Pour l’instant nous attendons, répondit Mora en soupirant.
- Quoi ?
- Un miracle, Jordan… un miracle, enfin, si cela existe.

Les heures passèrent et de l’autre côté tout le monde dormait à point fermé sauf Nadja qui était très inquiète pour sa sœur, elle en profitait pour entretenir le feu pour lutter contre le froid qui commençait à la prendre et dans l’espoir qu’éventuellement les autres le voient. Parfois, elle se blottissait contre Katana, en quête d’une chaleur réconfortante, mais en vint, l’angoisse lui serrait l’estomac et le cœur. Au petit matin, ne dormant toujours pas, elle put apercevoir une Licorne blanche, à l’aura lumineuse, il émanait d’elle de la pureté et de la bienveillance. Ca crinière bleue avait des reflets argentés sous les rayons lunaires encore perceptibles. Nadja se leva et s’approcha tout doucement de la créature qui venait à sa rencontre. Comme Kerine, elle tendit le bras pour la toucher et elle se laissa caresser. Une lueur apparut à son contact. La Licorne prit soudain peur et comme pour Kerine, elle s’en alla au triple galop, parmi les arbres.
- Nadja, que s’est il passé ? Qu’est-ce que s’était ? , demanda Karlep.
- Kar…Karlep, c’est toi ?, dit la petite Elfe effrayée, voire même a bord des larmes. Elle se retourna et le Nain vit avec stupeur que ses yeux s’étaient voilés d’un blanc vitreux comme ceux d’un aveugle.
- Qu’est-il arrivé à tes yeux ?
- Je ne sais pas, j’ai vu une Licorne, je suis approchée pour la toucher et j’ai eut comme une vision. J’ai vu Mora, Jordan et Kerine revenir. Vous allez penser que je suis stupide mais j’ai cru qu’elle m’a parlé et elle m’a dit qu’elle allait me les ramener.
- Pas du tout, je ne trouve pas cela stupide, au contraire, fit Katana, pour ma part, j’ai vu tant de choses étranges dans ma vie...
- Je peux dire la même chose, depuis que je suis dans votre groupe, j’ai vu tellement de choses étranges que plus rien ne m’étonnera maintenant.
- Ne dis pas ça, je crois que nous ne sommes pas au bout de nos peines, sinon on s’ennuierait, fit Nadja en se forçant à rire de sa remarque.
- C’est vrai.

Au bout de quelques minutes, sa vue commença à revenir peu à peu. Ils attendirent encore jusqu’à la nuit tombée avant de les voir revenir, guidés par un groupe de Licornes.
- MORA ! , cria sa sœur en courant vers elle, j’étais tellement inquiète !
- Contente d’être revenue ! , répondit l’Elfe d’une voix fatiguée.
- Moi de même, ajouta Jordan.
- Idem, soupira de soulagement Kerine, je suis épuisée.
- Mais, où étiez-vous ?
- Nous étions…comment dire…perdus, commença Jordan avec une voix en decrescendo.
- Ce sont les Licornes qui nous ont amené ici, finit Mora.

Une Licorne s’approcha de Nadja, qui posa sa main sur la tête de la créature.
- Nadja, attention elles sont…sauvage ? !

Elle commença à lui caresser délicatement l’encolure.
- Elle veut juste savoir ce que nous faisons ici !
- Tu parles aux Licornes ? C’est un don très rare, dit-elle étonnée.
- Que dois-je lui répondre, Mora ?
- La vérité, si tu peux, racontes-lui notre périple et le but de notre quête.
- Tu as confiance en elles ?
- Et toi ?
- Absolument, je le ressens, ces créatures sont la pureté même !
- Vas-y !

Nadja ne prononçait pas un mot et la Licorne semblait réagir à quelque chose d’immatériel. La petite Elfe paraissait réellement lui parler. Puis, elle se tourna vers ses amis.
- Alors ?, demanda Jordan.
- Elles acceptent de nous aider.
- Vont-elles nous donner le Cristal ? , demanda t’il plein d’espoir.
- Non.
- Mais…mais pourquoi ? , fit-il destitué de toutes ses illusions trop vite faites.
- Parce qu’elles ne l’ont pas.
- Je m’en doutais, les seules créatures qui veulent bien mettre de la bonne volonté ne l’ont pas ! Cela aurait été trop facile remarque !

La Licorne passa son museau de la main de Nadja avant de repartir comme elle était venue, suivie des autres, dans l’ombre de la forêt.
- Que t’a t’elle dit ? , demanda Mora.
- Que la colère de Jordan n’avait rien de bon et qu’elles préféraient partir.
- Ça c’est malin ! , fit l’Elfe en regardant le jeune homme.
- J’y peux rien ! , déclara t’il désolé.
- Oui, c’est ça !

Kerine qui sentait encore l’orage venir, demanda à Nadja avec douceur : - Qu’est-il arrivé à tes yeux ?
- C’est lorsque je rentre en contact physique avec une Licorne, j’ai une perte momentanée de la vue.
- Cela ne te déstabilise pas de trop ?
- Je suis un peu perdue, en effet, mais je m’habitue. Je suis plus sensible aux bruits environnants.
- C’est tout de même étonnant que tu possèdes ce pouvoir ! Il est d’une extrême rareté !, fit sa sœur, surtout que tu n’as jamais été en contact avec des Licornes auparavant.
- Au moins, grâce à ça, je me rends utile ! Faudrait pas que les bonnes choses n’arrivent qu’à toi.
- Car tu appelles ça une bonne chose ? Tu ne vois rien, mais tu trouves que c’est une bonne chose ! Tu n’avais pas besoin de ça pour nous être utile, tu l’as toujours été !
- Ah oui ? Quand ?

Mora fut stoppée net par la question, elle semblait chercher désespérément une réponse convaincante en un minimum de temps. Elle dit alors gênée : - Euh…euh ! Laisse-moi réfléchir… je vais trouver !
- Tu peux réfléchir, je n’ai jamais été utile à quoique ce soit.
- Ne dit pas ça !
- C’est pour cela que je suis fière de ce pouvoir.
- Moi aussi, je suis fière de toi, mais je ne voudrais pas que cela empiète sur ta santé.
- Ne sois pas si protectrice, je me sens très bien ! De plus, je ne vois pas pourquoi Jordan devrait avoir le droit de lancer des boules de feu et que moi j’aurais rien.
- Quoi ? Crois-tu que… ?, intervint le jeune homme, mais il ne put pas finir sa phrase car il fut immédiatement coupé par Mora.
- Non, ne rentres pas dans son jeu, elle a dit ça exprès pour t’énerver et détourner ainsi la conversation sur toi, mais cela ne marcher pas. Tu sais que j’ai raison !

La petite Elfe se mit à sourire.
- Tu es maligne Mora, fit-elle narquoisement.
- Et toi, invivable ! Dis-moi plutôt si la Licorne t’a dit quelque chose d’utile sur le Cristal, à part qu’elles ne l’ont pas, bien sûr !
- Quand nous serons prêts à traverser la forêt, il nous suffira de l’appeler.
- Comment ?
- En criant son nom, évidemment ! , répondit Nadja de façon désagréable.
- Ne me parles pas comme ça, tu te calmes s’il te plaît ! Je crois que je t’ai laissé, trop souvent, faire tes caprices et là, tu dépasses les bornes ! Et si tu n’es pas contente, c’est pareil ! Maintenant, si tu as le malheur de prononcer un mot de plus sur ce ton, je ne sais pas ce que je vais te faire mais cela aura des conséquences plutôt néfastes pour toi, je te le garantis ! , puis elle se mit à sourire et ajouta d’un ton dégagé, pourras-tu l’appeler demain, s’il te plaît ? Pour le moment, il nous faut confectionner des cordes. Venez, les autres.
- Comment comptes-tu t’en procurer ? Que je sache, ça ne pousse pas dans les arbres ! , dit Jordan.
- Justement si !
- Quoi ?

Mora lui montra du doigt des grandes fibres végétales qui pendaient aux branches.
- Nous les tresserons pour en faire des cordes.
- Et qui va avoir le plaisir de grimper là-haut ? , demanda le jeune homme.
- Je vais y aller ! , fit Katana.
- Moi aussi, dit Kerine.
- J’y serais bien allée…, ajouta Nadja.
- Mais, tu ne peux pas ! , continua sa sœur.
- Je sais ! Pas besoin de me le rappeler ! , répondit la petite Elfe.
- Mais, ne t’inquiète pas, je vais y aller à ta place.
- Tu es si dévouée ! , s’exclama Nadja sur un ton ironique.
- Je sais, je sais. Bon, c’est pas tout mais ce n’est pas en parlant que les cordes vont se faire.

Kerine disparut, pour réapparaître parmi les branches, les fibres végétales commencèrent à tomber. Katana prit sa forme offensive et bondit dans l’un des arbres comme tout félin qui se respecte. Il arrachait les composantes des futures cordes à grands coups de mâchoires puis les laissait tomber au sol. Karlep les ramassait au fur et à mesure. Quant à Mora, elle enleva tout le matériel la gênant, c’est à dire son arc, sa cape et ses bottes, avant d’escalader l’arbre avec une facilité déconcertante. Jordan essaya, lui aussi, de monter mais resta coincé, accroché désespérément à une branche. L’Elfe fut obligée d’interrompre ses activités pour le redescendre. Il avait peut-être fait beaucoup de progrès sur le terrain, mais pas assez apparemment pour grimper aux arbres. A trois, le travail allait vite et bientôt ils eurent ce qu’il fallait pour fabriquer des cordes. Une fois redescendus, ils se mirent prêt du feu préparé par Karlep. Nadja, elle n’avait toujours pas retrouvé la vue. Elle restait assise, immobile, attentive à chaque bruit alentour. Mora essaya à plusieurs reprises d’anéantir la cécité de sa sœur mais cela dépassait ses compétences. Jordan, lui, se rendait plus que ridicule, il avait entreprit de fabriquer une corde alors qu’il n’en avait jamais fait auparavant, cela ressemblait plus à un tas de nœuds végétal. L’Elfe lui montrait avec patience. Katana dormait à point fermé. Kerine, elle, riait des bêtises du jeune homme et de sa maladresse. Karlep s’était sculpté avec une célérité impressionnante, dans un morceau de bois, une pipe et avait chipé des herbes dans la besace de Mora, il en dégustait chaque bouffée. En bref, ce soir-là, l’ambiance était des plus joyeuse. Après la fabrication des cordes, tous ceux qui ne dormaient pas encore allèrent se coucher et ce fut aux premiers rayons du Soleil, qu’ils se réveillèrent, pour certains difficilement. Ils préparèrent, vérifièrent une dernière fois la fiabilité des cordes, avant de partir. Il ne restait maintenant plus qu’à Nadja, d’appeler les Licornes. Nadka cria dans un premier temps, à plusieurs reprises, un mot imprononçable à part pour les intéressées.
Puis ajouta Bad Venez, nous sommes prêts !

Des Licornes sortirent de la forêt, l’une vint frôler la main de la petite Elfe.
- Que te dit-elle ? , demanda Mora.
- Il faut que vous la suiviez pour qu’elle vous fasse traverser la forêt.
- Nadja, tu restes ici.
- Pourquoi ? Tu sais très bien que ma vue va revenir.
- Oui, mais il faut aussi quelqu’un pour tenir la corde et ainsi nous permettre de retrouver le chemin du retour.
- Pourquoi moi ?
- UN : Parce que tu es aveugle, je sais, ce n’est que momentané, tu me l’as assez répété, et DEUX : Parce que je l’ai décidé et que vu ton état tu n’es pas en mesure de négocier.
- C’est pas juste !
- Je n’ai jamais dit que ça l’était, mais je suis sûre qu’ici, au moins, tu seras en sécurité et que je peux te faire confiance pour ne pas lâcher la corde.

Et elle la mit entre les mains de sa sœur.
- Tiens, prends-la, tu ne t’apercevras même pas que nous étions partis. Au revoir et sois sage ! Je t’aime, lui chuchota t’elle pour finir.
- Non, Mora ! Attends, je viens, et elle tenta de la rejoindre mais trouva la Licorne devant elle. Laisses-moi passer, il faut que j’aille avec eux.
- Non, restes ici. Nous te les ramènerons, je t’en fais le serment.

Puis elle partit guider le reste du groupe. Nadja tentait de réprimer ses larmes en les sentant partir au travers des vibrations qu’émettait la corde.
- Je te déteste Mora, reviens vite saine et sauve avec les autres, sinon tu me le paieras, murmurait t’elle en pleurant de rage, je te déteste ! Avec qui veux-tu que je me dispute maintenant ?

Elle voulait que sa sœur et ses amis fassent demi-tour, reviennent la chercher. Elle attendait, tendant l’oreille au moindre bruit familier, un éclat de voix, le son de bottes ou d’une cotte de maille, mais sans résultats, rien. Elle se sentait seule, tellement seule, soudain. Elle avait peur, peur de ne rien voir, des bruits environnants, peur de bouger et surtout peur de ne jamais retrouver les autres. C’était la première fois qu’elle ressentait une telle impuissance. De leur côté, les autres marchaient en silence, menés par la Licorne. Nadja leur avait dit juste avant de partir que une fois la forêt traversée, un guide les attendait et qu’il comprendrait tout ce qu’ils diraient, par contre, qui était ce guide ? Ils l’ignoraient. Tout ce qu’ils savaient, c’est qu’ils marchaient, vers où ? Ils l’ignoraient. Combien de temps ? Cela leur était bizarrement égal. Ils voulaient juste quitter la Forêt de l’Impossible, en espérant trouver un paysage un peu plus hospitalier (NDA : Sans arbres qui bougent dans tous les sens). Le rythme mené était monotone, le temps semblait avoir été oublié, seuls les sabots de la Licorne menaient la cadence à un pas régulier. La corde continuait à se dérouler et semblait assez longue jusqu’à présent, de toute manière ils en avaient trois, ce qui devait être suffisant. Ils continuaient donc tel Thésée, dans ce dédale sylvestre qui paraissait n’avoir aucun secret pour la créature car elle ne montrait nulle hésitation. Au bout d’un moment, un désert apparut. Combien de temps avaient-ils déambulé parmi les arbres ? Pour eux, cela ne faisait que quelques minutes, pas plus d’une heure, mais qui sait si cela ne faisait pas des jours, des semaines ou voire même des mois ? Tout ce qu’ils savaient, c’est que une étape de leur aventure s’achevait, laissant place, immédiatement, à une nouvelle.

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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Jeu 2 Aoû - 17:23

XIV- Le Désert de Roche


- Un désert, ici ? , s’exclama Jordan.
- C’est assez étrange, en effet, ajouta Mora.

Lorsqu’ils eurent franchi les derniers arbres, une Licorne s’approcha. La Licorne blanche avait disparut sans qu’ils s’en aperçoivent, dans la forêt, une autre, noire avec une crinière paille aux reflets dorés avait prit sa place.
- Accrochons, la corde à ce rocher, là, et poursuivons notre chemin.

La créature sombre attira leur attention comme pour leur dire de la suivre, ce qu’ils firent docilement. Nos aventuriers n’étaient plus guère habitués à la lumière éblouissante du Soleil et celui-ci était particulièrement brûlant.
- Je ne sais pas si nous aurons assez d’eau, fit Mora.
- Demandes à notre guide quadrupède de nous conduire à une réserve d’eau, si elle vit ici, elle doit bien boire de temps à autre, fit le jeune homme lassé.

Aussi stupide que cela lui paraissait, l’Elfe alla voir la Licorne et lui demanda, après tout on leur avait bien dit qu’elle comprendrait tout ce qu’ils diraient. La requête de nos héros ne la perturba pas du tout, elle continuait, comme la Licorne blanche le faisait, à marcher devant, à pas réguliers, sans jamais faiblir son allure. Les compagnons se demandaient vraiment si elle avait compris ou si ils étaient condamnés à traverser ce désert avec leur gourdes vide (NDA : Ce qui diminuait cruellement leurs chances de survie ). Pourtant, elle les conduisit bien à un point d’eau dans une cavité souterraine. Nos héros se sentirent soudain morts, morts de soif et de fatigue. La Licorne se coucha et les observait maintenant d’une lueur de bienveillance et protectrice dans les yeux. Ils ne la remarquaient même plus pour l’instant, ils voulaient juste s’allonger et ne plus bouger, courbaturés, fatigués et souhaitant profiter de la fraîcheur de la grotte. Mais le plus important, lorsque l’on sort de la fournaise d’un désert sans plus une goutte d’eau, pour un endroit aussi paradisiaque qu’une cavité rocheuse où se trouve des litres et des litres de ce précieux breuvage, c’est boire. Donc, ils burent, ils burent et ils burent jusqu’à être plein comme des outres, du moins dans le cas de Jordan. Puis, ils remplirent leurs gourdes. Le jeune homme s’approcha d’un pas hésitant de leur guide et dit : - Mademoiselle…euh…Licorne…
- Gimy !

Ce mot se mit soudain à résonner dans toute la grotte. Nos compagnons étaient stupéfaits.
- Je m’appelle Gimy, dit une voix venant de la grotte.
- Mais, où êtes-vous ? , demanda Mora.
- Là, devant vous !
- Où ? , fit le jeune homme.
- Vous vous tenez devant moi.

Tous les regards se braquèrent sur la Licorne.
- Oui, c’est moi.
- C’est vous…qui parlez ? , balbutia Jordan.
- Oui, qui voulez-vous que se soit ? Un esprit habitant dans la roche ?
- A la limite, c’est aussi plausible.
- Cette grotte, comme tant d’autres, est magique, elle permet d’entendre les pensées de tous ceux qui se trouvent à l’intérieur. C’est pour ça que vous me comprenez.
- Cette bourrique nous comprenait depuis le début et elle ne l’a pas dit ! , pensa Jordan.

La Licorne se leva et le poussa dans le point d’eau. Les autres riaient tellement qu’ils étouffaient.
- Ça marche, fit Kerine au milieu de ses éclats de rire.
- Tu penses trop fort, Jordan ! , ajouta Mora en pleine hilarité.
- Heureusement que nous avons bu avant, je vais plus oser le faire maintenant ! , finit Karlep.

La Licorne, elle-même, semblait amusée par la situation. Jordan fulminait d’être paru une fois de plus ridicule. Une fois remis de leurs émotions, les autres finirent par l’aider à remonter. Trempé, il dut enlever ses vêtements et les mit à l’entrée de la grotte. Avec une telle chaleur, lui espérait qu’ils sécheraient rapidement. Mora lui prêta sa cape en attendant.
- Vous devriez faire attention à vos pensées et apprendre à vous contrôler. Vous agissez comme des jeunes de mon espèce, toujours à se chercher les uns, les autres mais parfois vous rencontrerez des personnes qui n’auront pas mon sens de l’humour. Essayez de limiter votre façon directe de dire les choses, les situations difficiles sont bien assez nombreuses comme ça sans que vous risquiez d’en provoquer de nouvelles. Agir humblement, améliore les choses.
- Merci du conseil, mais je crois que certaines situations nécessite du franc parlé, de plus, en général, mes pensées n’appartiennent qu’à moi.
- Je vous l’accorde, mais faites attention à que vos paroles ne finissent pas par dépasser votre pensée.
- J’y veillerai
- Pourriez-vous nous dire où vous nous emmenez exactement ? , intervint Mora.
- Chez ceux qui possèdent le Cristal, les Dragons, Mirfenir pour être exact. Mais, il nous faudra tout d’abord traverser le Désert de Roche, nous ferons des haltes régulières pour que vous ne manquiez pas d’eau, puis nous entrerons dans la Terre des Eléments, je ne sais pas trop à quoi nous devons nous attendre donc je vous accompagne jusqu’au bout si cela est possible.
- Merci, d’avance, fit l’Elfe.
- Il n’y a pas de quoi. Vous devriez dormir, la fatigue a dut déjà commencer à vous gagner. Les licornes blanches sont des créatures pleines de bonnes intentions mais une fois que vous les quittez vous ressentez toute la fatigue que vous auriez dû ressentir plutôt si elles n’étaient pas là. Elles ont le pouvoir de stopper momentanément les sensations telles que la faim, la soif ou encore la fatigue. Je peux d’ors et déjà vous annoncer que vous avez marché trois jours sans que vous ayez arrêtez. C’est le temps qu’il faut pour traverser la Forêt de l’Impossible pour des créatures telles que vous.

Tous se regardaient, maintenant, avec des yeux ronds. Jordan n’en croyait pas ses oreilles. C’est vrai qu’il se sentait fatigué, mais après cette révélation, ils avaient même passé le stade de l’épuisement extrême. (NDA : Bande de fainéants !) Ils s’étendirent tous, sans exception, au sol et s’endormirent comme le ferai de jeunes enfants (rapidement). Quelques heures plus tard, ils se réveillèrent frais et dispos, mais Gimy semblait avoir disparu.
- Voilà, elle nous a laissé tomber ! , constata le jeune Humain.
- Ne sois pas si défaitiste, les Licornes sont loyales ! , lui répondit Mora.
- Pas celle la, en tout cas !
- Peut-être est-elle à l’extérieur ? , intervint Katana.
- Et si elle n’y est pas, nous voici perdus en plein désert et je n’ai plus de vêtements !
Vas-tu cesser un peu de râler ? , lui demanda l’Elfe.

Jordan soupira.
- D’accord, je vais voir si je peux AU MOINS récupérer mes vêtements !

Il arriva à l’entrée de la caverne, tout était là, son pantalon, sa chemise, sa cape, ses bottes… et la Licorne aussi, couchée au Soleil, entourée d’une aura. Jordan se racla la gorge, la créature sursauta et le halo lumineux disparut.
- Vous êtes réveillés ?, fit-elle.
- Apparemment. Que faisais-tu ?
- Je méditais, c’est une sorte de ressourcement.
- Tu… tu méditais ? , fit-il perplexe.
- Oui, nous n’avons que peu d’attachement aux choses matérielles, tel que la nourriture. Chez nous, la plupart est spirituel. D’après nous, quand l’enveloppe charnelle se meurt, seul l’esprit subsiste. Après tout, nous ne sommes que de passage, nous considérons notre vie actuelle comme une brève transition vers un autre plan d’existence, qu’en penses-tu ?
- Euh… à vrai dire, je ne me suis jamais posé la question, c’est une conception de la vie qui m’est un peu étrangère.
- Ne penses-tu jamais à la Mort ?
- Si, tout le temps, mais je lutte de toutes mes forces pour vivre, tant que j’en ai encore la volonté et la possibilité.
- Je reconnais bien là ta race, toujours à se battre et à fuir l’inévitable, ne trouvant jamais la paix de l’esprit. J’ai passé ce cap il y a bien longtemps.
- Une question me brûle les lèvres !
- Je t’écoute.
- Comment puis-je encore te comprendre alors que nous sommes en dehors de la grotte ?
- Cette magie ne se trouve pas seulement à l’intérieur, mais aussi tout autour, sous forme de traces résiduelles, dans un certain périmètre.

Elle se leva et ajouta Bad Je te laisse t’habiller tranquillement, moi, je rentre à l’intérieur.

Et elle pénétra dans la grotte. Jordan rejoignit le reste du groupe, quelques minutes après et tendit sa cape à Mora.
- Merci, mais j’hésite encore entre tout simplement la désinfecter ou la brûler. Je vais plus oser la porter maintenant, fit l’Elfe en riant gentiment.

Jordan rougit mais ne répondit rien. Mais son regard en disait plus long que toutes les phrases du monde, une lueur de gêne et assassine brillait dans ses yeux.

- Bon, en route, intervint Gimy, je dois vous prévenir tout de même que la Terre des Dragons est réputée pour révéler son véritable soi. J’espère qu’aucun de vous ne cache de double personnalité.

Tous se regardèrent.
- Mais non, je plaisante !
- Si les Licornes se mettent à faire de l’humour…

Jordan sursauta.
- ! J’avais presque oublié, désolé Gimy !
- C’est pas grave, je commence à connaître ton tempérament. Je pense que tu ne changeras pas ! Allez, venez.

Ils sortirent de la caverne et reprirent la traversée du désert vers la Terre des Eléments. Ils marchaient à longueur de temps, alternant les soleils de plomb et les nuits glaciales, menés par Gimy qui semblait tout à fait insensible à ces changements de climatiques. Aucune traîne n’était tolérée, autant elle pouvait être charmante et spirituelle lors des haltes pour renouveler les stockes d’eau et se reposer, autant elle était pire qu’un automate (NDA : Car lui au moins aurait eut la mécanique qui aurait fondu ! ) lorsqu’ils avançaient, marchant mécaniquement, ne faiblissant jamais l’allure comme à son habitude. Leurs journées étaient donc rythmées par leurs pas sur le sol poussiéreux. La vue du sable qui aurait put paraître enchanteresse au début (exotique), détruisait peu à peu leur joie de vivre. Buvant beaucoup d’eau, ce n’était plus la seule chose qu’ils faisaient à part avancer. Leur esprit s’était juste mécanisée sur ces deux actions.

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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Jeu 2 Aoû - 17:24

XV- Le pont


Puis, un jour, enfin, au sommet d’une dernière dune de sable, apparurent des falaises très abruptes. Ils s’approchèrent et virent en étant plus près, une stèle en pierre avec des caractères étranges gravés.
- « Ici se trouve la frontière entre la sombre folie des créatures de l’ombre et la lumière de la sagesse de ceux qui ont trouvé la voie », traduisit Jordan.
- Ces runes sont très anciennes, nous en avons de comparables dans nos archives, mais il nous a été impossible d’en traduire la totalité, alors comment peux-tu savoir ce qu’il y a d’écrit ?
- Je ne sais pas, lui répondit le jeune homme, j’ai tendance à me poser de moins en moins de questions…
- Qu’est-ce que ça serait sinon ? , pensa l’Elfe
- … car plus on avance, moins je comprends. Je fais ce qui me semble juste, si je peux lire, je lis, si on nous attaque, je me défends.

Mora soupira.
- C’est pas grave ! Continues comme cela. A tout hasard, tu serais pas comment ouvrir le passage, parce que cela me dépasse un peu et je suis à court d’idées. Vu que tu es le seul à comprendre ce dialecte, je te laisse faire.
- Je vois… tu espères que mon instinct ou un autre truc dans ce genre là, nous montre la marche à suivre.
- Oui, si tu veux. Tu as le sang de Val el Kazar dans les veines, je suis sûre que tout est là, quelque part.
- Toujours la même histoire, pensa le jeune Humain, bien caché, en tout cas.
- De toutes manières, si tu échoues, cela ne changera pas grand chose.

Il fixait la stèle, sans rien dire. Combien de temps resta t’il comme cela ? Juste quelques secondes, qui parurent une éternité. Il s’avança d’un pas hésitant, posa les mains sur la première et la dernière rune.
- Espérons que cela marchera, murmura t’il.

Puis, il prononça «Anemadeus». Le mot incompréhensible pour Jordan et les autres ouvrit pourtant un passage comparable à un miroir.
- Incroyable ! , lâcha Karlep.
- À qui le dites-vous, je commence à m’effrayer moi-même !
- Passons tant que la porte est ouverte, dit Mora.
- Ça devient trop facile ! , fit Jordan.
- Ne parles pas si vite mon ami. Je doute que ce le soit par la suite, intervint Katana, l’air est imprégné des ennuis à venir !

Ils traversèrent la porte qui disparut immédiatement après leur passage, pour arriver au milieu d’un chemin de roche, de la lave jaillissait de tout côté.
- De mieux en mieux, soupira le jeune homme.
- Pour une fois, je suis d’accord, répondit l’Elfe.
- Que faisons-nous maintenant ?
- Selon la légende des neuf Clans, une fois arrivés sur la Terre des Eléments, il faut trouver le Dragon Gardien qui nous indiquera la marche à suivre.
- Tu es sûre ?
- Théoriquement, oui.
- Théoriquement ? Tu n’en sais rien du tout à vrai dire.
- Je suis jamais venue, je te signale, tout ce que je sais, je l’ai appris dans les livres.
- Et où pouvons-nous le trouver ?
- Je crois que j’en ai une vague idée, intervint Karlep, logiquement, où pouvons-nous trouver un Dragon gardien qui vit au milieu de lave, d’après vous ?
- Dans un volcan ? , dit l’Elfe en regardant le Nain d’un air interrogateur.

Il répondit d’un signe de tête positif.
- Bravo Karlep, tu es génial !
- De plus, il s’en présente un, juste devant nous, fit-il en le montrant du doigt.
- Je le sens pas du tout ! , s’exclama Jordan, vous trouvez pas que notre aventure se déroule un peu au petit bonheur la chance ?
- De toute manière, nous n’avons pas le choix. Allez, en route !, ordonna Mora.

Le plus «facile » fut d’arriver au pied du volcan, mais les choses se compliquèrent lorsqu’ils commencèrent son ascension. Plus ils montaient (des parois abruptes et brûlantes), plus l’air était empli en particules toxiques, tel que du soufre. Au bout de deux jours, ils arrivèrent au sommet, le long du chemin il ne rencontrèrent personne (NDA : On se demande pourquoi !), mise à part des jets de lave à chacun de leurs pas. A partir d’un certain niveau, l’air devint trop irrespirable pour la plupart des compagnons exceptés Karlep. Ils s’étaient cachés le visage avec un morceau de tissu imbibé d’une huile qui se trouvait dans la besace de l’Elfe. Mora avait couvert, le museau de Katana et Gimy également, avec des morceaux de sa cape, qu’elle avait déchiré. Quant à Karlep, il se déplaçait avec une dextérité et une célérité jamais observées auparavant. Il s’était même mis à chantonner un air dont les paroles étaient des plus douteuses. Une fois au cratère, ils ne virent pas de Dragon.
- Cela aurait été trop beau ! , s’exclama Jordan, ne me dit tout de même pas que nous avons fait cela pour rien !
- C’est un fait, il n’est pas là, répondit Mora visiblement gênée.
- Dire que nous devons maintenant redescendre !
- Tu lis dans mes pensées, fit-elle de plus en plus désolée.

Ils repartaient comme ils étaient venus, quand Kerine glissa, Jordan la rattrapa de justesse, mais la corniche partit en morceaux. Le volcan se mit à frémir (NDA : le sol commença à trembler ). Et les deux amis basculèrent dans le cratère mais le jeune homme sentit que quelqu’un le retenait par la ceinture et le tirait en arrière, vers la terre «ferme », ce n’était personne d’autre que Mora et Karlep.
- Vous n’allez pas nous quitter déjà, souria l’Elfe, ne restons pas là, venez !

Et ils s’éloignèrent en courant jusqu’à un endroit où cela ne s’effondrait pas. Lorsqu’ils se retournèrent, ils virent un énorme reptile sortir de la lave, puis se secouer pour enlever le magma de ses écailles d’un rouge flamboyant.
- Que venez-vous faire ici ? Je croyais que les Portes étaient scellées.
- Vous…vous êtes un Dragon ? ,demanda Jordan.
- Il est doué, il a trouvé ça tout seul ? C’est vrai que manifestement je ne ressemble pas beaucoup à la Licorne. Et vous ? Qui êtes-vous ?

Mora se chargea de tous les présenter et d’expliquer la situation.
- Donc nos Mondes sont en danger, dire que pour moi, la création des Mondes semble avoir été faite hier. Que de souvenirs ! , fit-il pensif. Vous me dites également que vous cherchez le Cristal ? Encore faut-il que vous soyez dignes de le posséder. Je vais vous donner une épreuve simple qui va vous permettre de passer à l’étape suivante. Vous voyez ce trou, là, en bas dans le cratère, c’est la Porte pour la suite de votre aventure. Vous devez l’atteindre. Si vous trouvez assez de courage en votre cœur, vous pourrez continuer votre quête. Bon, maintenant si cela ne vous gêne pas, j’ai quelque chose sur le feu.

Il s’apprêtait à replonger lorsqu’il entendit une voix derrière lui : - Pourquoi vivez-vous dans de la lave ?

C’était Jordan.
- Où voulez-vous que je mette mes œufs ? Ah, ces jeunes de nos jours !, fit t’il consterné.

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Lilly
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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Jeu 2 Aoû - 17:24

Et il disparut.
- Des œufs ? Décidément, on cessera jamais de me surprendre !

Il se pencha pour voir le passage et dit : - Bon, un jeu d’enfant, l’épreuve est simple, il faut s’introduire dans le trou en bas. Cela pourrait même être plus que facile si il n’y avait pas comme d’habitude un os ! L’entrée ou plutôt la sortie se trouve à plusieurs mètres en contrebas et…NOUS N’AVONS RIEN POUR L’ATTEINDRE ! ! !
- Ne panique pas !
- Et comment fait-on pour rester calme dans des situations pareilles ?
- Il doit sûrement y avoir une solution.
- Oui, mais laquelle ? , intervint Kerine.

Un silence de mort tomba sur le volcan, la troupe ne savait plus quoi faire.
- Peut-être y a t’il un passage caché ? , dit Karlep, cet endroit est un parcours initiatique, ils n’ont aucun intérêt à nous voir mourir.
- Oui, je suis sûre que la solution existe, mais où ? , lui répondit Mora.
- Un chemin ou un pont invisible, serait-il possible ? , intervint Kerine.
- J’y ai pensé, mais comment l’obliger à se révéler ?
- Le Dragon disait que c’était une question de courage, songea Kerine, une question… de courage…
Pendant que les autres essayaient de trouver une idée, silencieusement elle se dirigea vers le cratère et… plongea dans le vide. Gimy avait tout vu et se mit à hennir. Quelque chose d’anormal s’était passé et cela attira l’attention des autres.
- Tiens, où est Kerine ? , demanda Katana.
- Je ne sais pas, elle était là à l’instant, répondit Mora.
- Elle n’a pas put disparaître comme ça, intervint Jordan, elle doit bien être… quelque part ? ! ! KERINE ! , cria le jeune homme en se précipitant, suivi des autres, au bord du cratère. Elle était là, la tête levée et les regardait.
- Je l’ai trouvé ! , s’exclama t’elle.

Les autres sautèrent à leur tour, pour la rejoindre.
- Ne me fais plus jamais des frayeurs pareilles ! , la réprimanda Mora, tu m’as au moins fait vieillir de 1000 ans !
- J’avais compris, il fallait bien que je sache si s’était une bonne hypothèse.
- Oui, mais s’était encore au stade d’hypothèse et si tu avais eut faux, tu serais morte. Et si tu étais tombée à côté, pareil, tu serais, aussi, morte !
- Je n’ai plus rien à perdre depuis longtemps.

Cela coupa court les reproches de Mora.
- Bon, euh… continuons puisque que le chemin nous est indiqué, faites attention de ne pas tomber.
- C’est trop facile pour l’instant, ça va pas durer ! , fit Jordan.

Les autres le regardèrent.
- Qu’est-ce que j’ai dit ?

Ils soupirèrent.
- Il est désespérant, fit l’Elfe, continuons.

A tâtons, ils traversèrent le cratère, une chaleur étouffante régnait et rendait leur marche difficile. Arrivés au fond du passage, ils se trouvèrent devant une stèle quasiment identique à la première. Seul les caractères de la phrase gravée au milieu la différaient. Mora se tourna vers Jordan et lui demanda : - Arrives-tu à lire ce qu’il y a d’écrit ?
- Oui, je peux même te dire que cela veut dire «La correction des défauts d’un être, passe par la purification de son âme ».
- Qu’est-ce que veut dire ce charabia ? , s’interrogea Karlep.
- C’est de la philosophie pour permettre d’évoluer vers un niveau de conscience supérieur, lui répondit Mora.
- Et c’est censé nous dire quoi ?
- C’est un enseignement, un conseil si tu veux, ça nous donne juste la marche à suivre pour une existence meilleure.
- Si seulement cela pouvait être vrai, pensa Kerine.
- J’y crois pas, pour moi c’est juste des mots les uns derrière les autres, fit Karlep.
- Comme tu voudras, mais je te trouve bien incrédule malgré tout l’enseignement que tu as eut.
- Peut-être, mais la philosophie n’a jamais été mon point fort, je trouve cela complètement inutile et stupide !
- C’est ton avis, moi, je trouve ça d’une grande intelligence et de plus…
- Mes amis, s’il vous plaît, arrêtez, cela ne nous mène à rien ; notre quête dépend de notre coopération mutuelle !
- Tu as raison Katana, je commençais à m’emporter et cela n’apporte jamais rien de bon. Karlep, excuse-moi, tu as le droit d’avoir une opinion tout comme moi, je n’aurais jamais dû te juger !
- C’est pas grave, c’est aussi de ma faute.
- Bien, alors allons-y ! , fit Mora, Jordan, nous nous en remettons entièrement à toi !
- C’est gentil, je vais essayer de faire de mon mieux en tout cas.

Il regarda la stèle et murmura : - Je crois que c’est ça…
Puis il posa sa main sur la seconde en partant de la gauche et la cinquième en partant de la droite.
- Alors ? , demanda Mora.
- Ces stèles ne sont rien d’autre que des sortes de portes à combinaisons et il faut prononcer la locution d’ouverture. Ce qui me fait le plus peur, c’est que je sais ce qu’il faut faire ou dire pour passer à l’endroit suivant.
- Vas-y, ouvres !
Bien, et il prononça «Aguamadeus» et un passage, comparable au premier, s’ouvrit.

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une ch'tite histoire

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