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 Minotaure : les mythes de l'homme-taureau

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Baal
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Date d'inscription : 21/09/2005

MessageSujet: Minotaure : les mythes de l'homme-taureau   Jeu 11 Fév - 17:06

Le Minotaure et Thésée : Tragédie Grecque

Prélude a écrit:
Voici relatée la fabuleuse histoire du Minotaure et de sa Némésis, le héros Thésée. Comme pour toute histoire, l’interprétation est libre aussi bien par les lecteurs que par les auteurs. Il existe ainsi de nombreuses versions du mythe et encore plus de différences sur les détails de l’action, servant à faire entrer les lecteurs dans l’univers de l’histoire.

J’espère ne pas vous perdre en cours de route mais vous averti de certains changements de ton dans la narration car je ne peux décemment pas écrire un texte si long sans foutre ma merde.
Sur ce, bonne lecture et soyez attentifs aux noms et pronoms (ce qui peut être le plus perturbateur dans le texte je suppose… avec les fautes).

Pour ceux qui le veulent : Version Pdf non-imagée

Les origines : l’inlassable boucle du destin :

L’Histoire se répète sans cesse. Nous la ferons ici débuter en Phénicie (notre Liban) dans la puissante ville de Tyr.

Le poète Moschos de Syracuse (IIe siècle av. J.-C.) prête un rêve prémonitoire étrange à Europe, nymphe et fille du roi Agénor de Tyr :

Le bien connu Moschos de Syracuse a écrit:
« Europé crut voir deux terres se disputer à son sujet, la terre d'Asie et la terre d'en face, leur aspect était celui de femmes. L'une avait les traits d'une étrangère ; l'autre ressemblait à une femme du pays ; elle s'attachait plus fort à la jeune fille, comme à sa fille, représentait qu'elle l'avait mise au jour et que seule elle avait pris soin d'elle ; mais l'autre, la saisissant de force de ses mains puissantes, l'entraînait sans qu'elle résistât, et déclarait que, de par la volonté de Zeus porteur d'égide, il était décidé qu'Europé lui appartenait. »

La jeune et jolie Europe a en effet fait tomber le roi des dieux grecs sous son charme. Nous connaissons tous le caractère libertin du prince de la foudre qui se devra alors de la faire succomber à son tour.

Se promenant dans les jardins royaux de son père après sa nuit agitée, Europe y voit alors un superbe taureau blanc tenant une fleur de crocus particulièrement odorante. S’approchant du bel animal paisible, elle le caresse puis pousse sa hardiesse jusqu’à monter sur le dos du doux taureau. Choisissant cet instant, Zeus, puisqu’il s’agit de lui cherchant à dissimuler ses aventures aux yeux d’Héra, sa reine, file soudain comme le vent en direction de la Crète traversant mers et terres avec l’imprudente sur son dos. Arrivé à bon port sur l’île et sous un magnifique platane, Zeus prend sa plus somptueuse forme humaine et conquiert le cœur d’Europe. Le puissant dieu sort son engin et la jeune humaine s’unissent alors et engendrent trois enfants. Une fois cette affaire rondement menée, Zeus part à la recherche de nouvelles ingénues et laisse Europe et ses enfants aux bons soins du roi de Crète qu’elle épousera par la suite.


Des années plus tard, le fils de sang divin et de maison royale, Minos, prend possession de son royaume après avoir écarté ses frères du pouvoir. Il n’est donc pas encore juge des enfers et va prendre pour épouse une femme qui lui sera digne : Pasiphaé, fille d’Hélios, enfant de Titans et personnification du Soleil, et de Persé (Perseis), océanide descendant d’Océan et de Téthys. Elle est également la sœur de Circé, la magicienne qui donna du fil à retordre à Ulysse au cours de son retour vers Ithaque.

Minos,Poséidon et Astérios :

Le roi de Crète est très imbu de sa personne, de son pouvoir et surtout de son ascendance et pète plus haut que son cul. Il est également certain que chacune de ses actions est la bonne, que c’est un homme juste et bon et en tant que tel il proclame à qui veut l’entendre qu’il est béni des dieux et dans les bonnes grâces de ceux-ci. Pour prouver ses dires il implore Poséidon de lui offrir un animal digne des dieux.

Poséidon fit alors sortir des eaux un magnifique taureau blanc qu’il offrit à Minos lui enjoignant de le sacrifier en son nom. Sacré farceur, désirait-il faire assassiner l’image de son père au nouveau roi, provocation ou facétie, leçon d’humilité ? Toujours est-il que le roi de Crète négligea sa promesse après avoir vu quelle belle bête s’était et laissa le bovin en vie en sacrifiant à sa place un animal de bien piètre prestance.

Furieux ou toujours malicieux, comme le sont les dieux, Poséidon inspira une violente et contre-nature passion à la malheureuse Pasiphaé envers le bel animal tandis que le taureau blanc serait lui-même touché de folie et ravagerait les terres de Minos.

Malgré ses bonnes intentions envers son mari et l’amour pour les enfants qu’elle eut avec lui, la reine crétoise ne pu résister à la tentation divine et s’adjugea l’aide du plus grand inventeur de son temps, Dédale l’architecte de la cour.
Celui-ci inventa l’équivalent d’un cheval de Troie : une vache en bois recouverte d’une peau pour parfaire l’illusion et servant de réceptacle à la reine qui, de cette façon, leurra l’animal fou. Cédant aux pulsions féminines envers les mâles montés comme des taureaux Pasiphaé se fit donc un plaisir de s’adonner à son amour interdit et s’unit au taureau.


Le taureau étant un animal fécond, d’autant plus qu’il était sponsorisé par un dieu, la femme de Minos mis au monde un enfant. Cet enfant, qu’elle baptisa Astérios, du nom du père adoptif de Minos et mari d’Europe, n’était malheureusement pas ce que l’on appelle « commun ». Il possédait en effet un corps humain de petit garçon et tout ce qui va avec mais son buste était affublé d’une moins conventionnelle tête de taureau…
Minos se doute maintenant de quelque chose, il a lui-même la bonne habitude d’aller voir ailleurs si les femmes sont fécondes, mais de par sa position médiatisée ne peut décemment laisser cette hideuse progéniture déambuler à quatre pattes dans le palais en poursuivant ses frères et ses sœurs (dont la bien connue bombe… heu fusée… Ariane).

N’étant pas mécontent de voir sa femme humiliée et pour lui rappeler son péché, ainsi qu’honteux de la propre trahison de sa parole envers un dieu, il choisit de laisser l’immonde en vie. Il fait alors appelle à Dédale qui, toujours prêt à relever de nouveaux défis et à faire avancer l’architecture, suggère la construction d’un palais dont l’agencement serait si tordu que nul ne pourrait en sortir. C’est ainsi que fut créé Labyrinthe, le premier des labyrinthes également connus sous le nom de dédales.


Une construction et quelques coups de pieds au cul plus tard Astérios, l’enfant à cornes, est propulsé dans sa nouvelle demeure où il deviendra un beau et puissant jeune… truc humanoïde.

Sa croissance n’est pas accélérée mais sa vie n’est en ce moment pas passionnante. Fort heureusement un de ses demi-frères est assassiné...

Les Athéniens :

Androgée est en effet un sportif émérite et à raflé un maximum de trophées aux Athéniens lors des dernières panathénées, deux athéniens jaloux lui font donc la peau. Minos sent la rage s’emparer de lui après la mort de son fils et part en guerre contre la puissante Athènes. Sa victoire est écrasante et ses conditions, en plus d’assujettir Athènes au royaume de Crète, sont terribles. Un tribut de guerre est réclamé et demande au peuple athénien de livrer sept jeunes hommes et sept jeunes femmes chaque année (ou tous les 9 ans suivant les auteurs) aux mains de Minos.

La cité s’exécute donc depuis de nombreuses années et donne ses enfants qui seront, selon les rumeurs, laissés dans un labyrinthe où leur seule issue sera de mourir de soif et de faim au cours de leur errance à moins de périr rapidement par l’attaque de la bête qui rode en ces lieux et se nourri de chair humaine.
Car en effet, pour rester sain Astérios doit manger de la bonne viande protéinée qui lui est fournie par son roi. Cela tombe bien, même s’il devient anthropophage son père biologique avait été rendu fou et peut-être déjà cannibale… qui sait ?


Une autre version de l’histoire est contée pendant l’enfance d’Astérios qui donne un autre sens à la mort d’Androgée et au tribut des athéniens. Après son accouplement, le taureau blanc de Poséidon continuait de ravager le coin. Un héros nommé Héraclès, fort comme un hercule ou comme un taureau (on comprend des choses sur les expressions n’est-il pas ? ^^), se retrousse les manches et prend le taureau par les cornes. Il l’embarque alors pour le cacher dans la verdoyante plaine d’Argos.

Son septième travail est rondement mené. Mais le féroce animal se faufile du côté de l’isthme de Marathon (ah, une autre histoire bien connue) pas si loin d’Athènes et des villes du canton et fait un carnage pas possible. Le taureau blanc est indomptable.

Minos aime se faire bien voir et en plus de cela il est un homme juste. Ce taureau c’est lui qui l’a en quelque sorte créé. Il envoi donc son fils accomplir quelques prouesses afin de devenir un héros, c’est bon pour la presse tout ça, et en même temps pour se débarrasser une fois pour toute de l’animal humanophile et –phobe en même temps (^^). Androgée s’harnache, part au combat… et meurt. Triste vie, triste fin, fou de douleur Minos perd la boule et revoie sa conception de la justice à la hâte. Il attaque Athènes, la seconde version est bouclée.

Reprenons, Athènes envoie ses enfants en Crète pour qu’ils soient dévorés par un monstre sanguinaire ayant refuge dans une partie labyrinthique non-loin du palais.
C’est ici qu’entre en scène le héros de l’histoire : Thésée.

Thésée, un héros non-accompli :

Egée est un des rares (le seul ?) roi grecs à avoir laissé une marque indélébile sur la géographie terrestre même si la noyade, dans la mer qui porte maintenant son nom, ne laisse pas vraiment de traces. Le roi Egée est donc le dirigeant d’Athènes, celui même qui courba l’échine devant son vainqueur crétois. Mais Egée est incapable de procréer et c’est la tragédie de sa vie. Egée est grec, Egée croit aux oracles, Egée se rend chez la pythie de Delphes. Après avoir entendue la prophétie le roi se rend chez Médée, une magicienne en fuite mais réputée, nièce de Circée, et donc de Pasiphaé, que l’on peut rencontrer dans l’histoire de Jason, ses argonautes et la toison dorée. Médée, après ses histoires malsaines liées à Jason s’est vue contrainte de fuir les corinthiens et voit ici l’opportunité de prolonger son existence dans le luxe. En échange de la protection d’Egée et du partage de son pouvoir royal (mariage inside) elle aidera le bonhomme à avoir un gosse. Avec son aide et ses filtres d’amour le roi athénien partagera la couche d’Ethra, une autre fille de roi. Mais Ethra est vagabonde, ce qui arrive souvent avec les grecs, qu’ils soient d’essence divine ou mortels, et va courir goûter aux plaisirs charnels avec le dieu des abysses nommé Poséidon. La princesse, doublement honorée en quelques heures donnera naissance à ce petit con de Thésée. Egée ne reste pas plus, il
est content d’avoir un fils mais préfère attendre que celui-ci devienne adulte pour l’accepter. Ethra est donc chargée d’éduquer son fils dans la tradition royale puis de lui révéler sa filiation quand il sera suffisamment mature.
Une fois chose faite, ce qui est rapide car Thésée en tant que peut-être fils de dieu est un p’tit gars très doué, le jeune homme se rend à Athènes en accomplissant en chemin quelques exploits mineurs à droite et à gauche (Procuste et ses potes, meurtres de demi-frères, tout ça).
Il décide alors de jauger un peu tout ce nouveau monde avant de révéler son identité. Pas de pot pour lui Médée, la reine d’Athènes depuis sa naissance, a déjà percé sa nature, et pire elle a donné un fils à Egée : Médos. La folie des grandeurs atteignant tous les grands de ce monde combiné à l’amour maternel, elle a de grandes ambitions pour
son fils. Une conclusion s’impose à elle, tuer ou faire disparaitre le jeune Thésée qui pourrait prétendre au trône ou du moins évincer Médos dans la course au pouvoir.

Le plan machiavélique est ourdi, Thésée va être envoyé pour mettre un terme aux ravages du taureau blanc qui traîne dans le coin et sera alors accepté dans la cité athénienne. Ceci étant bien entendu la suite de la version bis énoncée précédemment. Une fois sa besogne accomplie, Thésée est un héros ne l’oubliez pas, il rentre voir son père pour enfin se révéler.


Mais avant ceci, sa belle-mère le discrédite auprès du roi (vous suivez ?) et le couple cherche à l’empoisonner. Arrive Thésée qui pour l’occasion s’est vêtu des fripes laissées par Egée à Ethra. Le bon roi reconnaît le garçon, l’empêche de boire la vile mixture et comprend le stratagème de la machiavélique magicienne qui n’a d’autre choix que de fuir une énième fois.
C’est du tout cuit pour le nouveau prince qui dirige maintenant la cité en partenariat avec son père.

La version « non-bis » saute le passage du taureau blanc, ou l’adapte d’une autre manière en l’ajoutant aux jeux panathénaïques, Thésée se rend à la cour, observe un peu, est discrédité par Médée. S’ensuit la tentative d’empoisonnement et on reprend le fil par un bon raccord.

Pendant ce temps, le peuple athénien ne sait pas ce qu’il se trame à la cour mais continue d’envoyer les jeunes hommes et femmes à la Crète et voit Thésée qui fanfaronne sur le perron du palais. Furieux, ils font grève et menacent la royauté de ne plus payer d’impôts si le fils du roi ne prend pas part au prochain convoi de nourriture pour Minotaure affamé.


Thésée se résigne à se rendre en Crète pour calmer son peuple, ou plutôt celui de son père, car c’est un bon garçon.

La version édulcorée aux petits oignons suggère que Thésée meurtri dans son cœur pur par la détresse des parents des condamnés décide de lui-même de rejoindre les rangs du tribut humain et espère mettre fin aux soucis de sa cité.

L’affrontement :

Thésée et ses compagnons sont dans un bateau, personne ne tombe à l’eau, dommage le Minotaure les attend. Arrivés chez Minos, celui-ci se questionne sur l’assurance de Thésée et de ce peuple qui envoie son prince à la mort. « Tu as beau être fort et courageux, tu périras », ce à quoi lui fut répondu « Mon roi, je tuerais cette infamie et vous rendrez la liberté à mon peuple. Je suis Thésée et j’affronterai le destin qui est le mien ». Cet échange haut en couleur fit monter le rose aux joues d’Ariane qui n’arrivait pas à se trouver de petit ami. Ce prince étranger avait décidément fière allure et son côté bad-boy un peu crétin était un atout de grande taille pour Ariane. De plus, un petit défi lié aux ascendances divines des protagonistes Minos et Thésée fit totalement se pâmer la princesse.

Avant d’être envoyés à la mort dans le labyrinthe, les athéniens étaient bien traités et bénéficiaient de suites luxueuses pour cuver de leur banquet de fin de vie. La fille de Minos s’entretint avec Thésée de son amour pour lui. Le jeune homme y vit une occasion pour avoir un allié dans la place et profiter d’une jeune femme sans défense. Un marché est passé, Ariane trouve le moyen de sortir vivant du labyrinthe et Thésée l’embarque avec elle pour vivre une longue vie amoureuse à ses cotés.
La princesse crétoise cherche alors celui qui sait tout, Dédale, qui lui transmet alors une pelote de fil à l’intention du héros athénien. Il suffira de tuer le Minotaure puis de revenir sur ses pas.

Le grand jour est arrivé … Le cœur sombre 13 jeunes athéniens et leur prince les cheveux dans le vent entrent dans le labyrinthe de Crète, dévidant le fil d’Ariane ils s’enfoncent dans les profondeurs du dédale jonché des ossements de leurs prédécesseurs. Après de longs moments d’errance Thésée aperçoit enfin leur ennemi. Il est grand et bien bâti, d’ici on dirait un fier guerrier grec vêtu des frusques prises sur les dépouilles d’athéniens. Alors que ses camarades restent en retrait, le
téméraire héros s’approche de l’homme et contient son cri de terreur face à ce visage si inhabituel. Le monstre ne l’a pas entendu, sa lourde tête cornue est tout contre le sol et le souffle de ses naseaux fait voleter la poussière et le sable autour de sa tête de taureau, lui donnant un aspect fantasmagorique. Le Minotaure dort profondément serrant contre lui un morceau de chair ensanglantée. Astérios n’est plus, seul subsiste cette créature appelée Minotaure, et Thésée va mettre fin à ses jours. Il brandi sa massue de cuir ou une épée confiée par la fille de Minos et l’abat de toutes ses puissantes forces sur la bête endormie. Sans un bruit, le fils du taureau blanc et de la reine de Crète rend son dernier souffle. La créature mythique n’est plus.


Thésée et ses compagnons sont euphoriques, leurs cris résonnent dans les couloirs, ils suivent le fil, rembobinent la pelote et débouchent à la porte du labyrinthe où les attendent Ariane et sa sœur Phèdre. Les jeunes gens se dirigent alors gaiment vers le port, se débarrassant de quelques gardes encombrant au passage, sabordent quelques bateaux crétois et embarquent sur le leur afin de regagner leur patrie.

Le retour du héros :

La sortie de la rade ne se fait pas sans encombres, l’alerte a été donnée et un combat fait mine de s’engager. Le navire s’échappe et fait voile vers la Grèce. Lors d’une escale impromptue sur l’ile de Dia (Naxos) Thésée abandonne Ariane à son sort. Plusieurs hypothèses circulent à ce sujet mais seuls les compagnons du couple princier pourraient confirmer les théories. Selon certains Thésée serait déjà amoureux de Phèdre, la sœur d’Ariane, et aurait rompu sa promesse de fiançailles en se débarrassant lâchement de son sauveur. Peut-être n’est-il amoureux d’aucune des sœurs et avait seulement abusé Ariane pour l’utiliser avant de la mettre hors d’état de nuire. Selon d’autres, le couple a décidé de son plein gré de se séparer de peur de déclencher une nouvelle guerre entre leurs deux nations (m’est avis que cela n’aurait de toute manière pas manqué). Une autre explication fait intervenir les divinités du panthéon grec, leur affublant un rôle messager : Ariane est promise à un dieu et doit pour cela délaisser Thésée.

A l’approche du Pirée, Ariane n’est donc plus présente et Thésée s’apprête à être accueilli en héros. Ce qu’il a oublié, pris dans sa fierté ou dans ses remords ou encore sa tristesse d’avoir quitté celle qu’il aime, c’est la couleur de la voilure. En effet, au départ d’Athènes il était confiant en sa victoire et aurait tenté de rassurer son père. Celui-ci désirant être au courant au plus tôt du devenir de son fils l’aurait alors chargé d’utiliser un code couleur à l’approche de la cité. Le noir des voiles est le noir du deuil de la nation envers ses fils et filles, le noir que le bateau porte inlassablement à chaque voyage vers la Crète. Si Thésée a bien accompli sa tâche, alors il devra changer les voiles pour leur donner la teinte de la pureté, de l’innocence et de la joie : le blanc. Mais voilà que le bateau approche, ses voiles sont hissées et sont aussi sombre que le cœur du monde, et Egée qui scrute depuis des jours la mer le séparant de son fils voit ces voiles et ce sombre présage. Fou de chagrin et judicieusement placé au dessus d’un précipice bordé de rochers, et de vagues se déchaînant furieusement en envoyant des embruns dans toutes les directions, le faible roi crie son désespoir et se jette dans l’abîme où il pérît.


Epilogue :

Le roi est mort, vive le roi ! Thésée est reçu dignement, l’euphorie de la victoire et la tristesse de la perte de la figure dirigeante l’accompagnent jusqu’au palais dans lequel il est couronné nouveau roi d’Athènes. Il vivra d’autres aventures le conduisant auprès des amazones dont il épousera la reine, Antiope.
Après la mort de sa femme lors d’un combat, Thésée prendra pour nouvelle épouse Phèdre, fille de Minos et demi-sœur du Minotaure. Sa fin sera minable comme l’a été sa vie aventureuse. Le roi Lycomède de Scyros, ile égéenne sur laquelle s’est réfugié Thésée après avoir perdu sa femme, son fils et son domaine (rébellion athénienne), par crainte de voir un jadis si puissant souverain sur ses terres dupa le héros. L’emmenant sur une haute montagne sous prétexte d’admirer l’étendue de l’île et du royaume de Scyros, puis le précipitant lâchement sur les roches saillantes en contrebas. Ainsi périt misérablement le fils de Poséidon.

De son côté, Ariane aux cheveux d’or est rendue immortelle par Zeus afin qu’elle se trouve éternellement au côté de son époux : Dionysos à qui elle était promise.

Sur l’ile de Crète, Minos est hors de lui et découvre que Dédale a participé à la fuite des athéniens. Dédale l’astucieux est un homme comme les autres à cela près qu’il est athénien de famille royale, ingénieux artisan mais aussi meurtrier de son cousin et rival Perdix qu’il jalousait. Sa fuite le conduisit à la cour de Minos qui l’accueilli à bras ouvert, fier de compter le plus éminent des artisans dans son palais. Il sert fidèlement ses maîtres (simili vache, labyrinthe, bobine) mais son allégeance envers plusieurs maîtres le perdra.
Pour le punir, Minos fait enfermer l’inventeur et son fils dans son propre labyrinthe, ne lui laissant pas de fil et lui ôtant toute idée de s’enfuir.
Mais Dédale n’est pas un monstre terrifiant comme le Minotaure il est plein de ressources et a plus d'un tour dans son sac. Avec l’aide de Pasiphaé, qui lui est redevable, et conscient que sans plan il est prisonnier par la terre et la mer, il met au point un moyen de s’enfuir par les airs. Il s’attelle à la conception de deux paires d’ailes confectionnées à l’aide de plumes et de cire. Avant son envol il averti son fils de ne pas voler trop bas, les embruns de la mer pouvant alourdir les ailes, ni trop haut le Soleil et sa chaleur faisant fondre la cire et se désagréger les membres ailés. Le père et le fils s’envolent et en quelques battements d’ailes laissent derrière eux le labyrinthe et la Crète. Icare était encore jeune et fougueux, indiscipliné et curieux, il monta en tourbillonnant pour aller toujours plus haut malgré les avertissements de son père et chuta dans la mer après la perte de ses ailes. Il est parfois raconté qu’avant que le corps ne sombre complètement, Dédale récupéra son fils pour lui donner une sépulture, l’inhumation se faisant en présence d’une perdrix, amère rappel à l’assassinat de son cousin, poussé d’une falaise et transformé en perdrix avant sa mort.


Dédale continua sa fuite jusqu’en Sicile ou le roi Cocalos l’accueilli. De nouveau floué et dupé, Minos cherche à retrouver l’astucieux Dédale. Après de longues recherches infructueuses, il élabore un stratagème. Une grande récompense sera offerte à quiconque réussirait à faire passer un fil dans les entrelacs d’une coquille aux spirales particulièrement enchevêtrées. Le riche Cocalos toujours à la recherche de plus de richesses mit à contribution le génie de Dédale : un trou à une extrémité de la coquille, un fil attaché à une fourmi, insertion dans la coquille, un peu de gruyère à l’autre bout et le tour est joué la fourmi réapparait par l’orifice principal en ayant amené le fil avec elle. Cocalos souhaite sa récompense mais à la place il trouve un Minos jubilant à l’idée de retrouver son ancien ingénieur ponts-et-chaussées. Ni une ni deux Minos s’en va t-en guerre, mironton mironton mirontaiiiine et attaque la forteresse Sicilienne de Don Cocalos. C’était sans compter sur le temps accordé à Dédale depuis son arrivée sur l’île qui avait refait les plans des lieux en rendant la cité imprenable. Dédale survit, Minos décède au cours du siège à moins que ce ne soit dans une baignoire piégée (eau bouillante dans le bain du roi alors que celui-ci était invité chez Cocalos qui lui livrait –en théorie- l’architecte).
Pasiphaé est veuve mais son mari va maintenant assumer le rôle le plus important de sa vie. En effet, Minos qui était un roi réputé bon et juste (pour un roi de l’époque) se retrouve propulsé au rang de juge des enfers aux côtés d’autres justes que sont son frère Rhadamanthe et son demi-frère Eaque (un autre fils de Zeus le libertin). Sa nouvelle tâche se concentre principalement sur les présomptions d’innocences : les accusations à tort.


Minos dans la divine comédie par Gustave Doré

C’est ici que prend fin cette histoire liée aux autres légendes de la grande Histoire mythologique. Tout est bien qui finit bien !

Le mot de l’auteur ^^ :

Voilà. Je voulais essayer de développer des aspects initiatiques, philosophiques. Vous entretenir sur la persistance de la légende du Minotaure de nos jours et sa répercussion sur notre société. Les mythes associés à cette créature mais se trouvant dans d’autres mythologies que la grecque. Mais je n’ai pas les connaissances nécessaires ni le temps d’approfondir plus tout ceci. Si les échos à ce texte sont favorables, on peut peut-être y réfléchir tous ensemble ?
A vos stylos.

Rappel : La version imprimable pdF est là

Certaines des sources :
- http://www.insecula.com/contact/A004130.html
- http://mythologiesetlegendes.ifrance.com/dedale.htm
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Minotaure
- http://mythologica.fr/grec/minotaure.htm
- Contes et légendes mythologiques par Emile Genest aux éditions Pocket Junior
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Minotaure : les mythes de l'homme-taureau
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