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 Licorne

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La Bête
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MessageSujet: Licorne   Lun 13 Nov - 18:51

1.1 - La légende de la licorne

La licorne du bestiaire médiéval s'assoupit dans le giron d'une vierge traîtresse, avant d'avoir le flanc transpercé par la lance d'un chasseur. Plus tard, la même licorne trempe la pointe de sa corne dans les eaux infestées par les vermines et les serpents. Et l'on s'étonne que la blanche bête ait pu signifier à la fois le Christ et le Démon, la pureté et la luxure.





Whereat Crotthers of Alba Longa sang young Malachi's praise of that beast the unicorn how once in the millenium he cometh by his horn the other all this while pricked forward with their jibes wherewith they did malice him, witnessing all and several by saint Foutinus his engines that he was able to do any manner of thing that lay in man to do.
James Joyce, Ulysses.



Ces beaux sujets sont largement encadrés par une suite de figures peintes en camaïeu, entre lesquelles l'enfant distinguait un ange qui sonne du cor et qui, le pieu à la main, poursuit une licorne réfugiée dans le giron d'une vierge.

Maurice Barrès, Le jardin de Bérénice.



To trap the grave-eyed unicorn,
Our monks and scribes assure
A knight needs not a hunting horn
But a virgin for his lure

The quary with the doleful eyes
Has not been seen of late
I wonder if the shortage lies
In unicorns or bait.

Poème anonyme.





Les faux débuts

Comme les érudits de la Renaissance, les auteurs modernes qui ont été séduits par cette belle cavale blanche, à la longue corne torsadée comme un cordage de marine, ont généralement attaché une grande importanceà de rares textes antiques. Dans quelques lignes de Ctésias de Cnide, d'Aristote, de Pline l'Ancien, d'Élien de Préneste, ou dans de rares passages des Psaumes, de Job ou d'Isaïe, ils ont voulu trouver l'origine dela croyance en l'existence de «la licorne». Cette démarche découlait du truisme selon lequel tout mythe ou légende doit pouvoir se ramener à une source première qui en donnerait une version archétypale, voire la seule version authentique. Poursuivant leur quête, les savants ont alors décelé derrière ces textes anciens des animaux réels, onagres, antilopes ou rhinocéros. Le débat sur la licorne se ramènerait ainsi à un choix trivial entre une gazelle de profil et un rhinocéros dans la brume.

Notre démarche est différente puisque, si nous citerons souvent ces textes classiques, ce sera non pour les étudier en tant que tels, mais pour découvrir la manière dont ils furent exploités, cités et glosés par des auteurs plus tardifs. En choisissant de commencer cette étude en plein Moyen-Âge, et non aux temps de Pline ou d'Aristote, nous ne raccourcissons pas arbitrairement le champ d'étude. En effet, la licorne de l'imaginaire occidental, la blanche haquenée à la corne en spirale, est une création du Moyen-Âge finissant, même si elle emprunte beaucoup au Physiologus hellénistique, et un peu à l'Histoire naturelle de Pline. Sa longue absence de toute l'imagerie grecque et romaine, qui connaissait le Pégase et le rhinocéros, suffit à montrer que les quelques lignes que Ctésias, Aristote, Pline ou Élien avaient consacrées à des animaux unicornes n'avaient guère marqué leurs contemporains.

Croyant donc «redécouvrir» la licorne dans les textes classiques, les auteurs du Moyen-Âge et de la Renaissance l'ont en fait inventée. Au huitième livre de l'Histoire naturelle, Pline l'Ancien avait écrit que «la bête la plus sauvage de l'Inde est le monocéros; il a lecorps du cheval, la tête du cerf, les pieds de l'éléphant, la queue du sanglier; un mugissement grave, une seule corne noire haute de deux coudées qui se dresse aumilieu du front. On dit qu'on ne le prend pas vivant<1>.».Aussi succinct, Aristote avait précisé que «La plupart des animaux à corne ont les pieds fourchus, mais il yen a un, dit-on, qui est solipède<2>,celui qu'on appelle âne de l'Inde. La plupart de ces animaux...ont reçu de la nature deux cornes. Mais certains n'ont qu'une seule corne, par exemple l'oryx et l'âne appelé indien. Cependant l'oryx a le pied fourchu tandis que cet âne est solipède. Les animaux à corne unique la portent au milieu de la tête<3>.» Ces quelques lignes de grec ou de latin classique, disséminées dans une abondante littérature animalière, n'ont suscité l'intérêt, et provoqué des commentaires, qu'à partir d'Isidore deSéville (vers 560-636), d'Albert le Grand (1193-1280) et de son contemporain l'encyclopédiste Vincent de Beauvais, qui les ont exploitées pour préciser ou enrichir le bestiaire hérité du Physiologus alexandrin. Aussi les marques d'intérêt pour ces brefs passages restèrent-elles modestes et rares jusqu'au bas Moyen-Âge. Au treizième siècle, grâce aux bestiaires, la licorne envahit l'iconographie occidentale, mais ce ne fut qu'au seizième que des ouvrages entiers purent lui être consacrés.



Merveilles médiévales

<I>
Les animaux, miniature indiquant le début du bestiaire dans un manuscrit du Livre des propriétés des choses de Barthélémy l'Anglais, copié vers 1410. Aux animaux européens, l'enlumineur Évrard d'Espinques a ajouté quelques créatures exotiques, le lion, le dragon, la licorne...
La licorne qui nous intéresse, la blanche bête aux sabots fendus qui figure sur tant de tapisseries, n'était guère connue avant la Renaissance. Les lettrés du Moyen-Âge savaient qu'il existait, quelque part en Orient, un quadrupède unicorne, mais pour eux ce n'était que l'une des nombreuses créatures qu'ils n'avaient jamais eu l'occasion d'observer, au même titre que l'éléphant ou le lion. Cette licorne avait certes une valeur symbolique, mais dans un monde où tous les animaux, sans compter les plantes et les pierres, figuraient le Christ ou le démon, parfois le Christ et le démon. Pour autant, il nous était impossible de la décrire sans la raconter, de faire son histoire naturelle sans connaître un peu son histoire. Cela nous oblige à un détour initial par les bestiaires du Moyen-Âge, textes déjà très étudiés et sur lesquels nous n'avons pas la prétention d'apporter grand chose de nouveau<4>.

La licorne du Moyen-Âge doit moins à Pline ou Aristote, auxquels les lettrés de la Renaissance, avides de sources classiques, s'efforcèrent de la ramener, qu'au Physiologus, manuscrit hellénistique rédigé au IIème siècle de notre ère, que le Moyen-Âge a longtemps attribué à saint Ambroise<5>. À Alexandrie se fondaient les traditions grecques et orientales, que l'on retrouve mêlées dans ce traité attribué à un hypothétique «naturaliste», mais sans doute travail commun de nombreux savants. Le Physiologus, ensemble de brefs récits concernant des créatures de toutes sortes, forme la base commune de tous les bestiaires médiévaux. Où nous voyons aujourd'hui la Nature, les hommes d'alors voyaient la Création, immense réservoir de merveilles, sermons et métaphores placées là par le Créateur pour l'édification spirituelle et morale de l'humanité. On ne doit donc pas s'étonner de trouver après chaque récit une interprétation allégorique, morale et chrétienne, cela va de soi. Et le caractère merveilleux de nombre de descriptions, les pouvoirs extraordinaires attribués à tel ou tel animal, ne doivent pas non plus nous surprendre, le Moyen-Âge s'attendant justement à trouver dans la nature les merveilles semées ici et là par le Créateur pour manifester Sa Puissance et Sa Gloire. Mais si chaque merveille est une hiérophanie, et chaque article du bestiaire un apologue, l'ensemble n'en constitue pas moins une sorte d'encyclopédie de la nature.

Tous les bestiaires médiévaux, rédigés entre lesXIIème et XIVème siècles, s'inspirent du Physiologus. Certains, comme celui de Pierre de Beauvais, également appelé Pierre le Picard, sont même pour l'essentiel de simples traductions. Par la suite s'ajoutèrent au texte grec de nombreuses autres créatures, voire des pierres ou des plantes, dont les descriptions sont souvent empruntées aux Etymologiæ d'Isidore de Séville, qui devaient elles-mêmes beaucoup à l'Histoire Naturelle de Pline l'Ancien. Voici à titre d'exemple la liste des 38 articles du premier bestiaire en langue vulgaire, celui de Philippe de Thaon, au début du XIIème siècle: lion, licorne, panthère, dorcon (chèvre sauvage), hydre, crocodile, cerf, aptalon (antilope), fourmi, centaure, castor, hyène, belette, autruche, salamandre, sirène, éléphant, mandragore, vipère, sarce, hérisson, goupil, onagre, singe, baleine, perdrix, aigle, pluvier, phénix, pélican, colombe, tourterelle, huppe, ibis, foulque, nycticorax (chouette), aimant, autres pierres.

<II>
Miniature du Livre des propriétés des choses de Barthélémy l'Anglais. Consacré aux animaux, le dix-huitième livre de ce Propriétaire, qui fait de nombreux emprunts à Isidore de Séville, est l'un des plus riches bestiaires de la fin du Moyen-Âge. Le texte en fut écrit vers 1240, mais le manuscrit d'où est tirée cette miniature ne fut peint qu'au début du XVème siècle. Le peintre a réuni ici des animaux exotiques - lion, éléphant et licorne - et d'autres - moutons, cygnes, aigle, cheval - mieux connus.
Le Liber Subtilitatum de Divinis Creaturis, attribué à sainte Hildegarde de Bingen, est le plus riche des bestiaires, qui décrit 36 poissons, 72oiseaux, 45 bêtes sauvages et 8 reptiles, sans compter les pierres et plantes. C'est aussi le plus éloigné de la tradition hellénistique puisqu'il délaisse les allégories au profit de l'intérêt pratique, médical, des créatures décrites. Le Bestiairerimé de Guillaume le Clerc de Normandie développe avec une ampleur et une poésie jusque-là inconnues les métaphores chrétiennes. Plus littéraire, le Bestiaire d'amour de Richard de Fournival est le seul dans lequel l'allégorie chrétienne s'efface devant la rhétorique de l'amour courtois.

<III>
La panthère, par sa bonne odeur, séduit les autres animaux, parmi lesquels on reconnaît la licorne. Miniature de l'Acerba de Cecco d'Ascoli, vaste encyclopédie italienne du début du XIVème siècle.
Écrits le plus souvent en langue vulgaire, ce ne sont pas vraiment des ouvrages savants ou religieux, mais ils s'adressaient à un public cultivé. Leurs références orientales sont bien éloignées des traditions populaires orales, sur lesquelles nous en savons peu. Les contes de nos campagnes, dont sont issus les garous et autres farfadets, totalement absents de l'univers habituel des bestiaires, semblent avoir ignoré la licorne. Tout au plus existe-t-il peut-être quelques liens, bien ténus, entre l'unicorne des traditions lettrées et la blanche biche de bien des contes et chansons populaires<6>.



La vierge et la licorne

Plus que le monocéros de Pline, ou l'oryx et l'âne indien d'Aristote, le véritable ancêtre de la licorne est donc plutôt l'unicorne des bestiaires qui, pour les lettrés du Moyen-Âge, avait autant de réalité que ses compagnons le lion, le castor ou le dragon.

Voici ce qu'en disait, dans les premières années du XIIIème siècle, le Bestiaire de Pierre de Beauvais, le plus proche du Physiologus original: «Il existe une bête appelée en grec monocéros c'est-à-dire en latin unicornis. Physiologue dit que la nature de la licorne est telle qu'elle est de petite taille et qu'elle ressemble à un chevreau. Elle possède une corne au milieu de la tête, et elle est si féroce qu'aucun homme ne peut s'emparer d'elle, si ce n'est de la manière que je vais vous dire: les chasseursconduisent une jeune fille vierge à l'endroit où demeure la licorne et ils la laissent assise sur un siège, seule dans le bois. Aussitôt que la licorne voit la jeunefille, elle vient s'endormir sur ses genoux. C'est de cette manière que les chasseurs peuvent s'emparer d'elle et la conduire dans les palais des rois<7>.»

Pour l'homme médiéval, les merveilles de la Création étaient des signes laissés par Dieu pour l'édification des hommes. L'allégorie qui en était tirée légitimait donc l'histoire de la capture de la licorne. Nous pourrions presque écrire que l'interprétation chrétienne prouvait la réalité du récit, mais cette réalité, même pas discutée, n'était pas véritablement en jeu. On croyait donc que la licorne ne pouvait être capturée qu'avec l'aide d'une pure jeune fille, comme on croyait que les lionceaux, morts à la naissance, ressuscitaient après que le lion les eût léchés pendant trois jours, et que le Phénix renaissait dans les flammes.

Voici l'interprétation que faisait le bestiaire picard du récit de la capture de la licorne: «De la même manière Notre SeigneurJ ésus-Christ, licorne céleste, descendit dans le sein de la Vierge, et à cause de cette chair qu'il avait revêtue pour nous. Il fut pris par les juifs et conduit devant Pilate, présenté à Hérode et puis crucifié sur la Sainte Croix, lui qui auparavant se trouvait auprès de son Père, invisible à nos yeux. Voila pourquoi il dit lui-même dans les Psaumes: “Ma corne sera élevée comme celle de l'unicorne”. On a dit ici que la licorne possède une seule corne au milieu du front: c'est là le symbole de ce que le Sauveur a dit: “Mon Père et moi, nous sommes un: Dieu est le chef du Christ.” Le fait que la bête est cruelle signifie que ni les Puissances,ni les Dominations, ni l'Enfer ne peuvent comprendre la puissance deDieu. Si l'on a dit ici que la licorne est petite, il faut comprendre que Jésus Christ s'humilia pour nous par l'incarnation; à ce propos, il a dit lui même: “Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur”, et David dit que celuiqui accomplira les bonnes œuvres, il sera conduit au palais royal, c'est à dire au Paradis.<8>»


Pour en savoir plus, voici un site super: http://faidutti.free.fr/licornes/these/1Legende/legende.html#f7
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