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 une ch'tite histoire

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Lilly
Elfe Assassin


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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Dim 4 Mar - 12:56

VI- Les descendants de Vircus le Sage


L’individu leur fit signe de le suivre. Plus loin, il leur dit : - Comme vous le savez déjà, mon nom est Vodril, j’ai appris que vous vouliez trouver quelqu’un pouvant vous emmener sur le domaine des descendants du vieux Vircus. Je suis votre homme ou plutôt votre Nain, et il eut un rire gras.
- Ça doit être de l’humour Nain, pensa Jordan.
- Je ne demanderai que 200 pépites en échange.
- C’est cher, dit Mora
- Ouais, mais vous ne trouveriez pas meilleur guide que moi dans tout Minéa et la qualité, ça se paie.
- D’accord, mais pour 100.
- Non, 200.
- Bon, venez, on va sûrement trouver quelqu’un qui voudra bien nous emmener pour moins cher.
- Bon, d’accord pour 100, mais c’est votre dernier mot !
- Absolument.
- Bien, vous verser la somme.
- 50, tout de suite, et 50 à l’arrivée.
- Ça devient une manie, soupira Jordan.
- Non, tout maintenant.
- Venez, on s’en va.
- D’accord, marché conclu, mais dites-moi, vous êtes plutôt durs en affaire ! Moi, qui m’imaginai vous avoir facilement…
- Charmant !
- Vous vous êtes bien adaptés aux coutumes du pays, mais ayez pitié d’un pauvre Nain, j’ai une famille a nourrir, moi !
- Cessez donc de vous plaindre, tenez voici vos 50, le deuxième versement sera à l’arrivée.

Le Nain prit une mine renfrognée et dit : - Allons-y, le temps c’est de l’or.
- Mais, nous vous suivons, fit Mora amusée.
- Maudits étrangers ! Maudits Elfes !, pensa Vodril.

La troupe sortit de la ville et se dirigea vers le Sud, menée par Vodril, le Nain crapuleux et sous la surveillance permanente de Mora. La compagnie marchait plutôt silencieusement, mis à part le bruit de l’équipement du Nain. Pourtant, Jordan, lui, semblait songeur et contrarié. Le Nain ne cessait pas de lui jeter des regards rapides, puis de plus en plus intrigué par l’attitude du jeune homme, au bout d’une demi-heure environ, il dit : - Il est pas très causant vot’ copain, il a quelque chose qui ne va pas ?
- Il me semble qu’il rumine encore ce qui s’est passé hier, il a insulté un Gnome par mégarde et l’autre l’a menacé de lui mettre sa hache dans le crâne.
- Qu’a t’il dit pour qu’il réagisse de la sorte ?
- J’AI DIT, intervint Jordan, enfin, j’ai pris ce Gnome pour un Nain.
- Ah ! La bourde ! , piaffa Vodril. Dites-moi, ça ne serait pas, un vieux Gnome bourru, vivant dans un tas de planches ? Ne s’appellerait-il pas Serco ?
- Si, comment le savez vous ?
- Parce que le connaît voyons ! Je sens que l’ancêtre ne vous a pas trop mal jugé. Mais non, je plaisante ! , en voyant que Jordan se vexait, sachez que depuis plusieurs années les tensions entre les communautés Naines et Gnomes se sont vraiment atténuées, mais bien sûr cette vieille bourrique vit en ermite alors l’actualité du jour pour lui ça doit être quand on a reconstruit Minéa, il y a 400 ans. Il fait parti de cette génération qui est en voie d’extinction. Alors ne vous inquiétez pas !

Puis le Nain commença à parler de l’histoire de ce Monde, en glissant parfois des sous-entendus pour que l’on avance sa paye pour «livraison », mais Mora veillait et l’escroc se voyait obligé de se rétracter tout de suite. Au bout d’une petite heure de marche, ils arrivèrent en vue d’une riche propriété.
- Et voilà, dit Vodril, vous êtes arrivés, ma paye maintenant.
- Non, non, devant la porte, dit Mora.
- Que voulez-vous qu’il vous arrive ? Vous êtes arrivés, je vous dis !
- J’ai juste un pressentiment.
- Je suis choqué que vous ne me fassiez pas confiance !
- C’est ça, passez devant.

Le Nain bredouilla quelques injures dans sa barbe et ouvrit la route. Ils descendirent un chemin pavé vers une habitation dans le même style que la ville. Derrière se trouvait des canaux de lave comme ceux aperçus le jour d’avant. Tout était calme, mis à part les volcans qui déversaient leurs crachats brûlants. De toute évidence le Nain avait tenu parole, ils étaient presque arrivés. Mais soudain, alors qu’ils allaient frapper à la porte, un monstre sortit de derrière des rochers et se mit à grogner, de longs filets de bave s’échappaient d’entre ses crocs. Nos quatre héros sortirent leurs armes, près au combat, mais curieusement le guide, lui, commençait à faire demi-tour. Mora le rattrapa par le col.
- Eh ! Lâchez-moi ! Je veux pas me faire bouffer, moi !
- « Choqué que nous ne vous fassions pas confiance » disiez-vous ? Et ça ?

La bête poussa des aboiements agressifs. Ils étaient maintenant prêts à se jeter sur la bête ou plutôt la bête allait se jeter sur eux quand un Nain à la barbe grisonnante et richement vêtu arriva du coin de la demeure et dit : - Fifi, couché !

La bête s’exécuta en grognant.
- Qui êtes-vous ? , demanda Jordan.
- Je vous retourne la question, qui êtes-vous ? Vous êtes sur mes terres. Et toi, Vodril, je croyais que l’on t’avait banni d’ici. Alors, que fais tu là ?
- Ces jeunes gens sont venus vous voir vous et votre famille, Seigneur Tédo. Mais, ils ne m’ont payé que la moitié, j’étais obligé de les conduire jusqu’ici.
- Charogne ! Tu m’insupportes toujours autant. Bien, payez-le et qu’il s’en aille vite, avant que je ne décide de laisser Fifi s’amuser avec.

Mora lui donna les 50 promis et le Nain parti à toutes jambes, sans aucunes objections.
- Maintenant, je vous repose la question, qui êtes-vous ?
- Moi, c’est Mora, lui, c’est Jordan, elle, c’est Kerine et ça, c’est ma sœur Nadja. Nous sommes venus voir les descendants de Vircus le Sage. Seigneur Tédo, nous vivons des heures sombres. Il faut que nous vous parlions !
- Venez, à l’intérieur vous m’expliquerez ce que vous faite ici et pourquoi vous êtes venu me voir, exactement. Je ne sais pas si j’ai tort ou raison de vous faire confiance, mais bon…

La troupe suivit le Nain qui tenait le molosse par une chaîne attachée au collier. Le monstre se faisait conduire docilement et ce spectacle singulier avait pour effet de beaucoup amuser les quatre compagnons. La bête d’environ 1,80 m au garrot avait de longs poils drus noirs et parsemés, par endroits, de taches grises et feu.
- C’est quoi comme race ?
- Pardon ?
- Votre bête, qu’est-ce que c’est ?
- Un Okis.
- On peut dire que c’est une sorte de chien ?
- Sûrement, si vous le dites, qu’appelez-vous un chien ?
- Un animal que les Humains apprécient beaucoup, ils s’en servent pour monter la garde par exemple ou tenir compagnie.
- Alors oui, on peut dire que Fifi est en quelque sorte un chien.

Effectivement, après une observation approfondie, cet animal ressemblait vaguement à un canidé.
- Enfin, c’est une brave bête, très affectueuse, qui nous sert plus d’animal de compagnie qu’autre chose, car nous recevons peu de visites.
- Tu m’étonnes, dit à voix basse Jordan.
- Vous dites ?
- Rien.
- Bon, entrez, je vous rejoins après avoir attaché Fifi, il a tendance à sauter sur les invités, après vous m’expliquer le but votre venue.

Et leur hôte disparu derrière la maison. Ils entrèrent et quelques minutes après le Seigneur les rejoignit et les fit traverser le couloir du vestibule pour une vaste pièce, ressemblant à une bibliothèque. Il les invita à s’asseoir, puis leur demanda : - Bon maintenant expliquez-moi tout !
- Mon nom est Mora et comme vous pouvez le voir, je suis Elfe. Moi et mes compagnons, voulons retrouver la «larme du Dragon ».
- Puis-je savoir pourquoi ?
- Je vais vous raconter notre histoire… Il y a de cela un peu plus d’un an, «l’Ambre de la Destinée » que nous possédons est devenue, noire, puis dans les jours qui suivirent des images sont apparues, ainsi qui mot qui revenait sans cesse de façon récurrente : « Kernan ». On pouvait voir une forme floue et sombre, faire appel à la magie de la «Larme du Dragon » pour ouvrir «la Porte des Ames ». Puis des spectres passaient les Portes pour détruire les Mondes.
- Effectivement, notre «Ambre de la Destinée » nous a révélé les mêmes images, mais nous n’y avons prêté que peu d’importance car si ce qu’on m’a raconté dans ma jeunesse est vrai, seul le descendant direct de Val el Kazar est à même de manipuler son pouvoir.
- Oui, normalement.
- Mais, une question.
- Oui ?
- Avant toutes choses, comment avez-vous fait pour venir ici ? Je croyais que les Portes entre les Mondes étaient scellées.
- Oui, mais je connais l’incantation permettant de les ouvrir.
- Donc, après avoir vu ces images sur «l’Ambre de la Destinée », qu’avez-vous fait ?
- Et bien, mes semblables eurent alors l’idée de retrouver le descendant de Val el Kazar, Jordan ici présent. Il ne nous reste maintenant, plus qu’à récupérer la baguette avant Kernan.
- Mais, n’avez-vous pas songé que ce Kernan n’est peut-être personne d’autre que votre compagnon Humain. Il est vrai que si il est bien celui que vous prétendez qu’il soit, il est le seul à…
- Pour qui vous prenez-vous ? Je ne vous permets pas de telles insinuations ! Je vous fais remarquer qu’avant que Mora ne vienne me chercher, je ne savais pas que d’autres Mondes existaient. Alors les détruire…, cria Jordan.
- Calmez-vous jeune homme, cela ne sert à rien de s’énerver.
- Jordan, il a raison, ça ne sert à rien. Seigneur Tédo, Jordan a jusqu’à présent toujours fait preuve de loyauté. Je ne le connais que depuis peu de temps mais je pense que c’est quelqu’un sur lequel on peut compter.
- Merci, Mora. Mais, je me demande comment je pourrais rester calme après ce qu’il vient de dire.
- Je comprends votre colère, mais c’est une éventualité.
- Ai-je une tête de «destructeur de Mondes » ?
- Assurément, non.
- J’aime mieux ça.

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Lilly
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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Dim 4 Mar - 12:57

Le Nain se mit à rire.
- Quelle jeunesse ! Quelle fougue ! , fit-il en allumant une longue pipe, malheureusement, je vous annonce avec regret que je ne sais pas où se trouve la «Larme du Dragon », continua t’il entre deux bouffées.
- N’avez-vous pas la moindre idée d’où elle est ?
- Hélas ! Ma pauvre enfant, aucune. Si la baguette a été cachée, c’est justement pour que personne ne le retrouve.
- Evidemment, fit Mora déçue, ça aurait été trop facile.
- Par contre, je peux vous mettre sur la voie qui vous y mènera. Possédez-vous un Cristal sur vous ?

L’Elfe sortit de sous sa chemise, un pendentif.
- Ceci ?
- Oui, vous le tenez de vos aïeux, l’un d’eux était conseiller auprès de Val el Kazar, n’est-ce pas ?
- Oui, répondit-elle étonnée, comment le savez-vous ?
- Depuis des générations, nous nous transmettons un ordre dans l’éventualité qu’un jour les Mondes soient en danger. Il vous faut réunir les Cristaux de tous les Mondes.
- Seriez-vous prêt à nous donner le vôtre ?
- Bien sûr, pour qui me prenez-vous ?
- Cela nous en fait deux sur neuf.
- Mais, Mora, moi, je ne sais pas où se trouve celui dans le Monde des Humains, dit Jordan.
- Nous verrons cela en temps voulu. Seigneur Tédo, nous ne savons pas comment vous remercier de la précieuse aide que vous nous avez apporté.
- Moi, si.
- Pardon ? , demanda Mora étonnée.
- Je voudrais que vous me rendiez un service.
- Bien sûr, si nous le pouvons.
- Contre le Cristal, j’exige que vous preniez mon fils, Karlep, avec vous.
- Mais c’est de la folie, nous ne souhaitons pas que sa vie soit mise en péril.
- Je veux qu’il soit du voyage ! Sans mon fils, il vous faudra trouver un moyen de faire sans mon Cristal. Au moins pour une fois, il se montrera peut-être digne de sa lignée en le portant. Cela lui forgera le caractère et ça permettra enfin, de faire de lui un vrai guerrier.
- Je… Seigneur Tédo…
- Allons, c’est réglé ! Veuillez maintenant accepter mon invitation à dîner, cela vous donnera l’occasion de le rencontrer. De plus, le souper promet d’être délicieux, cela serait aussi un honneur que vous passiez la nuit ici. Ne vous inquiétez pas, il y a assez de chambres. Cela vous permettra de partir demain, frais et dispos, mais surtout… avec mon fils !
- Mais…
- Il n’y a pas de «mais » ! Les ordres d’un seigneur ne se discutent pas ! Venez dîner !

Ils le suivirent dans une autre pièce. Après que le Nain les ait invité à s’asseoir, il ordonna que l’on serve le repas, c’était un véritable festin. La soirée fut des plus animée avec le Seigneur Tédo qui relatait ses exploits en temps qu’aventurier, soldat de la garde, minier… etc. Rare était les métiers qu’il n’avait pas fait et les quatre compagnons étaient captivés par les récits du vieux Nain, surtout Nadja d’ailleurs, qui comme tous les enfants elle rêvait encore de fabuleuses aventures et de contrées lointaines. La discussion se prolongea même après le repas, Mora essaya une dernière fois de convaincre le seigneur qu’il ne serait pas bon d’emmener son fils. Mais, il était têtu et refusait d’entendre raison. Le lendemain, comme l’avait «promis » le Seigneur Tédo, son fils Karlep était du voyage et le groupe comptait maintenant cinq membres. Ils n’avaient pas vraiment le choix, c’était la condition si ils voulaient avoir une chance de retrouver la «Larme du Dragon », il leur fallait le Cristal. Karlep était encore un jeune Nain à la longue barbe tressée avec des anneaux d’or. Un peu plus grand que les autres et plus carré que ceux qu’ils avaient croisé auparavant, il était armé d’une francisque et avait revêtu une cotte de maille et un casque de cuir rouge.
- C’est vraiment une très belle armure, Seigneur Nain, dit Mora.
- Je vous remercie du compliment, Dame Elfe, répondit poliment Karlep.
- Merci les civilités ! , pensa Jordan.
- Cela me fait penser que je dois vous en remettre une à chacun de vous. C’est un cadeau de mon père, il les a fait confectionner pour vous.
- Il veut surtout nous acheter pour que l’on prenne son rejeton, se dit le jeune homme.
- Comment a t’il fait pour les confectionner pour nous, demanda Mora, nous n’avons passé qu’une nuit chez vous.
- Nos ouvriers ont travaillé pendant que vous dormiez.
- Mais, c’est un travail titanesque !
- Rien, n’est trop difficile pour un Nain. Venez, je vais vous conduire.

Ils passèrent derrière la maison, et entèrent dans une salle où était entreposé armes, boucliers, bustes portant des armures.
- Servez-vous, leur dit Karlep, prenez ce qui vous plaît.

Chacune des cottes de mailles était unique. Mora en avait une blanche étincelante bordée de cuir bleuté et brodé de motifs végétaux avec des fils d’or. Celle de Kerine était noire avec du cuir rouge. Jordan en avait prit une aux mailles cuivrées et bordée de cuir vert. Pour finir, celle de Nadja avait une superbe teinte dorée avec du cuir blanc. Karlep lui révéla que c’était la première fois que les ouvriers avaient dut forger une armure si petite. Elle ne répondit rien, pour le plus grand étonnement des autres, mais on pouvait clairement voir sur son visage son mécontentement. Après qu’ils aient revêtu respectivement la leur, ils étaient prêts à partir. Karlep demanda aux autres l’autorisation de faire un dernier au revoir à Fifi, peut-être pressentait-il que l’aventure, dans laquelle il s’engageait, comprenait beaucoup de dangers. Le voyage de retour vers la Porte fut calme, Mora prononça la Formule d’ouverture, ils la passèrent pour se retrouver dans un nouveau Monde inconnu.

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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Dim 4 Mar - 14:14

C'st pas mal du tout,voir excellent, unesuperbe intéraction des personnages, peut-être un dénouement et déroulement trop rapide à la heragon(le film)...Oui bon dsl ça vaut pas cette critique XD...C'est un joli texte qui se laisse lire et de belles interprétations des bases qui t'ont servies pour t"inspirer et pondre cette petite merveille,, c'est pas mal du tout.
(Oui bon ok j'ai remarqué des fautes un peu partout mais bon c'est marqué sur mon pseudo....Je déconne Wink...)

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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Dim 4 Mar - 14:37

Euh... question : Tu penses pas que c'est fini quand même ? Confused (il y a 25 chapitres au total)

Sinon, mon correcteur et liseur officiel m'a reproché que l'histoire n'avançait pas assez vite à cause de dialogue trop longs et trop présents dans le récit, trop de discussions et pas assez d'action a t'il dit

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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Dim 4 Mar - 15:29

Je ne pense pas que l'histoire est finie, et honnêtement ya juste ce qu'il faut de détails, mais n'épures pas trop, ce sont les détails qui mettent du charme Wink

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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Jeu 17 Mai - 20:14

VII- Les Orcs


Ils venaient juste d’arriver quand une voix s’éleva : - Pouah ! Une odeur pareille, c’est pas Humain !
- Non, c’est Orc, lui répondit Mora.
- Pardon ? , fit l’autre étonné.
- Nous sommes chez les Orcs et les Néréïdes.
- Euh… Mora ? Je suis désolée de t’interrompre mais Jordan n’a pas tort, intervint Kerine, ça ne sent pas vraiment très bon ici et en plus l’atmosphère est quelque peu… humide.
- Oui, sortons. Le sol semble meuble ici, j’ai de la boue jusqu’aux genoux.
- Parlez pour vous, râla Karlep qui pataugeait jusqu’à la taille.
Ils quittèrent avec peine les marécages collants et envahient d’insectes, pour un sol plus dur où poussait de l’herbe verte et grasse. La terre, gorgée d’eau, était gluante sous leurs pas.
- Merci pour cette sage initiative, Mora ! , dit Jordan, donc, tu disais que nous étions où ?
- Chez les Orcs et les Néréïdes.
- Qui sont-ils exactement ?
- Sûrement les peuples les plus dangereux de tous.
- Très engageant, et je suppose que c’est à eux que nous allons devoir prendre le Cristal ?
- Evidemment puisque c’est leur Monde. Pourquoi dis-tu ça ?
- Pour rien, je voulais juste être sûr.
- Le seul problème est que je ne sais pas qui le possède, cela peut-être aussi bien le chef des Orcs, que la reine des Néréïdes, du moins si cette race existe encore.
- Comment ça, si cette race existe encore ? , demanda Jordan inquiet pour son propre sort.
- Je viens de te le dire, ce Monde est le plus dangereux de tous.
- Développe, s’il te plaît.

Mora parut un peu embarrassée et se mordit la lèvre.
- Allons bon… pour la petite histoire, cela se passa quand le Clan des Orcs vint ici, Val el Kazar décida d’y envoyer également les Néréïdes. Malheureusement, ils sont ennemis mortels depuis des générations, chacun fait parti du maillon inférieur de la chaîne alimentaire de l’autre.
- Charmant, fit le jeune homme.

L’Elfe continua
- Les Orcs se jurèrent de toutes les exterminer. D’ailleurs, il paraît qu’à l’époque, ils avaient tendance à tuer ce qui leur passait sous la main.
- Tu as vraiment une compétence naturelle pour mettre en confiance. Mais, dis-moi, Val el Kazar n’a rien fait pour les empêcher de s’entre-tuer.
Si tu veux mon avis, ça lui était un peu égal. Tout ce qu’il voulait, c’était la paix dans son Monde.

Soudain, le silence environnant fut rompu par un cri déchirant.
- Bon, dépêchons-nous de trouver ce Cristal, je n’ai pas envie de m’éterniser, moi.

Tout le monde était d’accord avec la dernière phrase de Mora, qu’il soit Elfe, Humain ou bien Nain. Ce Monde avait le don de les rendre nerveux par ces silences entrecoupés par les croassements de corbeaux et parfois des cris féroces dont ils n’arrivaient pas à localiser la provenance. Une pluie fine mais pénétrante commença à tomber, les glaçant jusqu’aux os. Déambulant au hasard dans la plaine verdoyante, ils eurent l’idée de monter une colline où trônait cinq arbres morts, pour avoir une vue d’ensemble d’où ils se trouvaient et ainsi savoir par où ils fallaient qu’ils se dirigent. Un magnifique panorama s’offrait à eux, la plaine qu’ils avaient précédemment traversé était comme recouverte d’une fine brume et plus loin, vers l’Est, sortait du sol une barrière rocheuse ressemblant à ma mâchoire inférieure, fendue en deux et aux dents acérées.
- Là-bas cela doit être le début du territoire des Orcs. Donc vers l’Ouest, on trouvera peut-être les marécages de la Cité Néréïdes. Je pense qu’on devrait commencer par le Col des Canines que vous voyez là, fit Mora en lui montrant la barrière rocheuse.
- Comment sais-tu tout ça avec autant de précision ? , demanda Jordan.
- Mon aïeul tenait un journal et recueillait ses observations, ses impressions, des détails concernant les différents Mondes lorsque le réseau des Portes était ouvert. Tu vois là, dit-elle en lui montrant le dessin d’un carnet qu’elle avait sorti de sa besace, on reconnaît le Col des Canines.
- D’accord, mais comment peux-tu être sûre que tes Orcs, par exemple, ne sont pas partis ailleurs ?
- Tout simplement, parce que les Néréïdes ne vivent que dans des marécages et que les Orcs s’établissent, paradoxalement, toujours à proximité, mais à l’abri de rochers ou d’autres barrières naturelles. Mais les Néréïdes peuvent être parties ailleurs, dans d’autres marécages. Donc tu n’es sûre de rien.
- Jordan, tu m’énerves ! Bien sûr que je ne suis sûre de rien, mais le seul moyen de savoir, c’est d’aller voir ! Venez !
- T’exagères, chuchota Kerine au jeune homme.
- Ben quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit ?
- Rien, soupira la jeune fille.

Après environ deux heures de marches, ils arrivèrent à proximité du Col des Canines, cela formait une barrière rocheuse de plusieurs centaines de mètres. Au milieu, il y avait un passage pour environ trois personnes de large. Ils allaient s’engager dans le couloir rocheux, quand ils furent arrêtés net.
- Est-ce un champ de force, Mora ? , demanda sa sœur.
- Oui, je crois, mais il est beaucoup plus puissant que tout ce que j’ai put voir jusqu’à présent. Ce qui veut dire ? , intervint Jordan.
- Nous ne passerons pas de si tôt.
- Qu’allons nous faire, alors ? , s’inquiéta Kerine.
- Je crois qu’il ne nous reste plus qu’à patienter si nous ne trouvons pas le Cristal chez les Néréïdes. Il nous le faut absolument.

Soudain, de nouveau des cris déchirèrent le silence oppressant de ce Monde, instinctivement, ils se cachèrent alors dans des buissons à proximité, et ils les virent enfin, les Orcs et les Néréïdes.
- Elles sont comme les avait décrit mon aïeul, fit Mora en un souffle.

L’Elfe était fascinée par les étranges créatures qui venaient d’apparaître.
- Euh… Mora ! MO-RA ! , chuchota Jordan, je ne sais pas pour toi, mais moi, j’ai très envie de partir discrètement un peu plus loin.

Le combat s’était engagé entre deux Orcs et une Néréïde, l’un lui asséna un coup de gourdin qui lui déboîta la mâchoire. L’étrange créature émit un cri strident qui déchira les oreilles des spectateurs. Son hurlement fut bientôt étouffé par le sang qu’elle recrachait et un second coup. Ils s’acharnaient maintenant à lui fracasser la tête. Des morceaux, des dents, étaient projetés un peu partout. Puis soudain, deux Néréïdes arrivèrent, l’une sauta sur le dos de l’un des Orcs, lui planta les crocs dans le cou, puis tira la tête en arrière, la colonne vertébrale de la brute entre les dents. L’Orc fut tué sur le coup. Quant à l’autre, elle avait égorgé son ennemi en lui ayant arraché un morceau de sa gorge, puis l’avait éviscéré et mangeait ses intestins après les avoir extirpé du cadavre. La première vint se joindre au festin. La troupe, sentant la nausée montée, s’éloigna rapidement jusqu’à ce que ce ne fut plus que les bruits d’un lointain et sauvage combat.
- Mais, c’est dégueulasse ici ! , s’exclama Nadja. Tu as tout à fait raison, acquiesça Jordan, après avoir vomi les restes de son dernier repas.
- Qu’allons nous faire maintenant, demanda Kerine, personnellement je n’ai plus envie de traiter avec les Orcs, qu’avec les Néréïdes. Vous avez vu ce qu’ils ont fait ? Mora, tu tiens vraiment à les rencontrer ?

Mora était un peu gênée par la situation, elle ne savait pas quoi faire.
- C’est que… il nous faut absolument le Cristal, de plus les champs de force ne sont généralement pas éternels.
- Nous, non plus ! , s’exclama Jordan. Qu’allons nous faire ?
Il y a peut-être un moyen de passer quelque part. Ils commencèrent donc à inspecter méticuleusement les alentours et pour finir ils se retrouvèrent au final sur la colline, au point de départ. Ils s’approchèrent des cinq arbres auquel ils n’avaient prêté aucune attention précédemment ? Ils possédaient chacun un tronc énorme, noueux, noir. Ils semblaient totalement morts pourtant, le long de l’écorce suintait une substance verdâtre de consistance douteuse. Puis, ils se retrouvèrent vivement car ils avaient entendu des bruits de pas dans la boue. Toute arme dehors, ils attendaient, puis finalement apparut une Néréïde blessée à la cuisse, marchant en traînant la jambe. Elle était encore très jeune, mais déjà très méfiante et agressive. Elle montrait ses dents pointues et tranchantes en grognant.
- Doucement, on ne te veut aucun mal, fit Mora en rangeant son arc et en faisant signe aux autres de faire de même.

La Néréïde grogna de nouveau.
- Mais du calme, voyons ! Cela ne sert à rien d’être aussi agressive, tu vois bien que nous restons à distance.
- Ne bougez pas, dit-elle enfin d’une voix usée, je ne vous fais pas confiance.
- Si tu veux, mais dis-nous plutôt ce que tu fais là.
- Ça ne regarde que moi, vous n’avez rien à faire ici. Vous voyez ceci ? , demanda t’elle en leur montrant son œil manquant, c’est ce que l’on gagne à être trop curieux. Alors, je préfère partir.

Puis, elle fit demi-tour.
- Puis-je te poser une question ?
- Oui, répondit-elle sans prendre la peine de se retourner.
- Que sais-tu sur le champ de force, là-bas ?
- Il ne risque pas de disparaître de si tôt. Si vous cherchez quelque chose, ce n’est pas ici que vous te trouverez, vous feriez mieux de partir, dit-elle en s’éloignant.
Bientôt, elle ne fut plus qu’une ombre, puis un souvenir quand elle eut disparut dans les marécages. Nos amis, eux, suite à cette dernière recommandation de la jeune Néréïde, étaient différents après cette dernière phrase, comme coupés du monde les environnants. Sans un mot, ils retournèrent vers la Porte d’un pas régulier tel des marionnettes. Mora prononça l’incantation d’ouverture machinalement et ils entrèrent dans le tourbillon qui se referma derrière eux.

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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Jeu 17 Mai - 20:16

VIII- Bienvenue chez les Alters !


Arrivés de l’autre côté, ils sortaient de la torpeur qui les avaient enveloppés.
- Que c’est il passé ? Où sommes-nous ? , demanda Jordan.
- Nous venons sans doute de goûter à la magie Néréïde, sa dernière phrase était destinée à nous plonger dans une sorte d’hypnose, ainsi nous n’opposions plus aucune résistance à l’idée de partir, dit Mora.
- Sa dernière parole résonnait dans ma tête, puis une fois que nous sommes arrivés ici, plus rien, fit Kerine encore un peu sonnée.
- Si je la retrouve, moi, je lui fends son immonde face et je lui fais bouillir ce qui lui reste de sa tête.
- Du calme, Karlep, lui conseilla Mora, ça ne servirait à rien de s’énerver.
- Vous avez sûrement raison, dites-moi Mora, où sommes-nous ?
- Je n’en sais rien du tout, pourtant cela ressemble à mes forêts. Je crois que, avant tout, nous devons retourner dans le 4ème Monde.
- NOON ! !, pensa Jordan, pas ça !

L’Elfe se dirigea vers le Pentacle de pierre et récita la formule, mais rien ne se produisit.
- Si, il y a un Dieu qui veille sur moi, merci, se dit Jordan dans son fort intérieur.
- Bon, soupira Mora, il ne nous reste plus qu’à partir en exploration, autant en profiter vu que nous sommes là.
- On va se séparer, dit la petite Elfe excitée, je partirai vers le Sud et…
- Non, Nadja, la coupa sa sœur, ne commençons pas à nous séparer, rester groupé est beaucoup plus sûr !
- Mais, Mora !
C’est mon dernier mot, qu’en pensez-vous les autres ?

Personne ne répondit, de peur de représailles que ce soit de l’une ou de l’autre des sœurs. Et ils s’enfoncèrent dans la sylve fraîche, sombre et très dense. De la mousse recouvrait le sol, le rendant spongieux sous leurs pas. Après une très longue marche, ils arrivèrent devant un arbre énorme qui s’était écroulé.
- Je crois que nous avons assez marcher pour aujourd’hui, nous pouvons établir notre camp ici.
- Est-il si tard que ça ? , demanda Jordan.
- La nuit ne va tarder à tomber.
- Comment le sais-tu ?
- Je suis une Elfe, je le ressens. Kerine, pourrais-tu essayer de nous trouver quelque chose à manger ?
- Oui.
Emmènes Jordan avec toi. Moi, je vais voir si je peux trouver des plantes pour faciliter la combustion ou d’autres choses. Karlep et Nadja, vous pourriez aller chercher du bois. Chacun partit de son côté, et environ une heure après, tout le monde se retrouva pour manger autour d’un feu que Mora avait allumé. Jordan et Kerine avaient réussi à ramener des créatures qui vraisemblablement devaient être des lapins. A vrai dire, Kerine les avaient chassé et Jordan les avaient ramené fièrement au campement. La viande des créatures leur remontait le moral car ils avaient découvert en faisant l’inventaire qu’ils avaient oublié toutes leurs provisions chez les Néréïdes. Comme hypnotisés par les flammes dansantes, tous commençaient à s’assoupir, mais ils furent bientôt réveillés par le manque de chaleur du feu qui commençait maintenant à mourir.
Vite Mora ! Le feu s’éteint !, la secoua Jordan. L’Elfe se leva à toute vitesse et courut vers sa besace, cherchant de quoi ranimer le foyer. Elle fouillait maintenant parmi ses différentes herbes quand soudain, bien caché dans le fond, elle découvrit deux Cristaux.
- Mais… d’où viennent-ils ? , pensa t’elle, que se passe t’il ?
- MORA, le feu ! , crièrent les autres, que fais-tu ?
- J’arrive !

Elle prit une poignée de feuilles sèches et les jeta sur le foyer, qui se ranima immédiatement. Tranquillement, ils se rassirent.
- Dis-moi Mora, demanda Jordan inquiet, n’as tu pas peur que le feu nous fasse repérer ? C’est vrai, on est dans un endroit inconnu, on ne sait pas ce qui peut arriver.
- Justement, je veux que l’on sache que nous sommes là. Je ne comprends vraiment pas.
- C’est simple, demain, nous essaierons de trouver qui peut vivre ici. J’ai pour théorie qu’ils seront moins hostiles si ils savent déjà que nous sommes là ou peut-être viendront-ils même jusqu’à nous ?
- Mouai, ça se tient.
- Peut-être récupérons-nous le Cristal avec facilité, qui sait ?
- Arrête, tu vas me donner de faux espoirs, ça serai un doux rêve.
- En parlant de rêves, l’autre nuit j’étais dans la chambre d’à côté et je t’ai entendu parler et gémir, tu fais toujours ces cauchemars ?
- Oui, mais ils évoluent au fil des nuits, je n’arrive pas à m’en débarrasser.
- Pourrais-tu nous le raconter ? , demanda Kerine.
- Si tu veux, alors… laisses-moi me souvenir… Ah ! Oui… je suis dans une allée sans fin, pavée de pierres blanches, des arbres en fleurs la bordent. Je pense que c’est le printemps, les rayons du Soleil sont vraiment doux. La créature est là aussi, avec un homme grand, les cheveux long, gris et une magnifique épée à la ceinture. Il lui sourit et elle est heureuse. J’avais presque l’impression de sentir son bonheur. Ils marchent main dans la main, je les suis, puis soudain l’homme disparaît, comme dissout par l’air, et le ciel s’obscurcit et devient rouge. Le vent se lève et les arbres deviennent des gibets. A chacun, est pendu quelqu’un et je vois le bout de l’allée. Des chevaliers me barrent le passage, ils sortent leur épée. Je regarde la créature, maintenant elle est terrifiée et cherche à se cacher. Les chevaliers s’avancent et l’un me traverse de son épée en plein cœur. Je ressens la douleur et m’écroule à genoux. Je lève la tête et les regarde, un autre me décapite. A ce moment là, je me réveille.
- Intéressant, fit Mora pensive.
- C’est tout ce que tu trouves à dire ? « Intéressant » ? !
- Désolée, mais je ne trouve pas de solutions à ce qui t’arrive, mais je pense que la créature est la clef puisqu’elle revient toujours.
- Et bien je préférerai qu’elle parte, elle et ces visions morbides. Je sens que je vais devenir fou.
- Seigneur Jordan, parfois ça ne sert à rien de lutter, accepter peut atténuer et voire même effacer les mauvaises choses qui arrivent.
- Ce n’est pas la peine de m’appeler «Seigneur », je n’en suis pas un. Appelle-moi simplement Jordan.
- Comme vous voudrez Jordan.
- Et tutoies-moi s’il te plaît, sinon je me sens vieillir de dix ans !
- D’accord.
- Pareil pour nous, ajouta Mora.

Le Nain acquiesça d’un signe de tête.
- Dis-nous, pourquoi ton père t’a t’il envoyé ici en insinuant que tu le déshonorais.
- Oui, fit-il tristement, je suis un fils indigne.
- Pourquoi ? , questionna Jordan.
- Je n’aime pas me battre, enfin pas autant que je le devrais. Je préfère de loin lire, révéla t’il gêné.

Nadja se mit à rire.
- Alors ça, c’est trop fort ! Un Nain qui n’aime pas se battre !
- NADJA ! , la réprimanda sa sœur.
- Non, laisses, c’est l’effet que je fais à mes semblables, j’ai l’habitude. D’ailleurs, elle a raison, mais je suis là pour corriger ce défaut et regagner l’estime de mon père. Excusez-moi, je suis fatiguée.

Il se leva et alla se coucher un peu plus loin. Mora se tourna vers la petite Elfe et la gifla.
- T’exagères, va lui faire des excuses, sale !

Nadja, les larmes aux yeux, se frottait la joue et pour une fois, pour la plus grande surprise des autres, elle obéit sans aucune protestation. Quant à Mora, elle alla bientôt s’adosser au tronc et s’endormit rapidement, emmitouflée dans sa cape. Jordan et Kerine, eux, veillèrent tard. Ils parlaient de tout et de rien en surveillant le feu et en le ranimant de temps à autre. Puis la jeune fille, tombant de sommeil, monta sur le tronc et s’endormit. Jordan, lui, tenta de rester pour surveiller le feu mais toute sa détermination à rester éveillé ne l’empêcha pas de s’assoupir près des braises.

Au matin…

- Jordan … Jordan, debout ! On y va … dépêches-toi !
- Humrf … Salut Mora, quelle heure est-il ? , dit-il encore ensommeillé.
- J’en sais rien, tout ce que je peux te dire c’est que c’est le moment de partir.
- Pourquoi ?
- Tôt ce matin, des bruits indiquaient que nous avions été repérés et je pense qu’ils ne vont pas tarder à arriver, maintenant. Par prudence, nous devrions peut-être nous embusquer et ainsi découvrir l’identité de nos mystérieux hôtes sans être vus.
- Pourquoi nous cacher, je croyais que selon toi, ils seraient moins agressifs si ils savent déjà que nous sommes là.
- Oui, mais on n’est jamais trop prudent.
- Faudrait savoir !
- Je pense également que nous devrions marquer le chemin jusqu’à la Porte
- C’est si des fois, nous avions à quitter ce monde précipitamment ?
- Euh… oui … on peut prendre ça comme ça ! Cachons-nous, ils ne devraient pas tarder. Jordan ?
- Oui ?
- Tu devrais t’essuyer, t’as de la suie plein le visage.

Ils partirent aux alentours et se camouflèrent dans les buissons. Les yeux fixés sur le campement qu’ils avaient fait pour la nuit, ils attendaient maintenant leurs hôtes inconnus. Puis, ils arrivèrent enfin… des ours, des loups par meutes et une flopée de corbeaux se regroupèrent autour de ce qui restait du foyer. Certains se transformèrent en hommes et femmes et inspectaient les braises et les traces laissées par les compagnons.
- Les cendres sont encore tièdes, ils doivent êtres partis il y a très peu de temps, dit une femme-corbeau.
- Vous voyez, là ? , demanda un homme-loup, ils ont sûrement dormi là, fit-il en montrant le tronc. D’ailleurs je sens encore leur odeur dessus. Ils sont cinq, six tout au plus, mais leurs traces et cette façon de marcher ne ressemble à rien que je connais. Il faut prévenir la prêtresse Ziya, répondit la femme-corbeau.

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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Jeu 17 Mai - 20:17

Puis elle cria : - ECOUTEZ-MOI VOUS TOUS, PRÉVENEZ VOS CHEFS QUE CINQ OU SIX ÉTRANGRES SONT SUR NOS TERRES. NOUS DEVONS ABSOLUMENT LES TROUVER.

Ceux qui avaient pris forme humaine se transformèrent de nouveau et ils partirent comme ils étaient venus. Peu de temps après, Jordan, Mora et tous les autres sortirent d’où ils s’étaient cachés.
- Vous avez vu ? , s’exclama Jordan, qu’est-ce que c’était que ces choses ?
- Ces choses, comme tu dis, sont des Alters, lui répondit Mora.
- Oui, j’en ai entendu parler, intervint Karlep, ce sont des hommes et des femmes qui grâce à l’adoration qu’ils portent à un des Dieux-animaux qu’ils vénèrent, peuvent se transformer en l’animal que représente ce Dieu.
- Euh…Oui, c’est ça ! Bon, je crois que nous allons devoir nous séparer en deux groupes. Jordan, te sens-tu capable d’aller voir au camp des Alters, seul avec Kerine.
- Euh…Oui !
- Bien, alors ne perdons pas de temps, je retourne à la Porte pour le marquage. Nadja, Karlep… Vous venez ?

Et Mora s’éloigna avec le Nain et sa sœur, pendant que Kerine et Jordan se dirigeaient en direction du village des autochtones.
- Pourquoi est-elle partie de son côté et nous a t’elle laissé, alors qu’hier elle ne voulait pas que l’on se sépare.
- À mon avis, c’est pour contrarier Nadja qui avait eut l’idée, mais je pense que Mora ne peut pas toujours veiller sur nous et qu’elle considérait qu’il était temps que nous nous débrouillions tout seul.
- J’espère qu’elle nous a laissé en ayant considéré que ce n’est pas trop dangereux. Personnellement, je n’aime pas marcher vers l’inconnu.

Kerine se mit à rire.
- Tu ne vas pas me faire croire que tu as peur.
- Arrête de plaisanter avec ça ! Je parie que toi aussi tu n’es pas aussi rassurée que tu veux le laisser paraître, répondit-il.
- Tu plaisantes ! Je suis terrorisée. Je ne connais rien et tout me fais peur.
- Moi, c’est pire ! Je me demande comment je tiens encore debout. Depuis le début, je me sens totalement dépassé.

Tous les deux se regardèrent et éclatèrent de rire, peut-être nerveusement ou bien parce qu’ils se disaient qu’ils étaient vraiment très loin des héros sans peur qui pullulaient dans les histoires qu’on leur avait raconté quand ils étaient petits. ( Beaucoup plus Jordan que Kerine ). Ils étaient là, au milieu de la forêt, à suivre les traces de créatures dont ils ne connaissaient pas leurs intentions à leur égard et ils n’avaient rien trouvé de plus rassurant que de se dire mutuellement qu’ils avaient si peur, que si ils avaient put, ils auraient fui dans l’autre sens. Par contre de l’autre côté, la tendance était plutôt à l’orage. Mora et Nadja, encore en désaccord, se disputaient sous l’œil exaspéré du Nain, dont toutes les illusions s’étaient évaporées tel un nuage de la fumée. Il avait toujours imaginé les Elfes gracieux et distingués, comme dans les livres qu’il avait lu, mais là … c’était trop ! Il finit par perdre patience et cria : Vous avez pas bientôt fini toutes les deux ? Car moi, je commence à en avoir plus qu’assez de vous entendre. A-t’on seulement un espoir de retrouver cette fichue Porte ? OUI ou NON ? J’ai vraiment l’impression que l’on tourne en rond. Alors, Mora, quand vas-tu te décider à te concentrer sur le chemin à prendre et enfin nous GUIDER ! Au lieu de t’acharner dans des querelles qui n’ont absolument aucun sens, tu pourrais peut-être relever les traces pour savoir la route que nous avons pris hier. Quant à toi, Nadja, avec tout le respect que j’ai pour toi, TU-TE-TAIS ! Tu m’énerves à toujours chercher ta sœur, laisses-la tranquille si tu ne veux pas que je t’assomme.

Les deux sœurs ne savaient pas quoi répondre à ce que venait de dire le Nain, car elles savaient qu’il avait raison. Au moins une chose était sûre, cela les avaient calmé net et elles étaient revenues à leur priorité, trouver la Porte. Elles s’étaient rendues compte qu’elles s’étaient emportées et en étaient désolées car elles pensèrent soudain à leur attitude égoïste vis à vis de leurs deux amis qu’elles avaient laissé se diriger vers un endroit dont ils ne savaient absolument pas ce qui les attendaient. De leur côté, Jordan et Kerine arrivaient enfin en vu d’un camp, leurs yeux étonnés pouvaient voir un village très animé où se croisait tranquillement, comme si rien n’était, des animaux tel que des ours, des loups ou bien d’autres espèces. Ils déambulaient, communiquant entre eux, parmi les êtres d’apparence humaine. De gigantesques représentations d’animaux se trouvaient sur ce que l’on aurait put appeler une place de village. Tout ce qu’avait dit Karlep semblait exact.
- Wouah ! , s’exclama Jordan, c’est incroyable ! Si on m’avait dit que je verrai ça un jour.
- Très flatté que cela vous plaise, vous nous obligez alors à vous montrez de plus près notre village. De pareils compliments, ça ne se refuse pas, fit une voix derrière eux.

Des hommes étaient apparurent, sortant de nulle part, armés de lances.
- Vous êtes les étrangers ? , continua le même homme, justement nous vous cherchions, la prêtresse veut voir. Levez-vous et n’essayez même pas de fuir, nous sommes sûrement beaucoup plus rapides que vous.

Les deux compagnons obéirent et les suivirent sans un mot. Ils descendirent par un chemin caillouteux, menant en pente douce vers le village. Tous les regards étaient braqués sur eux. Ils se stoppèrent devant une grande habitation dont la façade semblait faites de racines tressées et sculptées de motifs végétaux et animaux. Les gardes les poussèrent à l’intérieur, dans une salle où était posté deux hommes armés à la porte. Dans le fond, une femme était agenouillée devant ce qui était vraisemblablement un autel, recouvert de fleurs, elle priait. Elle se leva, se tourna vers les deux héros. Ils reçurent chacun un coup de bâton dans les genoux.
- Prosternez-vous devant la prêtresse, fit un garde.

Sans même prêter attention à ce que venait de faire le soldat, elle dit : - Ne deviez-vous pas être plus nombreux ? D’après les éclaireurs, vous étiez cinq ou six.

Jordan, sentant qu’il n’était pas préférable de faire confiance à cette femme, il répondit : - Euh…non ! Nous ne sommes que deux.

Kerine, le regarda. Elle eut un rire bref et fit sur un ton faussement surpris mais franchement amusé : - Ah bon ? ! Donc, par conséquent, je suppose que vous ne connaissez pas ces personnes qui ont fait l’erreur de s’aventurer sur nos terres. Nous les avons capturé près de la Porte, tout à l’heure. Ils semblaient marcher au hasard dans la forêt, en attente de quelqu’un ou de quelque chose. Mais, si vous ne les connaissez pas, ils ne présentent que peu d’intérêt pour nous.

Des gardes arrivèrent avec Mora, Nadja et Karlep qui avaient les mains liées.
- Mora ? ? ?
- Nous n’allons tout de même pas faire la collection des inconscients qui osent venir ici. Vous nous suffisez grandement, de toute façon vous subirez le même sort qu’eux si vous ne me satisfaisiez pas. Exécutez-les, fit-elle d’un air dédaigneux. Ça leur apprendra à s’aventurer si loin de chez eux.
- Non ! Ne faites pas ça ! , supplia Jordan.
- Donc vous les connaissez ? , demanda t’elle de plus en plus amusée.

Elle avait le regard d’un chat s’amusant à déplumer un oiseau avec sadisme.
- En effet, dit-il en baissant la tête.
- Je veux savoir ce que vous faites ici ?
- Ben, à vrai dire, on a été capturés et amené ici, pensa Jordan.

Ils ne répondirent pas.
- Gardes, laissez-nous !
- Mais, prêtresse…
- Sortez, je me débrouillerai bien toute seule. Obéissez !
- Bien, prêtresse.

Les gardes se prosternèrent et quittèrent la pièce.
- Bien, maintenant, ne m’obligez pas à reposer une fois de plus ma question. Que faites-vous ici ? Remarquez, je n’avais eut l’occasion de contempler une telle équipée.

Et elle se mit à rire.
- Un Nain, un Humain, deux Elfes et cette chose, fit-elle dégoûtée. Qu’es-tu au juste ? , demanda t’elle à Kerine.
- Une Humaine.
- Seulement en apparence. Un tel spectacle est, je crois, le plus grand événement depuis le règne de Val el Kazar.
- Vous êtes bien cynique… madame…, dit Jordan. Excusez-moi, je ne connais pas votre nom.
- Je suis la prêtresse Ziya.

La troupe resta tétanisée, c’était donc elle la prêtresse Ziya… cette femme d’apparence sérieuse et semblant avoir une grande importance pour ce peuple. Ils ne savaient pas encore exactement pourquoi, peut-être était-ce leur intuition, mais ils pensaient tous sur le moment que cela ne sera pas des plus facile de récupérer le Cristal. Ils sentaient la prêtresse moins coopérative qu’une tombe face à ce qu’ils allaient lui dire, mais ils décidèrent tout de même de lui révéler toute la vérité.
- Je vous ai dit que je n’avais pas l’intention de répéter ma question, alors répondez ! De toute façon, il me reste encore d’autres moyens de vous faire parler.
- Cela ne sert à rien de vous énerver, prêtresse. Nous allons tout vous expliquer. Vous avez le droit de savoir, commença Mora.
- Je vous écoute.
- Tout commença il y a environ un an, «l’Ambre de la Destinée » que nous possédons, nous annonça un grand danger…

Mora lui raconta tout, la théorie comme quoi Jordan, en étant le descendant de Val el Kazar, serait le seul à pouvoir manipuler la baguette, ce mystérieux Kernan qui serait l’instigateur de toute cette aventure à cause de sa volonté de détruire les neuf Mondes et son intention de rouvrir «la Porte des Ames » pour faire revenir les condamnés sous forme de spectres vengeurs. La prêtresse écoutait avec une vive attention, une fois que l’Elfe eut fini, elle dit : - Il est vrai que votre histoire est plausible, puisqu’il paraît que ce bon vieil Oracle aurait annoncé une prophétie dans ce style. Mais, je vous avouerai que j’aurais nettement préféré apprendre tout cela par moi-même grâce à une «Ambre de la Destinée » que par des pseudo-héros qui se figurent pouvoir sauver les Mondes par la seule force de leur détermination que j’aurais vite fait de détruire. Mais non ! … Il a fallu que seules les races «dignes de confiance » aient le droit d’en posséder une, soit cinq des neuf races.
- Allons prêtresse, se sont de vieilles querelles, les temps ont changé.

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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Jeu 17 Mai - 20:18

- Vous croyez ? « Ses vieilles querelles » comme vous dites ont pour source une guerre très meurtrière où beaucoup de mes semblables ont perdu la vie.
- Peut-être avait-on jugé, à l’époque, votre peuple trop immature pour avoir le droit d’en posséder une.
- Trop immature ! Comment un stupide Humain comme Val el Kazar, pouvait-il juger de ce qui était bon ou mauvais pour les Alters ? Pourquoi moi, je vous jugerais assez «mature » pour avoir notre Cristal qui est tout pour nous ?
- Vous parlez du passé, alors que votre futur se joue ici et maintenant. Il en va de la survie de votre race.
- Je sais de quoi a besoin mon peuple, je suis leur prêtresse, et je peux vous dire une chose c’est qu’il n’a pas besoin d’être sauvé par vous. Vous n’aurez pas notre Cristal, il est l’éclat sacré qui est en haut de notre totem.
- Mais ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi Val el Kazar vous avait donné ce cristal. Peut-être vous l’avait-il remis pour qu’un jour, quelqu’un le reprenne et protège votre Monde ainsi que les autres.
- Et moi, je peux vous dire que votre «Grande Menace » ne nous attaquera pas. Pourquoi nous attaquerait-elle, d’ailleurs ? Nous avons toujours respecté la Nature.

L’entêtement de la prêtresse avait le don de porter «un peu » sur les nerfs de Jordan : - Mais ne soyez pas stupide…, finit-il par lâcher.
- Jordan, calme-toi ! , lui supplia Mora qui pressentait que tous ses efforts «de persuasion » allaient être détruits.
- Non Mora ! Je ne supporte plus de l’entendre dire de telles inepties !

Puis, il regarda la prêtresse droit dans les yeux et dit : - Cela n’a rien à voir avec le respect de la Nature ou d’autres trucs de ce genre là, «prêtresse ». Vous pourrez prier autant que vous voudrez mais si «la Menace », comme vous l’appeler, décide d’attaquer, croyez-vous vraiment qu’elle fera la différence entre un Elfe ou un Humain ? Mora a vu la destruction d’êtres vivants, ce n’était pas seulement QUE des Elfes ou seulement QUE des Humains, mais ils appartenaient à TOUTES les races et les cadavres étaient TOUS noyés dans un bain de sang commun. Vous comprenez ?
- Je vous interdis de me parler comme ça ! Même si la guerre est finie, certaines vieilles rancunes demeurent encore vivaces.
- Cela ne sert à rien de vivre avec le passé.
- D’après ce que je sais, votre race n’a pas eut à subir l’humiliation de la défaite. Vous étiez plutôt du côté des vainqueurs, d’ailleurs. Je vous trouve très mal placé pour parler.

Jordan soupira.
- Si, vous ne nous donnez pas le Cristal, vous nous condamnez tous et cette fois, il n’y a aura ni gagnants, ni perdants, juste des morts. Taisez-vous ! J’en ai assez entendu comme ça, gardes !

Des hommes entrèrent dans la pièce.
- Oui, prêtresse ?
- Emmenez-les !
- Bien prêtresse, que doit-on faire d’eux ?
- Enfermez-les, je ne veux plus les voir. Vous les exécuterez demain, dès l’aube. Cela leur permettra de contempler le magnifique éclat de notre Cristal et une telle offrande devrait nous attirer la faveur des Dieux. Allez annoncer aux gens que ces envoyés des Dieux maléfiques vont être tués, c’est la volonté de nos Dieux.
- Notre mort ne vous apportera rien, à part votre perte, lança Jordan en se débattant.
- Vous devriez plutôt vous soucier de votre sort et de celui de vos amis. Demain, vous ne serez plus une menace pour nous. Nous n’avons jamais été une menace pour vous. Imbéciles, nous étions là pour vous sauvez ! , dit-il en se débattant de nouveau et plus violemment.
- Tu vas te taire, oui ? , cria un garde et il lui donna un coup de bâton dans l’estomac.

- Kerine répondit avec un coup de poing dans les dents. Une bagarre éclata alors, la jeune fille reçut le plat de la main de l’un des hommes dans la figure, ce qui eut pour effet de l’assommer à moitié. Nadja mordu l’un des gardes, pendant que Mora asséna un coup de genou dans les * d’un autre. Quant à Karlep, il shootait frénétiquement dans les tibias d’un troisième. D’autres arrivèrent pour maîtriser nos héros à coups de bâtons, et finalement ils les emmenèrent.
- Enfermez-les ! , ordonna la prêtresse.

Ils furent jetés dans une cage, sur la place publique, sous les huées des habitants. Désarmés, désemparés, sans armures et meurtris, ils avaient l’impression de sentir leur fin venir.
- Comment dit-on chez toi ? « Être dans de beaux draps » ?
- Arrête tes sarcasmes, Mora, j’admets que c’est «un peu » à cause de moi si nous sommes dans cette situation, mais s’il te plaît, je suis désolé ! , fit le jeune Humain plein de supplications.
- Ça tu peux l’être !
- Mora, tu ne devrais pas être si dure avec lui !
- Tu vas pas t’y mettre aussi Kerine ! Ma réaction peut-être un peu brutale, mais si il m’avait laissé parler, on n’en serait pas là.
- Ne t’inquiète pas, tout va s’arranger, attendons la nuit et là, je suis sûre que nous trouverons un plan pour sortir d’ici, la rassura Kerine.

La nuit tomba et l’effectif des gardes se réduisit au nombre de un.
- Bien, Kerine, que comptes-tu faire maintenant ? , demanda Mora.
- Tu oublies que je peux me rendre invisible et…

Kerine leur expliqua son plan. Le garde faisait sans cesse le tour de la place publique en passant à chaque fois devant la cage. Cette fois-ci, il ne vit que quatre prisonniers et s’approcha.
- Eh ! Elle est où vot’ copine ?
- Ici, idiot ! , dit une voix venant du néant et qui assomma le garde contre les barreaux, mais l’homme n’était pas assez sonné, Zut, il lui en faut un deuxième. Et sans qu’il comprenne ce qui se passait, elle exécuta ses paroles. Cette fois le garde s’écroula inconscient, elle lui vola les clefs, la cellule s’ouvrit. Venez, ne restons pas là !
- Merci Kerine, t’as été géniale, lui dit Jordan avec enthousiasme.
- Oui, je ne sais pas comment nous aurions fait sans toi, ajouta Mora.
- Arrêtez, ça devient gênant ! Nous devrions plutôt nous concentrer sur un moyen de retourner à la Porte.
- Tu as raison, fit l’Elfe, après les effusions, passons à l’action ! Il nous faut avant toute chose le Cristal.
- J’irai, dit Kerine, je grimpe très bien et personne ne me verra.
- D’accord, allons-y !
Le groupe se dirigea au pied du totem et Kerine disparut de nouveau.

- Bonne chance ! , chuchota le reste de l’équipe.
- Merci, répondit la voix dans le vide.

A présent, on n’entendait plus rien, à part la respiration de nos héros et le bruit des animaux dans la forêt alentour. Au bout de quelques petites minutes, le Cristal s’éleva dans les airs, puis tomba à descendre pour atterrir entre les mains de Jordan. Il le passa à Mora qui le mit dans sa besace, la seule chose qu’on ne lui ait pas enlever. Ils attendirent encore un peu, le temps que Kerine réapparaisse, puis ils allèrent s’asseoir le long du pignon d’une habitation, à l’abri des regards.
- Maintenant, il nous faut nos armes et nos armures, dit Mora. Je ne sais pas pour vous, mais moi je me sens un peu nue sans.

Jordan la regarda avec des yeux ronds.
- Euh…, fit le jeune homme gêné, mais aussi inquiet, a-t’on une vague idée de l’endroit où elles sont entreposées ?
- Moi, je sais, intervint Nadja.
- Quoi ? , répondirent les autres très surpris.
- Je sais où elles sont, répéta-t’elle avec insistance.
- Alors, dis-le ! , lui ordonna sa sœur.
- Vous étiez trop occupés à vous disputez pour avoir vu que les gardes étaient entrés chez la prêtresse avec et étaient ressortis sans.
- Quoi ? Mais comment allons-nous les récupérer ? , demanda Jordan.
- Je sais pas moi. Débrouillez-vous, trouvez une idée.
- Je vais y aller, fit Kerine.
- Non, il ne faudrait pas que tu sois la seule à t’amuser ! , intervint Karlep.

Ils s’approchèrent discrètement de l’habitation de la prêtresse, et virent qu’elle était gardée.
-  !, dit Kerine à voix basse
- Kerine ! Il y a des enfants.
- Oh ! Ça va, Mora ! , rétorqua Nadja.
- Bon, Kerine, tu feras diversion pour que nous puissions nous débarrasser des gardes.
- D’accord, mais comme j’ai «l’avantage » de l’invisibilité, je vérifierai aussi si il n’en reste pas à l’intérieur, avant que vous rentriez.
- On y va !

Kerine devint invisible et fit du bruit dans la direction opposée où se trouvait les autres. Les reste des compagnons se glissèrent derrière les gardes et les assommèrent, puis ils attendirent Kerine. Quand elle apparut dans l’entrebâillement de la porte, cela voulait dire que le champ était libre.
- Alors ? , chuchota Mora.
- Pff, deux gardes, j’en ai fait mon affaire, lui répondit Kerine, entrez, notre matériel est à l’intérieur.

Nos héros pénétrèrent à l’intérieur, leurs armes et leurs armures avaient été entre posées près de l’autel. Sans un bruit, ils s’équipèrent.
- C’est bon ? Tout le monde a son matériel ? , demanda Mora. Les autres lui firent signe que oui. Parfait, ne restons pas là !

Ils s’apprêtaient à partir, quand la prêtresse arriva, une torche à la main.
- Qu’est-ce que… Vous ? Je savais que je ne devais pas vous faire confiance.

Elle ne leur laissa pas le temps de répondre quoique ce soit, elle saisit un marteau et frappa sur un gong qui, d’après eux, ne fit aucun bruit. Pourtant, ils sentaient que quelque chose s’était produit et leur instinct les incitait à fuir. Ils coururent donc vers la sortie, et se retrouvèrent nez à nez avec une horde d’animaux en colère comme des corbeaux, mais aussi des loups et des ours. Un puma fêla derrière eux, sûrement la prêtresse.
- La situation est plutôt critique, Mora, s’exclama Jordan.

Kerine disparut. Kerine, c’est pas le moment !
- Au lieu de râler, donne la main à Mora. Nadja, fait pareil.
- Que v…, commença le jeune homme.
- Dépêchez-vous, vite !

Ils s’exécutèrent et disparurent tous. Puis Kerine les hissa sur le toit pour redescendre de l’autre côté de l’habitation là, la jeune fille lâcha les mains de ses amis. Maintenant, haletante et épuisée (NDA : Porter quatre personnes, ça fatigue n’importe qui !), elle ne pouvait plus faire un pas. Jordan la prit sur le dos et là, une course effrénée jusqu’à la Porte commença. Les animaux ne mirent pas de temps à comprendre ce qui s’était passé et ce que comptait faire nos héros. La troupe courrait maintenant à travers la forêt, sans même savoir où ils se dirigeaient, du moins c’est ce qu’ils croyaient car Mora avait «semé » des petits cailloux sur son chemin lorsque elle, Nadja et Karlep furent capturés. Au moment où ils avaient été pris, ils étaient près d’une carrière de pierres de Lune (dont les propriétés sont capter la lumière des astres nocturnes et de les renvoyer à leur surface de façon intense). Mora avait fait semblant de trébucher pour prendre une poignée et ainsi marquer le chemin jusqu’au village. Maintenant, ils faisaient le chemin inverse, poursuivit par une meute de zoomorphes enragés. Jordan se traînait derrière avec Kerine sur le dos, il commençait à fatiguer et les animaux gagnaient du terrain.
- Jordan, pose-moi, on ira plus vite comme ça.

Il la posa au sol, elle le prit par la main et se mit à courir en le tirant. Visiblement elle avait récupérer tout son énergie.
- Vite, dépêchez-vous, leur cria l’Elfe.

Une fois arrivés à sa hauteur, Jordan lui dit essoufflé : - Mora, la Porte est-elle encore loin, ils nous rattrapent.
- Nous arrivons presque à la sortie de la forêt, un petit effort ! , répondit-elle avant d’accélérer sa course afin d’aller ouvrir le passage.

Les animaux aux talons, ils sentaient leur force dans les jambes les quitter, quand bientôt ils virent le tourbillon. Des corbeaux étaient déjà arrivés et tournoyaient au-dessus.
- Vite ! Courrez !, cria leur amie avant d’être contrainte de plonger dans le vortex car les oiseaux lui fonçaient dessus.

Les volatiles fondirent alors sur les autres, leur donnant des coups de bec. Sous leurs attaques, ils retrouvèrent encore un peu d’énergie pour accélérer et sauter dans le passage qui se referma juste derrière eux. Ils parvinrent donc de l’autre côté exténués, tous s’assirent au pied du tronc d’un arbre gigantesque.
- Il était temps ! , s’exclama Jordan à bout de souffle, c’est pas toujours facile d’être des sauveurs.
- Ouais, t’as raison ! , lui répondit Kerine, trop fatiguée pour rire.
- Mora, tu me rappelleras pourquoi je fais tout ça, d’accord ?
- Je sais ce que tu vas dire…
- Je trouve que pour des gens que je dois protéger de la destruction des neuf Mondes, ils pourraient faire l’effort d’y mettre du leur et être un peu plus coopératifs. Maintenant, si tu le veux bien, je voudrais me reposer.
- Accordé.

La troupe se tut et reprit lentement son souffle, au bout d’un moment, épuisés, ils s’endormirent. La nuit avait été très longue.

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Lilly
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MessageSujet: Re: une ch'tite histoire   Jeu 17 Mai - 22:52

IX- Un repos bien mérité chez les Félings

Mora se réveilla en sursaut, elle avait entendu un bruit. Elle secoua les autres et leur fit signe de se taire. Armée de son arc, elle s’enfonça dans les buissons et vit un énorme félin, d’environ 1m au garrot, le pelage de couleur fauve. Il dévorait un plus petit animal, de type ongulé, après l’avoir préalablement égorgé, puis éventré à l’aide de deux gigantesques canines. La proie, les yeux exorbité et tirant la langue, avait toutes les entrailles déversées au sol et son chasseur les mangeait tranquillement. On pouvait presque l’entendre ronronner de plaisir. Bizarrement, pour Mora cette scène avait des goûts de déjà vu, ce qui n’avait pas vraiment le don de la réjouir. Elle s’approcha et banda son arc, l’animal se retourna, fêla, puis se transforma en un félin plus petit, d’environ la taille d’un chat (NDA : 40 cm de haut environ, mesuré sur mon cat )
- Je ne vous veux aucun mal, commença t’il par lui dire, mais sa gueule n’avait produit aucun son, tout était dans la tête de Mora. Elle rengaina son arc, stupéfaite. N’ait pas peur, je communique avec toi par télépathie. Je ne suis pas dangereux mais tu m’as surpris en train de déjeuner, dans ces moments là je suis un peu irritable. Je m’appelle Katana, je suis un Féling de Terre. Et toi ?
- Euh… Mora.
- Tu es venue seule Mora ?

Soudain, Jordan et les autres arrivèrent en passant à travers les buissons.
- Mora ? Tu es là ? , demanda Jordan, qui c’est celui-là ?
- Apparemment, non.
- Jordan, Kerine, Nadja et Karlep, voici Katana, un Féling. Katana, voici mes amis.
- Bonjour, soyez les bienvenus sur les terres d’Antena.
- Vous… vous… vous n’êtes même pas un peu surpris de nous voir ici ? , Demanda Nadja.
- Bien sûr que non ! Que je sache les Félings ne sont pas la seule race existante, sinon, pourquoi y aurait-il neuf Mondes ?

Nos héros furent surpris par sa réaction, comment pouvait-il rester aussi stoïque ? Ils ne voyaient chez lui qu’une impression de bienveillance, ce qui semblait étrange pour eux, après ce qu’ils venaient de vivre.
- Votre venue doit avoir un but, je vais vous conduire à notre Cité afin de vous présenter aux autres et que vous rencontriez notre chef.

Docilement, ils le suivirent, le Féling ne paraissait animé par aucune curiosité véritable bien qu’il posait, à nos compagnons, toute sorte de questions. Mora et Jordan marchaient à l’écart, une discussion s’entama entre eux deux, à voix basse.
- Mora, tu lui fais confiance ? , lui demanda Jordan.
- Pas encore, mais d’après les écrits, ils ont toujours été un peuple pacifique.
- Mais, tout change avec le temps.
- Tu deviens bien méfiant, soudain.
- Je crois que tu commences à déteindre sur moi ou bien j’ai retenu quelque chose de la désastreuse situation de la dernière fois.
- C’était de ta faute !
- Ça va ! Commences pas ! Je suis sûr que ça se serait passé exactement pareil si cela avait été toi qui avais parlé. En plus, elle avait besoin qu’on lui dise ses «quatre vérités ». Je croyais bien faire, quoi ! , commença t’il à s’énerver.
- Ne te fâches pas, c’est vrai que même si cela a été «un peu » brutal, tu as dit ce que tout le monde pensait sur le moment.
- Merci, soupira t’il.

Bien que Mora et Jordan étaient vraiment en retrait, à l’abri des oreilles indiscrètes (NDA : c’est du moins ce qu’ils pensaient). Katana semblait pourtant amusé par quelque chose, peut-être avait-il entendu ?
- Vous devriez rester groupé, dit-il, pour votre sécurité, même si vous paraissez de vaillants guerriers.
- Qu’avons-nous à craindre ? , demanda Kerine.
- Rien, temps que je suis là.
- Rassurant, pensa Jordan.


Après une vingtaine de minutes de marche, ils arrivèrent près d’un lac, calme, lisse et sombre, tel un miroir.
- Venez, suivez-moi ! , leur lança psychiquement le Féling.

Ils s’approchèrent d’un arbre gigantesque se trouvant à quelques pas du plan d’eau. Katana s’enfonça sous une des racines ressortant du sol. La compagnie se mit à quatre pattes et le suivie avec un peu de difficulté (NDA : beaucoup, ils ne cessaient pas de se cogner la tête au plafond ou de se prendre les pieds dans de jeunes racines, tout simplement ils ne faisaient pas 40 cm même à quatre pattes et ne connaissaient pas le passage comme Katana qui devait l’emprunter tous les jours. ) pour se retrouver sur un sentier, surplombant une magnifique Cité. C’était un gigantesque dôme souterrain coiffé d’une sorte de voile produisant comme une lueur surnaturelle sur l’ensemble de l’intérieur. Une lumière bleu-blanchâtre oscillait sur d’étranges tours. Elles étaient constituées d’un pilier central avec une pente enroulée tel un serpent et étaient coiffées d’une terrasse.
- Soyez les bienvenus à Aqualona, la Cité des Félings de Terre. C’est notre capitale, car se fut la 1ère et construite par Val el Kazar.
- Car il en existe d’autres ? , demanda Jordan.
- Bien sûr, il y en a quatre autres : Medzyla, Eloky, Sodora et Erada. Elles sont beaucoup moins belles que celle-ci.

Le jeune homme ne les connaissait pas mais si Katana le disait, il était près à le croire sur parole.
- C’est magnifique ici ! , s’écria Nadja excitée.
- Tu as devant toi, le meilleur de ce qu’un être Humain peut faire.
- D’où vient la lumière ? , intervint Mora plus stoïque. Puisque nous sommes sous terre, il devrait faire noir.
- Nous sommes sous terre, effectivement, mais ce que vous voyez là-haut est le lac à côté duquel nous sommes passés tout à l’heure, le lac des Eaux Miroirs, c’est lui qui nous fourni tout l’éclairage nécéssaire en filtrant les rayons du Soleil.
- Il n’y a aucun danger qu’il nous tombe sur la tête ? , demanda Jordan avec inquiétude.
- Non aucuns risques, je t’assure, il repose sur un dôme de fluides magiques, répondit-il amusé. Bon, assez parlé, je vais vous présenter à mes semblables. Venez !

Ils descendirent un sentier en pente douce et régulière, puis se retrouvèrent bientôt au milieu des tours aperçues peu de temps auparavant, elles qui leur avaient parut si petites lorsqu’ils les surplombaient, étaient devenues gigantesques. Une foule de Félings de toutes tailles et de tous poils les cernaient. Curieux, un brouhaha s’élevait dans la tête de nos héros, commençant à leur donner d’affreux maux de crâne. Katana tentait de répondre aux questions avec une grande patience. Mais le nombre d’interrogations des félins intrigués par les nouveaux venus, ne désemplissait pas. De plus, au bout d’un moment la troupe ne pouvait plus avancer, ni reculer. Le Féling dit alors avec douceur : - Mes amis, s’il vous plaît, laissez passer ! Il faut j’aille vois Sword. Calmez-vous, je répondrais à toutes vos questions lorsque je redescendrais, je vous promets, mais cessez ce bourdonnement, nos invités ne doivent plus s’entendre penser.

Les autres se turent et s’écartèrent.
- Merci Katana, fit Jordan.
- Mais il n’y a pas de quoi, je vous s’en prie, répondit-il poliment.
- Qui est Sword ? , demanda Karlep.
- Le plus ancien et le plus sage de tous les Félings.

Ils les suivirent et montèrent dans une des tours. Malgré le sol qui semblait glissant et la pente qui paraissant abrupte, leur montée fut aisée. Lorsqu’ils arrivèrent enfin à la terrasse, ils virent un Féling aux poils très long se tenait dans le fond. Il était manifestement très âgé, bien que son pelage fut d’un gris profond, l’apparition de taches blanchâtre trahissait son âge. C’était peut-être le plus sage, mais s’était sûrement le plus ancien. Nos compagnons s’approchèrent. Le félin était installé sur un coussin brodé d’or. Il se leva, bailla et s’étira avant de venir à leur rencontre.
- Soyez les bienvenus ! Mais avant toute chose, je pense qu’il est préférable que je vous parle sous ma force offensive, par commodité pour communiquer, bien sûr !
- Il veut surtout nous impressionner, oui ! , pensa Jordan.
- Maître Sword, il nous est interdit de prendre notre forme offensive dans la Cité.
- Je sais, c’est moi qui ai fait ces lois, je suis mieux placé que toi pour le savoir. Va donc voir ta famille, tu dois avoir très envie de passer du temps avec.
- Oui. Bien, mes amis, vous me trouverez au pied de la tour.
Katana partit.

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